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Oui, nous le pouvons !

Imprimer Par Jacques Marcotte

Encore une fois un éditorial ! De quoi vais-je parler ? Sur quel sujet vais-je écrire avec l’espoir d’être lu et de peut-être changer quelque chose quelque part dans le monde ? Peut-être quelqu’un me lira-t-il ? Quelqu’un voudra connaître une opinion sur le sujet que j’aurai choisi. Il sera pour ou contre mes propos. Au pire il fera vite du zapping, cherchant ailleurs des pensées qui l’intéressent davantage à ce moment précis de sa vie.

Ma situation est donc fragile et précaire. Quoi que j’écrive ou que je dise, c’est une chance que je prends d’être lu ou de n’être pas lu. Tant mieux si je dis bien ce que je veux dire ! Tant mieux si quelqu’un me lit ! – J’aurai alors peut-être contribué à produire un changement chez quelqu’un par le cheminement qu’il fera. Nouvelle perception sur un sujet. Nouveau regard sur telle réalité. Tant mieux s’il en sort une inspiration, un questionnement, le désir d’un dialogue !

Au seuil de l’année 2010, j’écrirai donc ce qui m’habite. Le sentiment que notre monde connaît des heures particulièrement difficiles. Le souhait que nous en finissions avec ce qui a prévalu dans les 10 premières années du nouveau millénaire. Que nous sortions de l’hystérie collective qui a cours depuis le 11 septembre 2001. Qu’on en finisse avec la guerre en Iraq, en Afghanistan et partout ailleurs. Qu’on cesse la guerre d’abord. Viendra ensuite seulement la fin du terrorisme. Car la guerre que nous menons là-bas nourrit le terrorisme et lui donne raison.

Nous étions tous heureux d’en finir avec les années Bush. Hélas il n’est plus si évident que le Seigneur Obama soit capable de produire la paix, tout prix Nobel qu’il soit. On l’a vu à Copenhague, en Afghanistan et même en Iraq. Comme il est difficile de changer les mentalités, les orientations d’un pays ! M. Obama serait-il en train de faire mentir son célèbre Yes, we can.

Devant les impasses et le sentiment d’impuissance où nous nous trouvons, il me revient souvent à l’esprit une phrase qu’un confrère Dominicain d’Ottawa reprenait souvent. L’homme était engagé auprès des clochards, des sans-logis, des alcooliques et des drogués à Gatineau depuis longtemps. Il avait tout laissé pour faire cet humble travail de rue, une œuvre de réhabilitation et de réinsertion sociale avec les plus démunis. Il m’impressionnait avec sa grand patience, son infinie patience, son infinie miséricorde. Jean-Louis Morin répétait à qui voulait l’entendre qu’il fallait penser globalement, mais agir localement. Il avait pris cette phrase quelque part, mais c’était devenu son leitmotiv personnel. Pour lui c’était l’engagement et l’action à proximité qui comptaient. Une action concrète qui se devait d’être éclairée, située dans un ensemble, dans une perspective de solution globale. Mais, selon lui, il ne fallait pas attendre que les autres bougent avant de bouger soi-même. Il fallait aller tout suite – en toute urgence – dans le sens de ce qui est en notre pouvoir.

Nous n’avons pas raison ni moyen d’attendre. Peut-être que d’autres embarqueront bientôt avec nous. Courons donc la chance de voir s’amplifier ce que nous aurons amorcé petitement, humblement. « N’oublie pas, dit la chanson de Jacques Michel, que ce sont les gouttes d’eau qui alimentent le creux des ruisseaux, si les ruisseaux savent trouver la mer, peut-être trouverons-nous la lumière. » Voilà ce qui est en notre pouvoir : changer le monde, lui apporter un peu plus de paix, de joie, de vrai bonheur par nos pauvres et humbles agissements à proximité, et qui vont dans le sens de l’amitié, du partage, du dialogue. Changer le monde ? Oui, nous le pouvons !

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