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Méditation pour un soir de novembre

Imprimer Par Jacques Marcotte

Dans quelques heures nous serons en novembre. Ce soir, dans les rues calmes et noires qui entourent notre couvent de Québec, passent des enfants tout habillés de noir, accompagnés d’adultes qui sont eux aussi drapés de noir. Ils vont de maison en maison, par petites troupes, perdus dans le nuit, tous en quête d’un bonsoir, de surprises et d’émotions, et aussi de quelques bonbons.

Demain c’est jour de la Toussaint, puis après demain le jour des morts. Une entrée bien significative pour un mois où tout est consommé. La nature s’est déjà secouée de tout ce qui faisait son charme, sa beauté et sa vie pour ne tenir qu’à l’essentiel. Les squelettes des arbres émergent étonnés d’un sol dénudé où courent encore les feuilles poursuivies par le vent. Où va la vie ? Où vont nos amours ? Où vont les enfants ?

On nous annonçait tapageusement ce matin la nouvelle de la naissance du 7 milliardième humain sur la terre. On l’aurait aperçu aux Philippines, en Russie et pourquoi pas chez nous ? Des questions se posent pour ce nouveau-né comme elles se posaient pour chacun de nous : où va ma vie d’homme ou de femme ? Vers qui ira mon amour ? Que ferai-je de mon enfance et de toutes mes années ?

Et je songe à tous ceux et celles qui ne sont plus. Tombés au bout de leur âge, dévastés par quelque maladie ou accident… Je songe à ceux et celles qui sont tombés depuis une année, victimes des tremblements de terre, des tsunamis et autres sinistres, victimes des révolutions en Côte d’Ivoire, en Libye, en Égypte, en Syrie et ailleurs. Je considère que les 7 milliards d’humains sont tous en appel de vie, d’une place au soleil, de respect, d’amour et d’intelligence. Combien d’humains peuvent espérer atteindre au vrai bonheur ? Combien n’auront pas de quoi manger ou boire suffisamment aujourd’hui ? Combien n’auront pas les moyens de s’instruire, de vivre une vie décente ?

Elle est inimaginable la détresse de millions de gens en des pays de désert, de guerre et de ruine, de pauvreté endémique. Comment vivre sa vie en ces pays ? Que pourrait y faire de plus notre amour ? Que pourraient espérer y devenir les enfants ?

Et quand je vois notre pays suivre les USA et refuser l’Unesco pour la Palestine. Quand je nous vois garder silence et professer le déni sur les « complicités » de nos armées avec les tortionnaires des prisons afghanes… Quand je nous vois tous enfermés dans nos bulles et nos tours d’ivoire, refusant d’ouvrir les yeux, passant rapidement à autre chose, à nos jeux, à tous nos gadgets et à nos mille distractions. Vite ! Que passent l’automne et l’hiver, et que vienne le printemps du monde nouveau pour le salut de toute chair ! Que l’Esprit du Ressuscité réveille nos corps, nos cœurs et nos esprits endormis ! Alors pourront se lever des milliards et des milliards d’humains, sanctifiés pour Dieu et tous emportés vers le Vivant, vers la Vie, vers l’Amour du Père, du Fils et de l’Esprit.

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