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Du pain sur la planche !

Imprimer Par Jacques Marcotte

L’actualité politique, économique et financière a été fertile en rebondissements pendant tout l’automne. Nous en avons vu toutes les couleurs. Les nouvelles, les analyses et les éditoriaux n’ont pas tari. Il s’est agi d’ailleurs souvent de faits assez inquiétants, troublants même, qui touchaient notre bien-être personnel ou collectif, la sécurité de nos avoirs, les principes de notre vie en société.

À Québec, beaucoup de sollicitations nous sont venues d’abord avec les Fêtes du 400e de la Ville. Les moments d’excitation autour des campagnes électorales canadiennes et américaines n’ont pas manqué. Nous éprouvions peut-être à la fin une certaine lassitude. Était-ce l’usure et la fatigue engendrées par le retour constant des mêmes thèmes? Était-ce l’effet conjugué des campagnes agressives des partis politiques et de la crise financière affolante? Les remises en question inhérentes à tout ce climat social et politique nous ont rendus à la fois plus sensibles et plus inquiets, plus sujets peut-être à la passivité et au laisser faire.

Qui a dit que c’était simple et facile de s’occuper des affaires publiques, économiques ou politiques? Qui a dit que cela ne nous concernait pas? Qui pense que cela n’a pas d’importance? La réponse de Jésus « Rendez à César ce qui est à César…» arrivait à point l’autre dimanche. Elle nous mettait en garde contre le défaitisme et la peur. Elle affirmait habilement que Dieu a quelque chose à voir avec tout ce qui nous occupe et nous préoccupe à quelque niveau que ce soit de nos existences. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu est une démarche inclusive. Le croyant ne peut ni séparer ni confondre les ordres de réalités dans lesquelles il est engagé. Le monde terrestre et le monde céleste ne font pas chambre à part. Dieu s’intéresse à tout et rien n’échappe à son autorité. Bien vivre ensemble sur la terre est une responsabilité que Dieu nous a confiée en toute bienveillance et bonne foi. Depuis l’avènement de son Fils en notre chair, il s’engage personnellement avec nous.

Le texte d’évangile évoqué plus haut nous rappelle que tout se tient dans notre existence, que rien n’est étranger à notre foi et que, s’il nous faut aimer Dieu de tout notre cœur, de toutes nos forces, de tout notre esprit, il nous faut aussi aimer notre prochain comme nous-même. Cet amour missionnaire du prochain tient à l’amour universel de Dieu pour nous. Il concerne les domaines du social, de l’économique, du politique, du terre-à-terre de nos situations les plus concrètes. Nous sommes partenaires avec Dieu dans un régime d’incarnation et de divinisation. Nous ne pouvons, sous prétexte de religion et de foi, nous tenir à l’écart, rester dans notre bulle, en faisant abstraction du monde dans lequel nous sommes. Pas plus que l’amour de Dieu et l’amour du prochain ne sauraient être séparés, bien qu’ils orientent nos cœurs en des directions parfois différentes, notre service de Dieu et notre service du prochain – bien que réclamant des pratiques diverses – ne doivent pas se contredire ou s’exclure. C’est en servant Dieu de tout mon cœur que je trouve le juste chemin vers le prochain; et c’est en me faisant proche de tout être humain que je sers Dieu en vérité.

Le service du prochain et le vivre avec lui dans une organisation politique et sociale ne m’obligent pas à être spécialiste en matières politico-socio-économiques. Il y a ceux pour qui c’est un appel et une grâce. Personne cependant n’est exempt de porter respect et intérêt à la réalité publique. Il nous faut pour elle une attitude positive et y engager volontiers notre foi, notre espérance et notre amour. Nous rendrons « ainsi à Dieu tout ce qui est à Dieu ».

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