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Reconnaissance

Imprimer Par Denis Gagnon

Ce lundi 12 octobre, le Canada est en congé. D’un bout à l’autre du pays, de nombreux citoyens vont prolonger leur sommeil de quelques minutes ou peut-être de quelques heures. Certains vont prendre la clé des champs : les paysages canadiens sont lumineux à cette époque de l’année. D’autres vont en profiter pour mettre leurs «châssis d’hiver» ou faire de la compote aux pommes.

Mais qu’est-ce qui pousse le pays à s’offrir une pause en plein cœur de l’automne? Officiellement, c’est l’action de grâce. Une fête qui pourrait remonter à 1578, alors que l’explorateur anglais Martin Frobisher accoste à Terre-Neuve. Il rend grâce à Dieu pour l’heureuse traversée de l’océan. C’était, semble-t-il, la première action de grâce célébrée en Amérique du Nord. En Nouvelle-France, les premiers colons avec Samuel de Champlain expriment leur reconnaissance à Dieu par de nombreuses fêtes, comme en témoigne l’Ordre du Bon Temps. Ils associent les autochtones à leurs réjouissances.

Une tradition européenne s’installe alors dans la colonie, surtout dans les campagnes canadiennes. La liturgie propose une fête des moissons appelée «Rogations». On remercie le Créateur pour la fécondité des champs et des jardins. À cette époque de l’année, les cuisines et les marchés publics regorgent de légumes et de fruits tout aussi succulents les uns que les autres. On transforme ces riches trésors en bouillis de légumes, en salades, en tartes, en desserts de toute sorte. On fait des conserves en prévision de l’hiver qui est à nos portes avec son réveillon de Noël et son dîner du Jour de l’An. L’action de grâce est alors chantée en paroles, en gestes, en parfums, en saveurs, en réjouissances.

L’urbanisation et l’industrialisation ont changé les traditions. On fait de moins en moins de jardinage, presque plus de mise en conserves. On se contente d’acheter du tout-fait à l’épicerie. Les carottes ne sentent plus la terre d’automne. Les pommes ont l’air triste, entassées dans leur sac de plastique.

Malgré tout, le congé de l’action de grâce persiste. Il continue de parler de don et de reconnaissance même si la société chante plutôt la production et la consommation. Il loue le Créateur à l’origine des récoltes et des moissons même si, autour, on crie que l’être humain est maître absolu de la planète et même de l’espace interplanétaire.

Tiens le coup, chère action de grâce! Continue de chanter Dieu le Créateur. Continue de reconnaître que tout est don, tout est grâce. Garde nous heureux de recevoir. Et que la fête nous pousse au partage avec ceux qui ont des jardins moins généreux.

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