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Éloge de l’ordinaire

Imprimer Par Caroline Pinet

Entre eux deux fume le café. Autour d’eux dans la cuisine, fusent les cris des enfants qui se poursuivent. Imperturbables, ils boivent leur café avec un calme étonnant ! C’est leur rendez-vous yeux dans les yeux. Rien ne saurait les en distraire… Les tâches du quotidien ne s’y prêtent pourtant pas. Il leur faut arracher ce rendez-vous sacré comme un temps de prière que l’on réserve à Dieu.

La relation conjugale ressemble étrangement à celle que l’on vit avec Dieu. Il faut y consacrer du temps quotidiennement.

On conseille souvent aux couples de se réserver du temps ensemble. Reviennent en exemple les sorties au restaurant, la fin de semaine passée sans les enfants ou mieux, le voyage annuel réservé au couple. Cela laisse dubitatif. Non pas que ce soit de mauvais conseils en soi. Mais c’est nettement insuffisant pour nourrir sa vie matrimoniale !

Réserverions-nous nos rencontres avec Dieu uniquement à la messe dominicale, ou à la visite exceptionnelle d’une abbaye, ou encore à une retraite annuelle au monastère ? Notre relation à Dieu a besoin de plus que de rencontres extraordinaires. Il nous faut la nourrir essentiellement de l’ordinaire de nos jours. C’est la nourriture privilégiée de Dieu. Se réveiller en Lui offrant notre journée. Réciter un Notre Père en pensant à un ami malade. Demander sa lumière avant un coup de fil important. Le remercier pour la vie qui bat dans nos bras en tenant notre enfant. Le soir, s’endormir en Lui confiant nos soucis. Il nous faut parfois beaucoup de discipline pour Lui réserver du temps à travers nos occupations. Et souvent, la concentration n’y est pas. Pourtant, nous sommes là. Et Dieu aussi. Il se plaît à se revêtir d’ordinaire.

Il en est de même pour la relation entre les époux. Leur amour se tisse en filigrane dans la trame du quotidien. Le baiser au saut du lit. Le petit coup de fil en mi-journée à partir du travail. La contemplation le temps d’un café. L’étreinte en se retrouvant le soir sur le pas de la porte. Des fils qui s’entrelacent d’ordinaire ! Mais sans tous ces petits gestes banals, fidèles et répétés, l’amour conjugal aura peine à prendre de l’étoffe.

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