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Glanures d’automne

Imprimer Par Jacques Marcotte

Il fut un temps où la Toussaint (1er novembre) était fête chômée. Nous avons perdu cette tradition. Mais nous continuons de célébrer la joie des élus. Et nous rendons grâce pour ceux et celles qui, dans leur vie, nous révèlent la sainteté de Dieu. Tous ensemble les saints et les saintes n’arrivent pas à dire la totalité de Dieu, mais ils nous en disent un peu l’immensité. C’est un grand mystère, une merveille inouïe, que Dieu puisse agir chez tant d’êtres humains, pour les combler, les soulever avec autant d’énergie spirituelle, de liberté, d’élans de générosité. Toute cette démonstration d’amour et de grâce devrait nous soulever aussi d’espérance.

Cette grande fête est tout de suite suivie par le jour des morts (2 novembre). La mort, étant une réalité qui nous guette tous. Nous portons tous le souvenir douloureux de tel être cher disparu. Sentiments mélangés, où la gratitude se marie avec le regret, le deuil se prolonge en oubli. « C’est une sainte et salutaire pensée que de prier pour les morts » (Livre des Maccabées). Nous ne pouvons que prier pour nos morts, car Dieu seul peut les sauver. Osons nous en remettre pour eux au Dieu d’amour et de paix, le Dieu des vivants et des morts, le Père de Jésus, premier né d’entre les morts.

Avec le mois de novembre nos liturgies dominicales et quotidiennes se colorent d’allusions à la fin du monde, la fin d’un monde. Elles nous appellent à projeter nos vies dans le monde nouveau du Royaume. Elles assument toutes nos attentes. Elles ouvrent nos vies sur l’au-delà, comme l’automne et l’hiver s’ouvrent peu à peu sur le printemps prochain.

Nous sommes installés dans la durée présente. Non pas en mode survie ou en sursis. Mais pour la ferveur d’un amour, la joie d’une espérance, l’activité de notre foi. Nous n’avons pas une minute à perdre. Nos affaissements de surface, nos pertes d’autonomie ne sont qu’invitation à nous retirer volontiers à l’intérieur de nous-mêmes pour vivre plus en dedans, y accueillir Dieu, le laisser nous pacifier, nous dire Je t’aime.

Nous ne sommes pas seuls. Les autres sont là. Nous les côtoyons parfois sans même les voir, tellement nous avons l’idée ailleurs. Tellement nous sommes résignés à demeurer seuls. Or ils sont là pour nous. Nous sommes là pour eux. Pourquoi ne pas nous intéresser à eux davantage? Donner du temps à mon frère, à ma sœur, ce n’est pas produire du temps perdu. Au lieu de nous faire peur les uns aux autres, il faudrait nous apprivoiser. Si nous avons besoin, il ne faut pas nous gêner pour le dire. Faisons confiance. Ayons l’humilité d’une quête, l’audace d’une demande. Les autres ne peuvent tout deviner. Dire notre pauvreté et notre besoin, c’est déjà accepter que les autres s’intéressent à nous et se décident à nous aider. C’est seulement à plusieurs qu’on arrivera à veiller et tenir ensemble, heureux, dans un monde de plus en plus fraternel, annonciateur du monde nouveau.

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