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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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La foi comme la lumière

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Le carême est rendu à sa quatrième semaine. Et la liturgie de cette semaine commence avec Jésus en compagnie d’un aveugle de naissance. Que se passe-t-il entre ces deux hommes? Jésus se penche devant l’aveugle. Il crache par terre. Il fait de la boue et il applique la boue sur les yeux de l’aveugle.

On se croirait aux premières pages de la Bible quand on présente la création de l’être humain. Au commencement, quand Dieu créa le ciel et la terre, «il modela l’être humain avec la poussière tirée du sol et il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’être humain devint un être vivant.»

Sur l’homme prisonnier de la nuit, Jésus refait les gestes du créateur. Il recrée cet homme en lui donnant la lumière. Et tout au long du récit, nous voyons l’aveugle se déplier, s’ouvrir à Jésus comme une fleur qui s’épanouit.

Au début, le silence total. Il ne fait qu’obéir à Jésus qui l’envoie à la piscine de Siloé. Puis, l’aveugle guéri reconnaît sa guérison devant son entourage et il l’attribue à «l’homme qu’on appelle Jésus». Quand il se retrouve devant les pharisiens, il reconnaît d’abord en Jésus le prophète. Puis, un peu plus tard, il affirme qu’il vient de Dieu puisqu’il accomplit une action qui appartient à Dieu. Finalement, l’aveugle guéri se retrouve de nouveau devant Jésus. Il l’appelle: Seigneur. Et il s’incline devant lui en disant: «Je crois, Seigneur.»

La foi est née. Elle est née progressivement. Progressivement, l’aveugle guéri a découvert Jésus. Il l’a découvert en parlant de lui, en se posant des questions sur lui, en exprimant comment il perçoit Jésus. Sa foi s’est déployée dans un témoignage. Comme la lumière. La lumière ne brille pas toute seule. Elle se projette. Elle brille pour éclairer aux alentours. La foi est ainsi: elle n’existe qu’annoncée. Elle n’existe qu’en forme de témoignage.

Durant la nuit de Pâques, des croyants seront confirmés. On appliquera sur eux le Saint-Chrême comme Jésus a marqué l’aveugle avec le mélange de la terre et de sa salive. L’Onction annoncera que les nouveaux baptisés sont en train de devenir des créatures nouvelles. Ils seront marqués pour toujours du Christ. Progressivement, ils pourront dire comme saint Paul: «Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi».

 

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