Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

19e Dimanche du temps ordinaire. Année B.

Imprimer Par François-Dominique Charles

Mange le pain de la vie et marche humblement avec Dieu

Comme Jésus avait dit : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel », les Juifs récriminaient contre lui :
« Cet homme-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire : ‘Je suis descendu du ciel’ ? »
Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous.
Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi.
Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ;
mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

COMMENTAIRE

Le soleil est très chaud au désert du Sinaï. Sous la chaleur de ce soleil, même l’ombre d’un genêt ne permet pas de trouver de la fraîcheur. On n’a guère envie de marcher sous cette chaleur ; il est de loin préférable de rester là où on se trouve, à attendre que la chaleur passe, sans rien faire, à demi sommeillant. C’est l’attitude passive de beaucoup de vacanciers qui restent allongés au plein soleil de midi.

C’est cette attitude que choisit le grand prophète Élie, alors qu’il traverse une grande période de déprime et de doute : « maintenant, Seigneur, ç’en est trop ! Reprends ma vie. » Cette attitude n’est pas celle de la vie ! Élie veut mourir. Dans la Bible, la marche est le signe de la vie et de la foi ; croire, c’est marcher avec Dieu comme l’écrit le prophète Michée (Mi 6,8) : « Le Seigneur te demande simplement d’être juste, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu. »

Le grand prophète Élie ne peut donc pas rester à l’arrêt et se laisser mourir ! Dieu, par un ange, vient le réveiller pour le remettre en route : « Lève-toi et mange, sinon le chemin serait trop long pour toi ». Par deux fois, Dieu vient nourrir son ami Élie afin qu’il puisse reprendre la marche. Il le nourrit avec du pain cuit sur le feu et il l’abreuve avec de l’eau. Et, dit le texte, « fortifié par cette nourriture, Élie marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu ». Et, c’est là qu’il rencontra Dieu, quand il entendit le murmure d’une brise légère, cette brise fraîche du soir qui fait tant de bien quand il a fait si chaud.

Faire route avec Dieu ne nous épargne pas les épreuves, les fatigues et les échecs. Les Hébreux ont rencontré beaucoup d’épreuves au désert. Les apôtres de Jésus ont été confrontés à sa Passion et à la croix. Comme le chemin d’Élie, comme celui de Jésus, le chemin du croyant n’est pas un chemin facile et sans difficultés. L’histoire d’Élie nous apprend que c’est souvent dans les moments d’épreuve que le croyant découvre que Dieu est tout proche et le soutient. C’est au moment où Élie est épuisé et déprimé qu’il ressent la force de Dieu à travers la nourriture que l’ange vient lui apporter. C’est une belle parabole qui nous fait comprendre que Dieu n’abandonne jamais les siens dans leurs épreuves. Il vient près d’eux et les réconforte. N’est-ce pas aussi au moment de l’agonie qu’un ange vient réconforter Jésus (Lc 22,43) ? À la fin du psaume 90, Dieu fait cette promesse à celui qui est éprouvé et qui crie vers lui : « Je suis avec lui dans son épreuve… et je ferai qu’il voie mon salut ! »

Après avoir mangé et bu, Élie se remet donc en marche pendant quarante jours et quarante nuits pour atteindre la montagne de la rencontre de Dieu. Notre route dans la foi nous fait traverser des épreuves et rencontrer des difficultés et des obstacles. Mais c’est une route que nous faisons avec Dieu et qui conduit vers Sa rencontre. Notre vie est une marche qui a un but. Pour Élie, c’est la montagne de la rencontre de Dieu. Pour chacun de nous, c’est le face à face au terme de notre vie. Dieu nous accompagne sur une route qui conduit vers lui. En effet, avant sa longue route à travers le désert, Dieu a nourri et abreuvé Élie pour qu’il puisse tenir sans faiblir et arriver au rendez-vous sur la montagne. Il en va de même pour nous : l’Eucharistie est le sacrement qui nous fortifie pour que nous puissions marcher jusqu’au bout du chemin. C’est le pain de la route dans la foi. Celui qui mange du pain que Jésus donne, de ce « pain de vie » qu’il est lui-même, vivra éternellement. Dans l’Eucharistie, Dieu nous donne « le pain de la vie », le pain pour tenir sur le chemin parfois difficile qui mène à sa rencontre. Même si nous sommes très éprouvés, très malades, très souffrants, très blessés, avançons au jour le jour, humblement avec Dieu, dans la foi. La communion au pain vivant nous donnera la force nécessaire pour tenir au milieu de nos épreuves. Ce que le Seigneur te demande, n’est-ce pas simplement de marcher humblement avec ton Dieu ?

Frère François-Dominique CHARLES, o.p.

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