Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

Pâques. Année B.

Imprimer Par Daniel Cadrin

Ouverture et bouleversement

Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au sépulcre au lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Au premier regard, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de peur.
Mais il leur dit : « N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : ‘Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.’ »
Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

COMMENTAIRE

Au lever du soleil, le premier jour de la semaine, le premier dimanche de tous, trois femmes sont bouleversées. Elles se rendaient rendre les derniers hommages à un mort. De grand matin, alors qu’elles allaient embaumer le corps d’un crucifié, avec des soucis d’ordre pratique, elles trouvent un tombeau vide. Elles réussissent à accomplir ce qui les inquiétait : elles entrent dans le tombeau. Mais leur projet, marqué par la piété et l’amitié, est interrompu. Au lieu du corps d’un crucifié, elles trouvent un messager de lumière. Elles sont confuses et déroutées.

Une nouveauté les attend, qui dépasse leurs prévisions. Un événement fait irruption dans leur histoire et la nôtre. Le crucifié, et il s’agit bien de Jésus de Nazareth, n’est pas là. Il est ressuscité. Message incompréhensible, bouleversant, qui suscite en elles une crainte sacrée, qui les met hors d’elles-mêmes et qu’elles n’osent encore transmettre.

Mais l’annonce dit encore plus. Ce Jésus, absent du tombeau, est présent quelque part, ailleurs qu’en cet endroit. Il peut être vu mais en un autre territoire où lui-même les attend, nous attend. En cette terre où il a donné rendez-vous à ses disciples, hier comme aujourd’hui. Dans cette Galilée où la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu a été proclamée, où des pêcheurs ont été appelés au bord du lac, où des vies humaines ont été relevées, où des paroles lumineuses ont été semées.

Galilée du compagnonnage sur la route, des rencontres surprenantes et des discussions éclairantes, des jours ordinaires et des moments forts. Galilée des premiers bouleversements, des premières ouvertures, où des hommes et des femmes, des blessés et des bien-portants, des corrects et des marginaux, des enfants et des adultes, ont perçu que la vie pouvait être différente, qu’un bonheur était offert, qu’une espérance pouvait habiter le cœur et le soulever, le relever, le ressusciter.

Galilée en nos quartiers et de nos maisons, en nos rues et de nos carrefours, en nos chambres secrètes et nos cuisines en désordre. Galilée des ouvertures et des bouleversements, quand nos projets et prévisions sont bousculés, quand des obstacles s’écartent, quand des paroles et personnes nous révèlent une lumière insoupçonnée, incroyable.

Comme ces premières témoins, les deux Marie et Salomé, nous avons le droit d’être déboussolées un temps, de laisser l’événement et sa nouveauté radicale entrer peu à peu en nous, pour nous faire sortir de nos tombeaux. Pour un jour pouvoir annoncer, joyeusement, par-delà et à travers nos saints effrois, le mystère qui nous dépasse et nous transforme : Christ est ressuscité, Alleluia! Il est vraiment ressuscité.

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