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L’amour, une utopie ?

Imprimer Par Caroline Pinet

C’était le titre d’un sujet sur un forum de discussion via internet. Les personnes partageaient leur point de vue sur l’amour conjugal à vie. Certains prétendaient qu’il fallait être honnête avec soi-même, les sentiments forts du début finissaient par s’estomper. En restant aux côtés de l’autre, on s’accommodait en glissant vers des sentiments de tendresse, mais qui n’étaient plus de l’amour. D’après eux, on persévérait par paresse, trop confortablement installé dans cette routine. De plus, on ne pouvait pas prévoir les coups de foudre du hasard qui pouvaient faire basculer le mariage.

D’autres, forts de leur préparation au mariage, prétendaient qu’à l’amour, il fallait rallier la volonté : celle d’être fidèle et de demeurer auprès de l’autre. Mettre Dieu au cœur de notre mariage renforçait notre amour. Il se transformait, certes, mais en s’approfondissant davantage au fil du temps.

Il est très réducteur de considérer véritable uniquement l’amour qui fait battre le cœur en chamade. Cela fait penser à la joie des premiers pas. Notre sixième enfant a fait des premiers pas précoces spectaculaires. Nous étions tous rassemblés autour d’elle lorsqu’elle s’est dressée et a enfilé quelques pas sous nos applaudissements nourris. Ses yeux pétillaient, et elle poussait des cris d’exaltation avant de recommencer. Jamais la joie de marcher n’est sans doute aussi intense qu’au début. Pourtant, nous aurons à dépasser ce stade d’émerveillement, et faire de la marche un moyen de locomotion, jusqu’à en devenir banal. Si nous en restions au début des pas hésitants, jamais nous ne parcourions les chemins qui nous amènent à découvrir les richesses de notre monde. À la longue, marcher devient ordinaire. Mais quel drame pour ceux qui en perdent l’usage.

Il en est de même avec l’amour au sein du couple. Passé le stade de l’émerveillement, nous marchons côte-à-côte, sans toujours réaliser le merveilleux de cette randonnée. Il nous faut nous entendre sur la direction à suivre, ajuster la cadence de nos pas, nous épauler lorsque l’un trébuche. Au fil de la route, nous découvrons nos vrais visages, et notre amour s’approfondit pour devenir unique, voire irremplaçable. Puisqu’il y a tant de jours que nous avons débuté le périple, tant de fois où l’amour a pris patience, a rendu service, a tout excusé, a fait confiance en tout, a tout espéré, a tout enduré. Cet amour, sous le compagnonnage de Dieu ne disparaît jamais…

Parfois, chemin faisant, la route paraît longue aux couples. Pourtant, il est étonnant d’entendre les vieux couples, arrivés au bout du voyage, dire combien cela a passé vite.

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