Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

9e Dimanche du temps ordinaire. Année A.

Imprimer Par Daniel Cadrin

De la parole aux actes

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Il ne suffit pas de me dire : ‘Seigneur, Seigneur !’, pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?’ Alors je leur déclarerai : ‘Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !’
Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s’est abattue sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

Commentaire :

Après le temps pascal et ses nombreuses fêtes, nous reprenons le temps ordinaire, celui de nos quotidiens. L’Évangile de ce 9e dimanche tombe bien : il est la conclusion du long Sermon sur la montagne (Mt 5-7), qui a commencé avec les Béatitudes. Et Jésus y fait entendre un double appel à la mise en oeuvre : faire la volonté de mon Père, mettre en pratique la parole.

Cette insistance sur l’agir, que vise-t-elle au juste? De quelles actions s’agit-il? Certaines actions plus éclatantes et impressionnantes sont mentionnées par Jésus : prophétiser, chasser les démons, faire des miracles. Mais il affirme qu’elles ne suffisent pas pour entrer dans le Royaume! Alors, que faire?

Dans l’Évangile selon Matthieu, la question du faire revient fréquemment. Elle touche des actions plus ordinaires et quotidiennes : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait», dira Jésus (Mt 25, 40) et il s’agit de nourrir, accueillir, vêtir, visiter. Ce sont des actions pour autrui, et pour autrui en difficulté : affamé, étranger, nu, malade, prisonnier. Et ce sont des gestes accessibles à tous.

Ou encore : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (Mt 7,12). Il s’agit ici aussi d’un faire pour autrui, et d’un faire qui est positif.

Une autre façon de mieux voir ce que Jésus nous appelle à faire, c’est de relire le Sermon sur la montagne, puisque cet appel vient en finale de ce Sermon. Il y est question de miséricordieux, d’artisans de paix, de réconciliation, d’amour des ennemis…. Tout un programme à mettre en œuvre!

La parabole sur la maison et ses fondements est intéressante et stimulante. Elle nous dit que c’est cette mise en pratique qui rend notre maison solide, capable de résister aux tourmentes, aux crises, aux difficultés. Non pas la Parole seule mais la Parole incarnée, mise en œuvre, dans un engagement personnel et concret. Notre maison tiendra non pas seulement avec de bonnes idées, de bons sentiments, des plans quinquennaux (et il faut tout cela!), mais par un souci quotidien, à la fois exigeant et libérant, de « vivre le peu que nous avons saisi de l’Évangile », pour reprendre les mots du fr. Roger, de Taizé.

Vivre à mesure, au fil des jours, ce qui dans l’Évangile vient nous toucher. Même si c’est peu, l’intégrer dans notre vie, le mettre en pratique, pour que notre vie devienne plus consistante, pour que notre maison personnelle se construise et soit forte, pour que notre maison communautaire tienne le coup quand les bourrasques arrivent.

Comme une partition musicale ou les mots d’une chanson, l’évangile ne devient vivant, bon et vrai, que lorsqu’il est interprété, chanté, mis en acte, par des personnes et des groupes, dans le quotidien de leurs travaux et de leurs jours, dans la maison de leurs rencontres et de leurs services.

Donner corps à la parole de vie pour que notre maison soit habitable, accueillante et solide : voilà une invitation de Jésus qui est sage et qui donne le goût de construire, avec d’autres, la maison fraternelle.

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