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Un temps pour chaque chose

Imprimer Par Jacques Marcotte

La saison hivernale souvent se traîne les pieds au Québec pour ne nous arriver en force qu’à la mi-décembre. Or cette année c’est tout le contraire. Dès le 20 novembre nous étions sous la neige. Une avalanche nous est tombée dessus en une immense bordée. Plusieurs chantiers de routes et de chaussées n’étaient même pas terminés. Voilà qui vient compliquer la vie et nous prendre par surprise.

Dans la même semaine on nous annonçait l’heureux aboutissement de la route ferroviaire entre la France et l’Espagne. Une dernière trouée dans les Pyrénées maritimes promet pour bientôt un passage grande vitesse entre les deux pays. Une victoire longuement et patiemment préparée. De quoi sabrer le champagne!

Au même moment, un document de notre archevêque (à Québec) a pris tout le monde ici par surprise. Le texte a fait bondir tellement il touche des points sensibles de notre histoire collective, tellement aussi il déconcerte par l’ampleur et la portée du discours. Voilà un évêque qui se met à genoux pour dire le mal, le regret, la douleur et la peine d’autrefois. Il nous invite au pardon. Il veut par son geste débloquer une impasse. Ouvrir le passage vers un avenir meilleur pour la foi catholique chez nous.

Que s’est-il passé pour que la démarche de l’archevêque nous provoque à ce point et suscite autant d’animosité? Nos blessures sont-elles à ce point actives et lancinantes pour qu’elles nous fassent crier aussi fort? Serions-nous encore sous le choc et l’effet des malheurs d’hier? Qui a blessé qui? Qui est coupable?

Il est toujours beau et louable d’offrir une main tendue en quête de réconciliation. Mais l’initiative pour réussir a besoin d’une réponse longuement mûrie. En ces matières où tellement d’éléments et de causes sont entremêlés, il faut prendre le temps d’y voir clair. C’est seulement après qu’on arrivera à mieux décanter les responsabilités et à purifier éventuellement nos mémoires.

Mgr Ouellet nous lance un appel sincère et puissant. Allons-nous le suivre sur la voie qu’il prend? Comment donner suite sans d’abord entrer chacun en nous-mêmes et en parler ensuite entre nous? Je ne crois pas que notre Cardinal doive porter le blâme d’avoir parlé du pardon. Tant mieux si quelqu’un nous précède et nous entraîne sur cette voix. Un défi nous attend : nous convertir, reconnaître nos tords et trouver bientôt nous-mêmes le chemin du repentir, de la guérison et du pardon.

Jacques Marcotte OP
Québec

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