Méditation chrétienne,

Responsable de la chronique : Nicolas Burle, o.p.
Méditation chrétienne

L’homme est un être qui cherche

Imprimer Par Jean-Paul II

 

Biographie : Karol Józef Wojtyła (1920-2005) élu pape le 16 octobre 1978 prit le nom de Jean-Paul II. Cardinal de Cracovie, primat de Pologne, de 1967 à 1978, il joua un rôle majeur dans l’organisation et la défense de la résistance polonaise face à l’occupation soviétique jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989. Il visita durant son pontificat près de 130 pays différents et fut surnommé « le pèlerin de Dieu ». Il fut entre autres l’initiateur des Journées Mondiales de la Jeunesse qui ont rassemblée à ce jour plus de 20 millions de participants. Béatifié le 1er mai 2011 par le pape Benoît XVI, il sera canonisé à Rome par le Pape François le 27 avril 2014

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L’homme est un être qui cherche. Toute son histoire le confirme. 

La vie de chacun de nous en témoigne aussi. Nombreux sont les domaines où l’homme cherche et recherche encore, puis trouve, et parfois, après avoir trouvé, recommence encore à chercher. Parmi tous les domaines où l’homme se révèle comme un être qui cherche, il en est un, plus profond, qui pénètre plus intimement dans l’humanité même de l’être humain et qui correspond le mieux au sens de toute la vie humaine. L’homme est l’être qui cherche Dieu.

Diverses sont les voies de cette recherche. Multiples sont les itinéraires que suivent les âmes sur ces voies. Celles-ci semblent parfois très simples, très proches, parfois difficiles, compliquées, lointaines. Parfois l’homme arrive facilement à pouvoir dire « eurêka », j’ai trouvé. Parfois il se heurte à des difficultés, comme s’il ne pouvait se comprendre lui-même, comprendre le monde et surtout le mal qui est dans le monde. On sait que même dans le contexte de la Nativité, ce mal a montre son visage menaçant. Nombreux sont les hommes qui ont décrit leur recherche de Dieu sur les chemins de leur vie. Plus nombreux encore sont ceux qui n’en disent rien, considérant comme leur mystère le plus profond et le plus intime ce qu’ils ont vécu sur ces chemins, ce qu’ils ont expérimenté, comment ils ont cherché, comment ils ont perdu le fil de leur recherche et comment ils l’ont retrouvé.
L’homme est l’être qui cherche Dieu. Et même après l’avoir trouvé, il continue à le chercher. Et s’il le cherche avec sincérité, il l’a déjà trouvé. Dans un célèbre texte de Pascal, Jésus dit a l’homme : « Console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé. »

Je souhaite à chacun et à chacune de vous de découvrir ce regard du Christ, et d’en faire l’expérience jusqu’au bout. Je ne sais à quel moment de votre vie. Je pense que cela se produira au moment le plus nécessaire : peut-être au temps de la souffrance, peut-être à l’occasion du témoignage d’une conscience pure comme dans le cas de ce jeune homme de l’Evangile, ou peut-être justement dans une situation opposée, quand s’impose le sens de la faute, le remords de la conscience : le Christ regarda Pierre à l’heure de sa chute, après qu’il eut renié son Maître par trois fois. Il est nécessaire à l’homme, ce regard aimant: il lui est nécessaire de se savoir aimé, aimé éternellement et choisi de toute éternité. En même temps, cet amour éternel manifesté par l’élection divine accompagne l’homme au long de sa vie comme le regard d’amour du Christ. Et peut-être surtout au temps de l’épreuve, de l’humiliation, de la persévérance, de l’échec, alors que notre humanité est comme abolie aux yeux des hommes, outragée et opprimée : savoir alors que le Père nous a toujours aimés en son Fils, que le Christ aime chacun en tout temps, cela devient un solide point d’appui pour toute notre existence humaine. Quand tout nous conduit à douter de nous-mêmes et du sens de notre vie, ce regard du Christ, c’est-à-dire la prise de conscience de l’amour qui est en lui et qui s’est montre plus puissant que tout mal et que toute destruction, cette prise de conscience nous permet de survivre.

Ce que Dieu nous commande, et qui semble humainement impossible, il nous donne les moyens de l’accomplir. C’est le secret de toute vocation. Toute vocation change nos projets, en ouvre un autre devant nous, et il est étonnant de voir a quel point Dieu nous aide intérieurement, comme il nous accorde a une nouvelle longueur d’onde, comme il nous prépare a entrer dans ce nouveau projet et a le faire nôtre en y voyant tout simplement la volonté du Père, et en l’acceptant. Cela, quels que soient notre faiblesse et notre attachement à nos vues personnelles. »

Lorsque le corps est profondément atteint par la maladie, réduit à l’incapacité, lorsque la personne humaine se trouve presque dans l’impossibilité de vivre et d’agir, la maturité intérieure et la grandeur spirituelle deviennent d’autant plus évidentes, et elles constituent une leçon émouvante pour les personnes qui jouissent d’une santé normale. Cette maturité intérieure et cette grandeur spirituelle dans la souffrance sont certainement le fruit d’une conversion remarquable et d’une coopération particulière à la grâce du Rédempteur crucifié. […]

On peut cependant affirmer d’emblée que chaque personne entre presque toujours dans la souffrance avec une protestation tout à fait humaine et en se posant la question : « pourquoi ? ». Chacun se demande quel est le sens de la souffrance et cherche une réponse à cette question au plan humain. II adresse certainement maintes fois cette interrogation à Dieu et il l’adresse aussi au Christ. En outre, la personne qui souffre ne peut pas ne point remarquer que celui auquel elle demande une explication souffre lui-même et qu’il veut lui répondre de la Croix, du plus profond de sa propre souffrance. Pourtant, il faut parfois du temps, et même beaucoup de temps, pour que cette réponse commence à être perçue intérieurement. Le Christ, en effet, ne répond ni directement ni de manière abstraite à cette interrogation humaine sur le sens de la souffrance. L’homme entend sa réponse salvifique au fur et à mesure qu’il devient participant des souffrances du Christ. La réponse qui vient ainsi dans cette participation, tout au long de la rencontre intérieure avec le Maître, est à son tour quelque chose de plus que la simple réponse abstraite à la question sur le sens de la souffrance. Elle est, en effet, par-dessus tout, un appel. Elle est une vocation. Le Christ n’explique pas abstraitement les raisons de la souffrance, mais avant tout il dit : « Suis-moi ! Viens ! Prends part avec ta souffrance à cette œuvre de salut du monde qui s’accomplit par ma propre souffrance ! »

 

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