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Je te connais par cœur

Imprimer Par Caroline Pinet

Qui n’a pas eu une fable de la Fontaine à réciter par cœur. Ces mots appris sur les bancs d’école et qui nous suivent une vie durant : vous avez chanté tout l’été ? Et bien, dansez maintenant ! ressortent de notre mémoire dès que le premier mot est évoqué. S‘ensuit généralement un débat sur le pour ou contre le « par cœur » dans la pédagogie. Ses détracteurs prétendent qu’il empêche le raisonnement de la personne, fixant le savoir non compris dans le cerveau. Ses défenseurs prétendent que pour la vivacité de la mémoire, et donc le développement du cerveau, rien ne vaut cet effort du « par cœur ».

Si on sait des poésies par cœur, on prétend aussi connaître par cœur ses proches. En cela, on signifie que l’on peut deviner d’avance les agissements de l’autre, car on pense bien le connaître. C’est bien utile pour faire un cadeau que de savoir ce qui lui fera assurément plaisir ! Il s’agit alors de s’intéresser suffisamment à l’autre pour bien savoir ses goûts. Parfois, croire que l’on connait l’autre entraîne aussi une barrière autour de la personne. Nous prétendons tout savoir de lui, si bien que nous l’enfermons dans une image. Nous le réduisons ainsi à une version robotisée d’un être humain. Exaspérés, nous nous entendons dire à l’autre : « Je le sais, tu ne vas pas faire ce que je t’ai demandé, car tu oublies tout le temps ! »

Mais vouloir connaître « par cœur » notre époux est-il une mauvaise chose ? Non, dans la mesure où c’est par le cœur que nous désirons aller à sa découverte. Sachant qu’une personne ne peut jamais être entièrement sondée. Un peu comme un poème dont une partie du sens nous échappera toujours, même si nous pouvons réciter chaque vers sans hésitation. L’autre peut toujours nous surprendre, il n’agit pas forcément tel que nous le prévoyons. J’en tiens pour preuve toutes ces fois où je présente un choix à mes enfants, croyant deviner ce qu’ils sélectionneront. Très souvent, je suis surprise de les voir sauter sur l’autre objet. On ne peut sonder un cœur. Parfois, même le nôtre nous échappe ! Seul Dieu connait le nombre de nos cheveux sur la tête.

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