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Responsable de la chronique : Marius Dion, o.p.
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Nelson Mandela, un grand témoin !

Imprimer Par Marius Dion, o.p.

L’ex-président sud-africain et figure de la lutte contre l’apartheid Nelson Mandela s’est éteint jeudi 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans. Ce fervent défenseur des droits de l’Homme a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 1993 avant de devenir le premier président noir d’Afrique du Sud l’année suivante. (Pour en savoir plus)

Le pape François rend hommage au choix de Nelson Mandela « de la non-violence, de la réconciliation et de la vérité ». Et il souhaite que son héritage soit mis en œuvre par les nouvelles générations de Sud-Africains à la recherche de la « justice » et du « bien commun ».

A la nouvelle de la mort de Nelson Mandela, le pape François a adressé un télégramme de condoléances au président de la République d’Afrique du Sud, Jacob Zuma. « C’est avec tristesse que j’ai appris la mort de l’ancien président Nelson Mandela, et je vous adresse mes condoléances en priant pour toute la famille Mandela, les membres du gouvernement et tout le peuple d’Afrique du Sud. Je recommande l’âme du défunt à l’infinie miséricorde du Dieu Tout-Puissant : je demande au Seigneur de consoler et de fortifier tous ceux qui pleurent sa perte », écrit le pape.

Le pape rend hommage à « l’engagement résolu manifesté par Nelson Mandela pour la promotion de la dignité humaine de tous les citoyens de la Nation et pour forger une nouvelle Afrique du Sud construite sur les fondations solides de la non-violence, de la réconciliation et de la vérité ». « Je prie, ajoute le pape, pour que l’exemple du président disparu inspire aux générations de Sud-Africains de mettre la justice et le bien commun au premier plan de leurs aspirations politiques. Avec ces sentiments, j’invoque sur tout le peuple d’Afrique du Sud les dons divins de la paix et de la prospérité ».

La discrète foi chrétienne de Nelson Mandela

Issu de l’Église méthodiste, Nelson Mandela, décédé le 5 décembre au soir, évitait de faire état de sa foi chrétienne en public. A bien l’écouter, cependant, cette dimension a été centrale dans sa vie, relève le quotidien français «La Croix». Sur son site internet, le journal revient sur cet aspect «oublié» de la personnalité du défunt Prix Nobel de la paix.

Les citations de Nelson Mandela reprises par «La Croix» démontrent bien que l’homme, tout en gardant une certaine méfiance et distance envers la religion, était attaché à la foi et aux principes chrétiens. Le texte permet également de constater que ses croyances ont évolué, en prenant en compte d’autres formes de pensée, vers une dimension plus universelle.

Rares, parmi ceux qui chantent les louanges de Nelson Mandela en France, sont ceux qui évoquent son christianisme. Une dimension souvent gommée au profit de son «humanisme». Il est vrai que Nelson Mandela a toujours été discret, en public, sur ses liens avec le christianisme. En 1995, dans le quotidien français «l’Express», il répond à un journaliste qui l’interroge sur le rôle de sa foi chrétienne dans sa lutte contre l’apartheid que «la relation entre un homme et son Dieu est un sujet extrêmement privé, qui ne regarde pas les médias».

Dans son autobiographie, écrite en 2010, il n’évoque la dimension religieuse qu’à deux reprises :

« Je n’ai jamais abandonné mes croyances chrétiennes ». Pour autant, au fil de sa vie, de ses écrits et de ses confidences, Nelson Mandela a, à plusieurs reprises, exprimé sa dette envers son Église: «Je ne saurais trop insister sur le rôle que l’Église méthodiste a joué dans ma vie», déclarait-il en 1995. Et devant le parlement mondial des religions, en 1999, il affirme que «sans l’Église, sans les institutions religieuses, je ne serais pas là aujourd’hui».

En 1977, alors qu’il est emprisonné à Robben Island, il écrit qu’il assiste à tous les services de l’Église et apprécie certains sermons. Dans sa correspondance avec Ahmed Kathrada, un autre militant anti-apartheid, il évoque la joie qu’il ressentait à recevoir l’Eucharistie. A Ahmed Kathrada, il affirme également: «Je n’ai jamais abandonné mes croyances chrétiennes».

Évolution vers une sagesse universelle. S’il a exprimé sa fidélité au christianisme, il semble que sa spiritualité se soit toutefois modifiée au cours de son existence. Peu à peu, le christianisme de Mandela prend la forme d’une sagesse universelle. «J’ai bien sûr été baptisé à l’Église wesleyenne (une Église séparée de l’Église méthodiste depuis 1875) et j’ai fréquenté ses écoles missionnaires. Dehors comme ici, je lui reste fidèle, mais mes conceptions ont eu tendance à s’élargir et à être bienveillantes envers l’unité religieuse», constate-il en 1977.

La même année, il fait cet aveu: «J’ai mes propres croyances quant à l’existence ou non d’un Être suprême et il est possible que l’on puisse expliquer facilement pourquoi l’homme, depuis des temps immémoriaux, croit en l’existence d’un dieu.» Puis de dire, en 1994: «Je ne suis pas particulièrement religieux ou spirituel. Disons que je m’intéresse à toutes les tentatives qui sont faites pour découvrir le sens de la vie. La religion relève de cet exercice.»

Le respect des convictions de l’autre. Tout au long de son existence, Mandela s’est méfié du caractère dévastateur qu’il voyait en puissance dans la religion. «La religion, et notamment la croyance en l’existence d’un Être suprême, a toujours été un sujet de controverse qui déchire les nations, et même les familles. Il vaut toujours mieux considérer la relation entre un individu et son Dieu comme une affaire strictement personnelle, une question de foi et non de logique. Nul n’a le droit de prescrire aux autres ce qu’ils doivent croire ou non», écrit-il en 1988. C’est sans doute la raison pour laquelle Nelson Mandela évitait d’aborder en public, en particulier face aux médias, son rapport au christianisme. À cela s’ajoute son souci de ne pas heurter la sensibilité et les convictions de celui à qui il s’adressait.

Le rôle social des religions. Cette réserve ne l’a pas empêché de souligner le rôle important des religions dans la société. Il déclara en 1997, alors qu’il présidait à la destinée de l’Afrique du Sud: «Nous avons besoin que les institutions religieuses continuent d’être la conscience de la société, le gardien de la morale et des intérêts des faibles et des opprimés. Nous avons besoin que les organisations religieuses participent à la société civile mobilisée pour la justice et la protection des droits de la personne.

 

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