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Comment je suis devenu prêtre, évêque et pape?

Imprimer Par Jean XXIII

Le Pape JEAN XXIII (1881-1963), Angelo Giuseppe Roncalli, est l’une des grandes figures de l’Église du XXe siècle ; son nom et sa vie restent liés au Concile Vatican II. Voici ses méditations et ses résolutions de retraite, avant de devenir prêtre en 1904, évêque en 1925, et pape en 1958…

RETRAITE DE PRÉPARATION AU SACERDOCE
Couvent des Pères Passionnistes de Saint-Jean-et-Paul au Coelius, 1-10 août 1904

Pape Jean XVIII

Que ferai-je plus tard ? Serai-je un bon théologien, un juriste éminent, un curé de campagne, ou un simple pauvre prêtre ? Que m’importe tout cela ? Je dois n’être rien de tout cela, et en même temps plus que tout cela, dans le plan de Dieu. Mon Dieu est tout pour moi. Tout le reste, mes rêves de réussir, de faire belle figure aux yeux du monde, le bon Jésus n’oubliera pas de le faire partir en fumée. Je dois bien me mettre dans la tête que, puisque Dieu m’aime, il ne peut y avoir pour moi aucun projet dans lequel entre l’ambition : il est donc inutile d’y rêver. Si je veux être vraiment un bon prêtre, je dois me dépouiller de tout, comme Jésus sur la croix, et juger de tout ce qui m’arrive et des décisions de mes supérieurs à mon égard, avec un esprit de foi. De grâce, ne tolérons pas la critique en ce domaine. « Oh ! bienheureuse simplicité, bienheureuse simplicité ! ».

L’étude ! Que d’idées préconçues n’ai-je point sur ce sujet ! J’ai fini par juger comme fait le monde, je me suis laissé gagner aux idées courantes. L’étude est toujours une grande chose : le second élément d’une vie sacerdotale efficace, et même une seconde planche de salut, à notre époque. Dieu me garde de faire bon marché de l’étude. Gardons-nous pourtant de donner à l’étude une valeur exagérée et absolue. L’étude est un œil, l’œil gauche ; si l’œil droit manque, à quoi sert cet œil unique, l’étude seule ? Que suis-je, après tout, avec mon doctorat ? Rien qu’un pauvre ignorant. Que pourrais-je apporter à l’Église, si je n’avais que cela ? Il faut donc aussi, un équilibre et une harmonie dans la pensée et dans l’action. Oui, je dois étudier toujours, sans jamais me donner de repos, « mais que tout se fasse avec ordre et mesure. Il faut de la sobriété en tout » (cf. Romains 12, 3). Je dois être savant, mais comme saint François de Sales. Après tout, que sont les gens qui se disent savants, et que savent-ils ? Bien peu de choses ! Je ne parle pas, bien sûr, de ceux qui sont savants au sens strict. Qu’elle est donc sage, la parole de notre Saint-Père Pie X aux jeunes séminaristes : « Mes enfants, étudiez, étudiez beaucoup ; mais je vous en prie, soyez bons, très bons ». J’étudierai, donc avec encore plus d’ardeur, mais sans vouloir changer le nom des choses : plus que pour les examens, je tâcherai toujours d’étudier pour la vie, de telle sorte que l’étude devienne pour moi une seconde nature ».

PRÉPARATION A MA CONSÉCRATION ÉPISCOPALE
Rome, Villa Carpegna, 13-17 mars 1925

1-Ce n’est pas moi qui ai cherché ou désiré ce nouveau ministère, mais le Seigneur m’a élu avec des signes si évidents de sa volonté que j’eusse tenu pour une faute grave de m’y opposer. C’est donc à lui de couvrir mes misères et de combler mes insuffisances. Cela me réconforte et me donne tranquillité et assurance.
2-Je vais être évêque : le temps des préparations est donc passé ; mon état est un état de perfection déjà « acquise » non « à acquérir ». Saint Thomas dit que « l’état épiscopal est un état de perfection en qualité du magistère de la perfection » (Summa theol. Iia-IIae, 185, 8).

Quelle épouvante pour moi, qui me sens et qui suis si misérable et imparfait en tant de choses ! Quelle raison de me garder toujours humble, humble, humble !
3-Le monde n’a plus de charmes pour moi. Je veux être tout entier et uniquement à Dieu, pénétré de sa lumière, rayonnant de charité pour l’Église et les âmes.
4-Je relirai souvent le chapitre IX du livre III de l’Imitation de Jésus-Christ : « Que toutes choses doivent être rapportées à Dieu comme à leur fin dernière. » Ce chapitre m’a fait une impression profonde dans la solitude de ces journées. Là, en peu de mots, il y a vraiment tout.

5-Avec mon nouvel état, ma vie de prière doit prendre un nouvel aspect. Je dois prier « avec respect, attention et dévotion » en pensant qu’il y a pour moi un devoir d’édifier les autres.

6-Le dessein et le programme général de ma vie d’évêque, ce sera tout ce que je promettrai lors de la cérémonie du sacre, selon les graves et émouvantes paroles du Pontifical…

RETRAITE AU VATICAN
29 novembre – 5 décembre 1959

Depuis que le Seigneur m’a voulu, si misérable que je sois, à ce grand service, je ne me sens plus appartenir à quelque chose de particulier dans la vie : famille, patrie terrestre, nation, orientations particulières en matière d’études, de projets, si bons soient-ils. Maintenant plus que jamais je ne me reconnais qu’indigne et humble « serviteur de Dieu et serviteur des serviteurs de Dieu ». Le monde entier est ma famille. Ce sentiment que j’appartiens à tout le monde doit tonifier et vivifier mon esprit, mon cœur, mes actions. Cette vision, ce sentiment d’universalité, vivifieront avant tout ma prière de chaque jour, constante et ininterrompue : bréviaire, sainte messe, rosaire complet, visites fidèles à Jésus dans le tabernacle, formes rituelles et multiples d’union avec Jésus, ami et confident.

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