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Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

25e Dimanche du temps ordinaire. Année B.

Imprimer Par Jacques Sylvestre

Comme un enfant

Et partant de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache. Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. »

Commentaire :

Nous avons ici un regroupement que Marc traite de façon personnelle : la triple annonce de la passion et l’incompréhension des disciples.
Deuxième annonce de la Passion. Suivent deux petites scène qui font contraste : la dispute des disciples sur le plus grand, puis le geste de Jésus prenant un enfant et la parole qui commente le geste. Il est difficile de voir une certaine cohérence entre ces deux scènes. La scène de l’enfant devrait normalement illustrer l’enseignement précédent ; or, on n’y trouve aucune allusion au thème du plus grand, ni à celui du dernier qui sera le premier.

La querelle entre les disciples concernant le plus grand fait sans doute écho à des problèmes internes à la communauté primitive : recherche d’honneur, dignité de certains responsables, controverses lors des célébrations eucharistiques. Dans la société antique, la question hiérarchique était primordiale. Le problème a dû se poser dans le groupe des disciples avant Pâques. Jésus en profite pour renverses les valeurs et apporter quelques changements au comportement exigé pour le suivre.

La scène suivante et l’exemple de l’enfant seraient plus en situation si elle était reprochée de la suivante qui nous montre des disciples rabrouant un enfant. (10, 13-16) Ce dernier ne tenait guère de place dans la société du temps. Jésus au contraire les avait en affection. L’enfant était pour lui modèle d’innocence et de simplicité. On comprend mieux l’invitation faite à l’accueil de l’un de ces petits. Il s’agit ici d’une attitude très concrète, visible, tangible, et pas seulement intérieure. Recevoir l’enfant en tant que pauvre, c’était là une œuvre de charité recommandée par la Loi et pratiquée chez les juifs. Mais Jésus y apporte un élément nouveau : « C’est moi qu’il accueille ». Ainsi s’ébauche l’enseignement concernant le jugement dernier : « Ce que vous faites au plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ». (Mat. 25)

Les annonces de la Passion, et cette deuxième n’y échappe pas, mettent en relief le thème du chemin (8,22 ; 9,30-34 ;10,32) C’est dans le cadre d’un voyage que Jésus emmène ses disciples à travers la Galilée, jusqu’à Jérusalem. Marc enseigne qu’à partir de la confession de Pierre, aboutissement de la première partie de l’évangile, Jésus inaugure la réalisation du dessein de Dieu et la révélation décisive de sa personne et de son œuvre en s’engageant dans une voie nouvelle qui le conduira à la mort. Ce chemin du Fils de l’homme, voie de la Passion, demeure un paradoxe dévoilé dans le secret, mais demeuré incompris. La route constitue le lieu de la marche de Jésus vers son destin, mais aussi de la distance qui s’établit entre lui et les siens. Les disciples de Jésus devront vivre cette difficile initiation pour devenir vraiment disciples. Le Seigneur, dans cet épisode marcien, tente de rappeler à ses disciples aux vues souvent matérielles et humaines que ils ont un tâche, une mission à remplir et que la qualité de l’accueil qu’on leur ménagera doit être celle d’un enfant …

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