Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire. Année A

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Pour en finir avec la peur!

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 14,22-33.
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C’est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant qu’il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

COMMENTAIRE

Les trois lectures principales de ce dimanche nous présentent trois personnages, le prophète Élie, l’apôtre Paul et le disciple Pierre, alors qu’ils sont aux prises avec le doute, la peur et la tristesse. Voici qu’ils sont amenés par le Seigneur chacun leur tour, dans un contexte différent, à surmonter ces états intérieurs difficiles, et cela à travers une purification de leur foi.  Les trois hommes vivent en fait des situations analogues. Si la liturgie évoquent pour nous quelque chose de leurs aventures spirituelles, c’est certainement pour que nous puissions apprendre d’eux à mieux gérer notre appel à suivre le Christ dans la foi.

D’abord le prophète Élie. Rappelons-nous qu’il est alors poursuivi par la reine Jézabel, l’épouse du roi Achab, après qu’il eut combattu avec violence les prêtres de Baal sur le Mont Carmel. Élie le champion de l’Alliance, l’homme de Dieu, intransigeant et intraitable avec l’idolâtrie, s’en va au désert, apeuré, épuisé, découragé… Le voici à la montagne de l’Horeb, où il apprend enfin qui est Dieu, que Dieu n’est pas associé à l’orage, ni au tremblement de terre, ni au feu. Il n’est pas celui qui écrase et qui fait peur, mais il est tendre et proche. Il est comme « le murmure d’une brise légère. » Dieu fidèle, qui s’offre à rejoindre au cœur l’homme démuni, pauvre et fragile qu’est devenu le prophète Élie, autrefois trop sûr de lui.

Puis il y a Saint Paul, le juif converti au Christ, qui s’attriste de voir ses frères en Israël ne pas suivre la même voie que lui, eux qui sont devenus plutôt les persécuteurs de la Bonne Nouvelle. Paul se pose de douloureuse questions : qu’est ce qui va arriver avec eux, ces frères de race, qui sont eux aussi héritiers des promesses ? Que va faire Dieu de leur résistance ?  C’est l’occasion pour l’Apôtre de lâcher prise et de faire confiance à Dieu et à son Christ qui sauront bien tirer parti du passé merveilleux d’Israël, et donner suite à tous ces privilèges accordés depuis si longtemps au peuple élu. Dieu saura bien faire grâce et lumière et montrer sa fidélité souveraine au temps voulu. « N’est-ce pas de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. »

Enfin il y a Pierre, le pauvre Pierre, qui cette nuit-là a failli se noyer en voulant faire le brave, comme s’il voulait rejoindre Dieu par ses propres moyens. Paralysé par la peur il apprend vite qu’il a besoin de son Seigneur pour tenir et même pouvoir aller le rejoindre. Il apprend que le Seigneur lui aussi le cherche et l’attend. Qu’il l’appelle. Que jamais le ressuscité ne va se dérober aux siens ni perdre contact avec eux, même s’il paraît s’absenter pour un temps.

Élie, Paul et Pierre… la liste pourrait s’allonger avec chacun, chacune de nous, qui voulons bien croire, qui pensons bien croire et bien pratiquer notre foi, mais qui parfois sommes dans l’illusion, allant jusqu’à nous penser capables de nous sauver tout seul, par nous-mêmes.  Or c’est Dieu qui sauve et qui nous sauve dans le Christ. Les épreuves par lesquelles nous passons sont, si nous le voulons bien, des lieux et des creusets pour apprendre, pour nous laisser modeler dans la vraie foi, celle qui nous fait lâcher prise et nous abandonner au Dieu de l’Alliance, Dieu d’amour et de fidélité. Tant mieux si nous apprenons vite et tout de suite qui il est, pour ne plus jamais sombrer dans la peur, la tristesse, le doute et le désenchantement.

Que cette eucharistie soit pour notre paix et pour notre confiance renouvelée au Dieu et Père de notre Seigneur Jésus, le Christ, Dieu d’amour et de fidélité.

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