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Le festival de la rentrée

Imprimer Par Denis Gagnon

Nous voici au coeur du festival de la rentrée. Du moins, ce festival bat son plein au Québec et dans l’ensemble du Canada. De la maternelle à l’université, on rentre. Du bureau à l’usine, on rentre. En campagne comme en ville, on rentre. On quitte le chalet au bord d’un lac pour retrouver le va-et-vient de la rue urbaine: c’est la rentrée. Que tout simplement on se retire du farniente de la belle saison pour se soumettre à la discipline du travail régulier, c’est aussi la rentrée. Depuis quelques jours et pour plusieurs semaines, les rues et les trottoirs sont envahis aux heures de pointe. اa bouchonne jusqu’à l’impatience.

Penser rentrée, c’est évoquer la distance, la présence et l’absence, le départ et le retour, la rupture et les retrouvailles. Nous vivons de nos distances. Même la mort se nourrit de la distance et elle le fait implacablement.

Le temps est marqué comme l’espace. Hier s’appelle «passé». Nous pourrions dire aussi «dépassé», comme on dit «rendu plus loin». Demain est à venir. Il se rapproche de nous. Ou plutôt, nous sommes à venir vers lui. C’est nous qui marchons vers l’avenir. C’est nous qui comblons la distance. Le temps et l’espace ont le même mot pour dire aujourd’hui et le fait d’être dans un lieu. On dit: «présent».

Nous chérissons la proximité des êtres que nous aimons. Nous les appelons les «proches». Nous regrettons leur éloignement. Les ruptures nous blessent. Par contre, les êtres avec qui nous n’avons pas d’affinité nous font bénir les distances et les absences.

De toutes nos rentrées, il faut privilégier celles qui nous conduisent au plus intime de nous-mêmes, dans le cagibi secret de notre être, là où personne n’est invité. Rentrée privilégiée, non pour fuir les proximités trop envahissantes. Rentrée pour se retrouver soi-même, rentrée pour que les sorties renouvellent, rentrée pour reprendre le chemin vers les autres et combler les distances.

Septembre nous propose de redessiner nos rentrées, nos rapprochements comme nos distances. Même avec ses bouchons, septembre s’embellit de nos retrouvailles.

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