Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

5e Dimanche de Pâques. Année B.

Imprimer Par Daniel Cadrin

L’humilité des commencements

Après sa conversion, Paul vint à Jérusalem. Il cherchait à entrer dans le groupe des disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne pouvaient pas croire que lui aussi était un disciple du Christ.
Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres ; il leur raconta ce qui s’était passé : sur la route, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé ; à Damas, il avait prêché avec assurance au nom de Jésus.
Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec les Apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux. Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer. Les frères l’apprirent ; alors ils l’accompagnèrent jusqu’à Césarée, et le firent partir pour Tarse.
L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie. Dans la crainte du Seigneur, elle se construisait et elle avançait ; elle se multipliait avec l’assistance de l’Esprit Saint.

Commentaire

En ce temps pascal et en cette année paulinienne, la figure de Paul se présente à nous sous plusieurs traits. Dans ce passage des Actes, nous le voyons aux débuts de son itinéraire chrétien. Précédemment, il a rencontré le Christ vivant sur la route de Damas, il a été baptisé par Ananie et il a vécu un temps dans la communauté de Damas. C’est maintenant son premier contact avec les responsables de la communauté-mère de Jérusalem.

Il est intéressant de voir Paul, lui qui deviendra un grand missionnaire et pasteur, un personnage de l’Église, dans l’humilité de ses commencements. C’est un néophyte qui a des difficultés d’intégration. Il n’est pas bien accueilli par les croyants de Jérusalem, qui se rappellent son opposition farouche aux disciples de Jésus, quelques années auparavant. Il a besoin d’être parrainé par Barnabé, qui deviendra son mentor. Celui-ci reconnaît en Paul l’authenticité de son expérience du Christ. C’est peut-être plus facile pour lui, que pour les Douze, de comprendre Paul. Ils ont en commun de ne pas venir de Galilée ou Judée, à majorité juive, mais de la diaspora, de Chypre et de Tarse, où la culture grecque domine.

Plus tard, quand une nouvelle communauté chrétienne naîtra à Antioche, formée de non-juifs, Barnabé sera chargé de les instruire. Il ira chercher Paul pour l’assister, ayant discerné en lui des dons uniques et une capacité de faire passer l’Évangile d’une culture à une autre, Paul étant à l’aise et bien éduqué à la fois dans les univers juif et grec. Cette communauté les enverra tous deux en mission en d’autres villes. Paul sera alors son assistant dans cet apostolat.

Ce parcours de Paul est encourageant. Le grand saint Paul a d’abord passé des années comme disciple du Christ à mûrir sa foi, à recevoir l’Évangile et à apprendre à en témoigner. Ensuite, il commencera son ministère comme assistant-catéchète, puis assistant-missionnaire. C’est après toutes ces années d’expériences et de maturation qu’il deviendra celui que nous connaissons, l’apôtre des nations, le pasteur soucieux de la vie des Églises et le théologien profond. Et il restera avant tout, comme à ses débuts, le disciple du Christ.

Nous le voyons ici dans des activités qui lui seront familières. Il annonce le Christ et il discute avec des juifs hellénistes qui n’y croient pas. Il est pris dans des conflits, sa vie est menacée et il doit partir ailleurs. La route de Paul sera une aventure risquée et passionnée.

Dans le sommaire à la fin, Luc nous présente l’Église en croissance, comme il l’avait fait pour Jésus dans son Évangile. Il parle de l’Église pour nommer cet ensemble de diverses communautés. Paul avait fait ainsi auparavant. On trouve aussi dans ce récit d’autres termes significatifs pour Luc et pour Paul : les frères, les disciples, les apôtres. Chacun exprime une dimension de la vie chrétienne : la communauté fraternelle, la suite du Christ, l’envoi missionnaire.

Paul favorisera, pour parler de l’Église, l’image du Corps du Christ. Dans l’Évangile de Jean, il est question de la vigne, avec le cep et les sarments. Ces deux images disent la relation vitale de chaque croyant au Christ mais avec des accents différents. Dans la Lettre de Jean, nous trouvons un appel qui est aussi fort présent en Paul : nous aimer les uns les autres. C’est l’essentiel. Mais Paul en développera le sens de façon poussée par son usage fréquent de l’expression « les uns les autres », appliquée à tous les domaines des relations entre les disciples. Cet appel évangélique demeure premier dans toute sa force d’éveil, de transformation et d’approfondissement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois