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Faut-il croire au printemps ?

Imprimer Par Jacques Marcotte

Depuis quelques années nos espaces médiatiques étaient dominés par les mauvaises nouvelles : catastrophes naturelles inouïes, ouragans dévastateurs, tremblements de terre, inondations désastreuses, guerres civiles, terrorisme aveugle et représailles à grande échelle en Afghanistan, en Iraq, crise économique mondiale, etc. Il nous tardait de retrouver les belles années de la chute du mur de Berlin, des émancipations et libérations dans les républiques de l’ancien monde socialiste soviétique. Belles années aussi de nos découvertes technologiques. Belles années de croissance et de prospérité économiques.

Voilà que nous arrive depuis quelques semaines des nouvelles encourageantes à bien des égards. Elles vont dans le sens de nos rêves de liberté et de démocratie. Voici que le réveil de la Tunisie, de l’Égypte, du monde arabe en général, est peut-être en train de sonner.

Qui l’eut dit ? Qui l’eut cru ? On nous avait habitués à l’unanimité, à une solidarité à toute épreuve dans ces pays familiers de la dictature, de l’inégalité sociale, des sociétés étagées. Déjà au printemps dernier des velléités avortées en Iran annonçaient pourtant ce qui se passe maintenant de façon plus réussie ailleurs.

Ce qui se passe là-bas en terme de revendication est important et prometteur. C’est le craquement des régimes totalitaires. Espérons que le réveil des gens et leur légitime révolution iront jusqu’au bout. J’ai confiance. Je suis optimiste. Je crois en l’homme et la femme. Ils vont y arriver. Ils ne sont pas seuls. L’Esprit de Pentecôte est à l’œuvre, il me plaît de le croire.

Ceci dit, il n’est pas certain que le processus qui paraît fortement engagé, pourra réussir. Il faut compter avec l’armée, avec la police, avec aussi les puissances étrangères qui ont des intérêts dans les pays concernés. Les tunisiens, les égyptiens et les autres ont besoin de nos encouragements et de notre respect. Nous avons des responsabilités en regard de leurs situations politiques et sociales explosives. D’abord nous devons refuser absolument de faire le jeu des dictateurs et des gouvernements autoritaires, militaires. Ne faisons plus de stratégie politique en misant sur des régimes corrompus ou abuseurs ou inhumains. Donnons-leur l’exemple de nos bonnes mœurs politiques, économiques et sociales. Nous avons parfois chez nous des façons de faire qui ont des répercussions négatives dans les pays en manque de liberté et de démocratie. Soyons prudents et cohérents. Faisons tout – sauf nous ingérer à l’interne des ces pays – pour favoriser chez eux l’émergence de mouvements libérateurs, pour avoir avec eux des rapports de confiance et de discernement. Gageons sur la vie, sur l’homme et la femme de bonne volonté, misons sur leurs ressources d’amour, de paix et de don, comme sur les nôtres.

Jacques Marcotte, OP
Québec

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