Cinéma d'aujourd'hui,

Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
Cinéma d'aujourd'hui

Se rapprocher les uns des autres : INVICTUS et HAUT DANS LES AIRS

Imprimer Par Gilles Leblanc

En ce début de l’an 2010, deux films retiennent l’attention pour leur côté humain et altruiste. INVICTUS met l’accent sur la réconciliation nationale entre Blancs et Noirs en Afrique du Sud et HAUT DANS LES AIRS porte sur le besoin fondamental d’aimer et d’être aimé, même en période de crise économique. Voilà deux productions qui, espérons-le, se mériteront une mention ou l’autre à la soirée des Oscars du 7 mars prochain.

INVICTUS

Dans un film magnifique, le très prolifique Clint Eastwood présente le génie politique de Nelson Mandela qui, lors de la compétition de la Coupe du monde de rugby 1995, fit de l’équipe sud-africaine un instrument de fierté et de réconciliation nationale.

Invictus

Après 27 ans de détention à l’époque du régime de l’apartheid, le «jeune» président de 76 ans (Morgan Freeman, magistral) a trouvé des ressources pour faire l’unité au sein d’une nation profondément déchirée. Tout un exploit d’obtenir que l’équipe des Springboks, formée, à une exception près, de joueurs blancs, passe d’un symbole de la haine et de la division à celui de l’unification. Et par surcroît de demander à la population noire de se rallier derrière l’équipe inspirée par son capitaine François Pienaar (crédible Matt Damon).

Dans une séquence de dix-huit minutes à la fin de la production, le cinéaste de MILLION DOLLAR BABY Million reconstitue avec talent la grande finale qui opposa les Springboks à l’équipe supposée invincible de la Nouvelle-Zélande. Il faut ici apprécier l’usage fort réussi de montages accélérés pour illustrer la complicité avec des enfants des townships et des prises de vue au ralenti pour la foule en liesse et en pleurs.

Pressenti par Mandela lui-même pour interpréter son personnage, Freeman offre une performance solide et Damon, pour sa part, est convaincant en athlète afrikaner. Les scènes – notamment l’échange autour d’une tasse de thé dans le bureau présidentiel – qui les mettent en présence l’un de l’autre constituent des moments forts de ce drame sportif.

Reprenant le titre d’un poème de William E. Henley, cher à Mandela, le film INVICTUS est une histoire de souffrance, de délivrance et de fraternité.

HAUT DANS LES AIRS

Le natif montréalais Jason Reitman, à qui l’on doit le succès-surprise JUNO, prouve hors de tout doute, avec ce troisième long métrage en autant d’années, qu’il possède l’étoffe d’un cinéaste de premier plan. HAUT DANS LES AIRS est en effet une comédie sociale gracieuse et précise, qui comme son titre le suggère au sens figuré, capture l’air désenchanté du temps : crise économique, individualisme forcené, impacts de la mondialisation, tout y est sans exposition forcée, sans explication futile, emmaillé dans un scénario un brin sentimental par moment, mais toujours éloquent et piqué de dialogues naturels et pleins d’esprit.

haut-dans-les-airs-film-jason-reitman-george-clooney-014

En déplacement plus de deux cents jours par an et sans attaches personnelles, Ryan Bingham, consultant pour une firme spécialisée dans le licenciement du personnel, apprend avec dépit qu’on veut le clouer au sol. Pire : pour sa dernière tournée, son patron lui impose la compagnie de Natalie, la jeune louve chargée d’adapter la procédure à un système de communication webcam, afin qu’il l’initie aux enjeux du terrain. À la dure, la jeune femme froide et en difficultés sentimentales fait au fil des escales l’apprentissage de la compassion. Parallèlement, au contact d’une voyageuse de commerce qu’il a connue dans les aéroports, et au détour du mariage de sa sœur cadette, Bingham sent grandir en lui un désir inédit : celui d’une vie plus sédentaire.

Par le poids politique de sa filmographie (SYRIANA, MICHAEL CLAYTON), etc.), George Clooney, au sommet de son art, apporte un supplément d’âme au film, en plus d’aider le récit à couler de source, grâce à son sens de la répartie si particulier. Dans sa lumière, ses partenaires Anne Kendrick et Vera Farmiga brillent tout autant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cinéma d'aujourd'hui

Les autres chroniques du mois