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Aventure spirituelle,

Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
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Méliton de Sardes (IIe siècle)

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Plusieurs anciens calendriers d’Occident comme d’Orient font mémoire de Méliton, évêque de Sardes, le 1er avril.

Les indications qui concernent sa vie sont extrêmement sommaires. Polycrate d’Éphèse définit Méliton comme «un eunuque qui vivait totalement dans l’Esprit saint », pour souligner le célibat qu’il avait choisi, chose rarissime au IIe siècle.

D’après Eusèbe, Méliton fut évêque de Sardes et visita la Terre sainte pour rassembler des informations précises concernant le canon des Écritures hébraïques.

Défenseur de la nécessité de continuer à célébrer la Pâque chrétienne le 14 de nisan, Méliton tient sa renommée surtout de ses homélies Sur la Pâque: elles influencèrent grandement les liturgies postérieures. Méliton y utilisait largement l’exégèse typologique et refaisait ainsi le parcours de l’histoire du salut, reconnaissant dans le mystère pascal du Christ, agneau immolé pour le salut des croyants, le sommet et le centre de l’aventure humaine et cosmique. Dans une alternance de tonalités poétiques et prophétiques d’une part, et d’une surprenante profondeur théologique d’autre part, Méliton conseille avec force et ardeur à tous les hommes de recourir au Christ, car c’est dans sa Pâque que s’est produite la pâque des croyants, leur passage de la mort à la vie.

Ses homélies – inévitablement marquées par la polémique, très vive Au 11e siècle, entre l’Église et la Synagogue – ont inspiré divers kontakia (petites hymnes) byzantines ainsi que les Impropères du Vendredi saint et l’Exultet pascal de l’Église latine.

Méditation 68,71 de Méliton de Sardes sur la Pâque

C’est lui qui nous arracha de l’esclavage pour la liberté, des ténèbres pour la lumière, de la mort pour la vie, de la tyrannie pour une royauté éternelle. Lui qui fit de nous un sacerdoce nouveau et un peuple élu, éternel.

C’est lui l’agneau sans voix, c’est lui l’agneau égorgé, c’est lui né de Marie la bonne agnelle, c’est lui pris du troupeau et à l’immolation traîné et le soir tué et de nuit enseveli, qui sur le bois ne fut pas broyé, en terre ne fut pas corrompu, ressuscita des morts et ressuscita l’homme du fond du tombeau.

Témoins de Dieu, Martyrologe universel, Bayard pp. 220-221

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