Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

4e Dimanche du temps ordinaire. Année B.

Imprimer Par Daniel Cadrin

En paroles et en actions

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. » L’esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri. Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. » Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.

Commentaire

Nous sommes au tout début du ministère de Jésus en Marc, après l’expérience du désert, la proclamation du Règne et l’appel des disciples. Jésus se met à l’oeuvre. Cette première activité de Jésus donne le ton à sa mission. Elle se situe en plein coeur de la vie religieuse et sociale du peuple juif, à la synagogue, le jour même du sabbat, lieu et temps pour reconnaître et célébrer la présence du Dieu vivant. Parole et action s’y conjuguent pour proclamer le Règne: Jésus enseigne et libère.

La parole de Jésus est entendue comme une nouveauté, non pas répétition d’un vieux discours ou de clichés qui laissent indifférents, mais comme une bonne nouvelle qui fait voir la vie autrement, qui donne le goût d’espérer, qui appelle à l’authenticité. Elle a aussi autorité: voilà quelqu’un qui est crédible.

L’action de Jésus redonne sens et dignité à une personne tourmentée. Cette action libératrice ne se fait pas toutefois dans la facilité: elle fait face à l’adversité, elle est lutte contre le mal qui brise les capacités de confiance et de responsabilité. On voit Jésus aussi qui se mêle de ce qui ne le regarde pas; l’esprit mauvais aimerait bien que Jésus se taise et ne fasse rien, pour que l’aliénation des gens, et leurs blessures, continuent. Mais Jésus intervient. Il ne se laisse pas intimider par les voix de résignation ou de consentement au mal. Il vient transformer cela. Avec autorité et nouveauté.

Cette parole et cette action posent question: qu’est-ce que cela? La question centrale dans l’Évangile de Marc est: qui est cet homme Jésus? Question qui résonne jusqu’à nous encore, question à l’origine de la démarche de foi. Tout le travail d’évangélisation finalement vise à susciter cette question et cet étonnement, cette interrogation, qui mènent, ou non, à se mettre en marche sur le chemin de l’Évangile. Mais cette question ne peut naître sans gestes qui libèrent, sans paroles qui touchent.

Par-delà nos paroles souvent répétitives, manquant de saveur et de crédibilité, et face aux forces de captivité, en nous, autour de nous et jusque dans nos fonctionnements collectifs, Marc nous invite à réinventer des paroles et actions à la fois crédibles et neuves, en plein coeur de la vie des gens et sources de liberté.

Sans oublier que cela est une tâche ardue et qu’il faut bien alors se mêler de toutes sortes d’affaires, surtout quand elles aliènent des gens. Sans oublier non plus ce qui précède et prépare ce récit: Jésus est allé au désert et s’est constitué un groupe de disciples, qui l’accompagnent ce jour-là. Conditions essentielles pour que le Règne soit proclamé.

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