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La mort de sainte Scholastique

Imprimer Par Grégoire le Grand

Devant célébrer le 10 février, la fête de sainte Scholastique, sœur de saint Benoît, il fait bon de relire ce que saint Grégoire le Grand, pape de 590 à 604, écrivait dans ses dialogues. La pensée de Grégoire est dominée, son existence terrestre marquée par le sens très aigu du néant de la vie et de la caducité des choses terrestres. A un ami qui vient le visiter, Grégoire propose : « Ainsi pendant que j’aurai le plaisir de vous voir, nous allégerons le dégoût de notre pérégrination ici-bas, en nous entretenant de l.éternelle patrie. » Sens de l’éternel, impatience de l’au-delà, désir d’atténuer le plus possible la discontinuité entre ici-bas et là-haut, ainsi peut-on caractériser pour une part l’existence de Grégoire le Grand. Cette page sur la mort de sainte Scholastique en témoigne particulièrement.

Scholastique, sœur de saint Benoît, consacrée à Dieu tout-puissant dès son enfance, venait voir son frère une fois pas an. L’homme de Dieu se rendait vers elle dans le domaine du monastère, sans dépasser beaucoup la porte.

Un jour, elle vint comme d’habitude, et son vénérable frère se rendit vers elle avec ses disciples .Ils passèrent toute la journée dans les louanges de Dieu et de saints entretiens. Quand la nuit tomba, ils mangèrent ensemble.Comme il se faisait tard, avec ces saint entretiens, la moniale lui fit cette demande : « Je t’en prie, ne me quitte pas cette nuit ; parlons jusqu’au matin des joies de la vie céleste. » Il lui répondit : « Que dis-tu là, ma sœur ? Je ne puis aucunement demeurer hors du monastère. »

La moniale, lorsqu’elle entendit le refus de son frère, posa ses mains, les doigts joints, sur la table, et inclina la tète sur ses mains pour prier Dieu, le Tout-puissant. Quand elle releva la tête au-dessus de la table, les éclairs et le tonnerre éclatèrent avec une telle force, un tel déluge se mit à tomber, que ni le vénérable Benoît ni les frères qui l’accompagnaient ne purent faire un pas hors de l’endroit où ils étaient réunis.

Alors l’homme de Dieu, tout triste, se mit à se plaindre : « Que Dieu tout-puissant te pardonne, ma sœur. Qu’est-ce que tu as fait ? » Elle répondit : « Je t’ai prié, et tu n’as pas voulu m’entendre ; j’ai prié mon Dieu, et il m’a entendue. Maintenant, sors, si tu peux, quitte-moi et retourne au monastère. »

Lui, qui n’avait pas voulu rester, demeura là malgré lui, et c’est ainsi qu’ils passèrent toute la nuit à veiller, et ils se rassasièrent de leurs entretiens et de leurs échanges sur la vie spirituelle.

Il n’est pas étonnant qu’une femme l’ait emporté sur lui car, selon la parole de saint Jean, Dieu est amour, et par un juste jugement, celle qui a aimé davantage a été la plus puissante.

Trois jours après, l’homme de Dieu, qui se tenait dans le monastère, leva les yeux en l’air et vit l’âme de sa sœur sortie de son corps, pénétrer dans le sanctuaire du ciel sous la forme d’une colombe. Se réjouissant qu’elle ait obtenu une si grande gloire, il rendit grâce par des hymnes et des chants de louange, et il envoya des frères rapporter le corps au monastère pour le déposer dans le tombeau qu’il avait préparé pour lui-même

Il arriva ainsi que la sépulture ne sépara pas les corps de ceux dont l’esprit, dans leur union à Dieu, n’avait jamais fait qu’un.

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