Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

6e Dimanche de Pâques. Année B.

Imprimer Par Daniel Cadrin

L’ami qui envoie

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera.
Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

Commentaire

L’évangile selon Jean cherche à nous faire entrer dans le mystère de Jésus, de sa relation à son Père et de notre relation à lui et les uns aux autres. Deux aspects ressortent du passage de ce dimanche : l’amitié et la mission.

Jésus, lui qui est le Maître et le Seigneur, voit sa relation à ses disciples comme une amitié. Elle inclut un partage de connaissance, une proximité, une confiance et une fidélité. Nous avons des expériences d’amitié : nous en savons le bonheur et les conditions, les parcours et les attitudes. Cela peut nous aider ainsi à entrer plus vivement en relation avec Jésus le Vivant.

Cette amitié prend sa source dans une réalité profonde, le lien entre Jésus et le Père, lien d’amour bienveillant. Ce lien suscite la même relation entre Jésus et ses disciples et, finalement, entre les disciples eux-mêmes. C’est comme une spirale qui s’élargit mais qui a un centre. Et c’est cet amour en circulation qui donne solidité et joie à l’existence : la symbolique de la demeure revient plusieurs fois.

L’amour venant de Dieu a priorité : il est un don, une grâce à recevoir et communiquer et non d’abord le fruit d’un effort conquérant où nous serions le centre actif. L’amour est créateur car il est reçu, il nous constitue et nous permet de créer à notre tour.

Ce Jésus ami ne se contente pas d’être proche : il nous met en mouvement. Il choisit et établit, institue, ses disciples, ce qui comprend une dimension plus organisée et consistante comme communauté. Et il les envoie en mission: pour que vous partiez. Cette communauté est appelée à des déplacements.

Cette mission ne se réduit pas à des rôles à accomplir, à des choses à faire : il s’agit plutôt de porter du fruit, d’être féconds, générateurs de vie. Cela s’inscrit dans un appel, une vocation, et non seulement dans une fonction. Ces fruits parfois prennent du temps à venir, il n’est pas garanti que nous les voyions. Il s’agit de transmettre une vie à plus long terme : un fruit qui demeure.

Cette mission inclut une intercession, une prière au Père, au nom du Christ, car elle n’est pas que tâche et ne dépend pas seulement de nous. Elle inclut la demande au Père, dans la confiance.

Et cette mission n’est pas portée seul, puisqu’elle nous inscrit dans une communauté de disciples où l’amour mutuel est central. Il est déjà le fruit même de l’envoi.

Pour que ce fruit vienne, pour que la prière soit faite, et pour que nous partions, nous sommes invités à nous situer devant Jésus comme un ami, en vérité. Il nous donnera cette joie qui comble et qui permet de tenir, de demeurer.

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