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Seul à deux

Imprimer Par Caroline Pinet

C’est un des grands leurres de notre société de croire que le conjoint doit être le tout de l’autre, et qu’il peut combler toutes ses attentes. 1

Lorsque les célibataires rêvent de rencontrer la personne de leur vie, la liste des critères qu’elle doit posséder est longue. Et c’est normal, qui rêverait de faire sa vie avec un époux bourré de défauts? Quand l’autre n’existe pas encore, il peut être tout, mais lorsqu’il entre dans notre vie, nous apprenons à composer avec la réalité qui l’accompagne. Nous l’avions imaginé sportif, il est plutôt intellectuel, nous croyions qu’il pourrait tout réparer dans la maison, en fait, il a horreur du marteau. Nous apprenons à l’aimer réellement tel qu’il est et nous devons nous adapter à ce qu’il est, un être avec ses limites, si nous ne voulons pas entrer dans une perpétuelle série de reproches et de querelles.

Notre tendre moitié peut être à la fois le compagnon de vie, l’ami, l’amoureux. Parfois, son écoute est telle qu’il est aussi notre meilleur conseiller. Chacun, selon sa personnalité, ses talents, enrichira la relation conjugale. Mais peut-il être tout? L’un sera sociable et animera à merveille la table des convives, l’autre sera un hôte piètre, mais se révèlera un confident hors pair adorant « cocooner ». C’est un lieu commun que d’affirmer que nous devons apprendre à aimer l’autre tel qu’il est et non tel que nous voudrions qu’il soit. La sagesse de cette maxime n’en demeure pas moins vraie. Mais combien la route est longue avant d’arriver à l’appliquer!

Un des meilleurs moyens d’arriver à accepter l’autre dans ses limites est de regarder d’abord son propre reflet dans le miroir. Jésus ne disait-il pas : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre »? En m’analysant très brièvement, les reproches que je voudrais dire à l’autre sont vite ravalés si je m’aperçois que je ne suis pas non plus sans reproche…Et si j’ai eu l’audace de m’avancer sur ce terrain, l’autre ne ratera pas l’occasion de me le faire remarquer!

La plénitude conjugale, ce sentiment de ne faire qu’un, ensemble, est extraordinaire ces jours où l’on s’accepte avec nos limites respectives. Parfois, nous serons aussi deux êtres s’efforçant de combler les vides qui les séparent du sentiment de plénitude. Deux êtres seuls et distincts cherchant ensemble en Dieu le bonheur que Lui seul peut donner. Et c’est seulement dans la reconnaissance de leur finitude individuelle mise en commun qu’ils entreront dans la complétude divine.

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