Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Troisième dimanche du temps ordinaire. Année A.

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Une mission sans limite

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée, toi le carrefour des païens :
le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient
dans le pays de l’ombre et de la mort,
une lumière s’est levée.
À partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

COMMENTAIRE

S. Matthieu nous présente ici les débuts de l’action évangélique de Jésus. Son coup d’envoi. Depuis le moment où Jean-Baptiste quitte la scène, Jésus s’avance. Plein d’Esprit Saint, de confiance et de force, il prend la route pour l’aventure de l’Évangile. Il se positionne au cœur du monde. « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». Jésus paraît et, reprenant à son compte les mots de Jean le Baptiste, il proclame : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ».

Le voici marchant sur le bord du lac. Jésus s’intéresse à quatre pêcheurs. D’un mot il les arrache à leur barque, à leur père, à leur métier. Sans dire un mot, ceux-ci le suivent. Savent-ils bien ce qu’ils font et ce qui les attend? Ne sont-ils pas imprudents ou naïfs pour aller comme cela derrière lui ? Sait-il bien lui-même où il va ?

Qu’est-il advenu de leur mission? À voir comment vont les choses aujourd’hui on peut se demander à quoi cette embauche a servi. Bien sûr, il y a eu tout ce que nous savons : le témoignage extrême de Jésus et l’événement de Pâques. La grande poussée missionnaire des disciples, et tout au long des siècles leur service de la foi. Jusque partout sur la terre. Jusqu’en ces temps où nous sommes. Mais qu’en est-il maintenant? Où en sommes-nous?

Hier, je donnais quelque part l’homélie de ce dimanche, parlant avec enthousiasme et conviction de cette entrée en scène de Jésus racontée par S. Matthieu. J’expliquais la signification de ce beau texte pour nous, rappelant pour conclure la responsabilité missionnaire qui nous est confiée à chacun et chacune aujourd’hui. Mais voilà qu’un bon monsieur m’interpelle à la fin en me demandant tristement : Qu’ossa donne? Ne sommes-nous pas en présence d’un échec total? N’est-ce pas aujourd’hui la fin de cette aventure de la foi chrétienne? N’y a-t-il pas autour de nous une baisse importante de la pratique religieuse?N’est-il pas de plus en plus difficile d’intéresser les gens à la foi, de recruter des gens pour les Églises? Que dire de la suspicion et du mépris ambiants pour tout ce qui est religieux, pour les prêtres, pour la messe? Nous-mêmes nous n’osons plus dire notre foi.

Ce  monsieur aurait-il raison? Ne nous faisons-nous pas illusion quand nous pensons que tout va bien, que tout va se replacer? Comment allons-nous faire tourner les choses autrement pour la foi et pour l’Évangile? Où puiser les chances d’un avenir? Que pouvons-nous attendre de neuf dans ce chantier?  Ne sommes-nous pas condamnés à un constat réaliste de décroissance, à une vision pessimiste et négative de la vie de foi aujourd’hui et demain?

Moi je dis qu’il nous faut, plus que jamais, revenir à la source?  Qu’il nous faut revoir et nous redire comment l’Église est née? Bien voir d’où elle vient et nous rappeler son pourquoi? Il nous faut comprendre la brûlante actualité du passage d’évangile que nous avons lu. Que oui, Jésus se tient au carrefour des païens. Qu’il nous presse encore et toujours de nous convertir. Que de nouveau il nous interpelle chacun, chacune dans nos familles, chacun, chacune dans notre barque. Qu’il nous presse de marcher derrière lui. Pour une mission d’Évangile qui jamais ne se termine, qui en est toujours à ses débuts, qui est toujours à recommencer. « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. »

Frères et sœurs, entrons dans l’espérance du Christ. Sa lumière brille en nous et sur le monde. Jamais elle ne pourra s’éteindre. Elle a traversé la mort. C’est la lumière de Pâques. Elle est à jamais victorieuse!

Une réflexion au sujet de « Troisième dimanche du temps ordinaire. Année A. »

  1. Lucille Deschênes fdls

    Grand merci pour le réalisme de ce texte et pour la grande bouffée d’espérance qui en ressort !
    Je crois que Christ Jésus marche avec nous, qu’Il nous aime, nous cherche et nous sauve.
    Merci Père Marcotte !

    Répondre

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