Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

21e Dimanche du temps ordinaire. Année A.

Imprimer Par Daniel Cadrin

Une question qui engage

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Messie.

Commentaire :

L’Évangile de ce dimanche nous présente d’abord un dialogue entre Jésus et ses disciples, qui commence par une question de Jésus sur son identité. La confession de foi de Pierre est suivie d’une béatitude. Puis une mission est confiée à Pierre. Ce récit dit déjà, dans ses étapes, quelque chose de nos propres parcours, depuis la recherche du visage de Jésus jusqu’à la prise de responsabilité en Église.

Aujourd’hui comme hier, Jésus pose question. Il nous interroge sur lui-même : Pour vous, qui suis-je ? Répondre à cette question, c’est prendre un risque car la réponse engage plus que des mots. Par-delà les indifférences et les hostilités de nos milieux, les réactions chan­geantes des foules, nos propres élans et lassitu­des, par-delà notre peur et notre fascination, qui est Jésus pour nous ?

Au nom des disciples, en notre nom, Simon-Pierre répond avec clarté et conviction : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Cette affirmation de foi dépasse les paroles mêmes de Simon, fils de Yonas. Elle est fruit d’une révé­lation du Père, qui travaille les coeurs et les intelligences pour les ouvrir à la pleine recon­naissance de Jésus. Comme il l’a fait aussi pour Paul, sur la route de Damas.

Souvent, nous portons peu attention à ce que dit Jésus, à ce moment : il qualifie Pierre d’heureux. Révélation et béatitude sont ainsi associées. La saisie intérieure du mystère du Christ est source d’un bonheur unique, qui permet de tenir et de recommencer.

Recevoir cette lumière, c’est en même temps se voir confier une mission, ce qu’indique le nouveau nom de Simon : il sera Pierre, fondement de l’Église, garant de sa foi, cette foi qu’il a proclamée et qui est la pierre solide sur laquelle le Christ pourra construire son Église. Pierre, comme les disciples plus loin (18,18), est investi d’une autorité pour exercer sa mission.

La responsabilité que les disciples de Jésus et le successeur de Pierre portent aujour­d’hui repose sur la même pierre de base : la foi en Jésus, le Christ. Si notre foi est plus solide et profonde, le Christ pourra continuer d’y bâtir son Église. Cette foi nous est donnée, cette foi nous donne une mission. Affirmer Jésus comme Parole de Dieu qui éclaire et soulève la vie du monde, c’est risquer de recevoir une responsabilité : celle de l’annoncer et d’en témoigner, en marchant avec Jésus dans !es chapitres suivants de l’Évangile où il appelle au don et au pardon.

Recherche et révélation de Jésus le Messie ne referment pas sur soi-même : ils conduisent à un service. C’est l’expérience de Pierre à Césarée ; et celle de Paul, sur la route de Damas, où il reçoit la mission d’annoncer l’Évangile aux païens.

L’affirmation de foi en Jésus le Christ engage plus que des mots. Pour nous préparer à pro­clamer avec conviction la réponse de Pierre, la meilleure façon serait peut-être de nous reposer la question qui a suscité cette réponse. Pour nous, qui est Jésus ? Nous devons la laisser faire son chemin en nous et travailler nos craintes, nos enthousiasmes et nos apathies. Alors, nous pourrons nous enga­ger en vérité dans la suite des jours et la suite de l’Évangile, depuis Césarée jusqu’à Jérusalem (16,21). Et l’affirmation de notre foi apportera espoir et soutien pour continuer la suite de l’Église.

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