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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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Tel roman tel film : Da Vinci Code

Imprimer Par Gilles Leblanc

Depuis le 17 mai 2006, le film Da Vinci Code a fait courir les foules devant les 12 213 écrans dans 79 pays. Réalisée par Ron Howard, l’adaptation cinématographique du best-seller controversé de Dan Brown met en vedette Tom Hanks, oscarisé à deux reprises, et Audrey Tautou, inoubliable dans le rôle d’Amélie Poulain.

Bien sûr, j’ai vu, et deux fois plutôt qu’une, le film Da Vinci Code. Ce fut un bon divertissement que de voir se déployer sous mes yeux une histoire étrange, différente et explosive qui, il me faut bien l’admettre, n’ébranle en rien ma foi en Jésus Christ et mon admiration pour Marie Madeleine, première personne à être témoin du Ressuscité. Somme toute, un assez bon film !

Une course folle

Reprenons en quelques mots les grandes lignes de l’aventure trépidante qui nous est racontée. Tout commence lorsque le conservateur en chef du musée du Louvre Jacques Saunière est assassiné. Le commissaire de police Bezu Fache fait aussitôt appel au professeur de l’Université d’Harvard Robert Langdon, de passage à Paris, afin de déchiffrer le message crypté, rédigé par la victime avant sa mort. Ce message laisse à croire que Langdon serait le tueur recherché. Survient alors Sophie Neveu, cryptologue pour la police parisienne et petite-fille de Saunière.

Sentant que Langdon est pris au piège, la jeune femme l’entraîne dans une course folle entre la France et le Royaume-Uni. Les deux scientifiques font une véritable chasse aux trésors au cours de laquelle ils sont confrontés à un millionnaire sans scrupule et à des membres de l’Opus Dei – tel le dévoué moine Silas – qui cherchent comme eux à découvrir la mission secrète du Prieuré de Sion, dont Saunière était le Grand Maître, ainsi que la vraie nature du Saint Graal.

Une histoire peu fondée

Copie assez conforme de l’œuvre littéraire, déjà vendue à plus de 40 millions d’exemplaires et traduite dans une cinquantaine de langues, le thriller sur fond ésotérique est dans l’ensemble assez sage et convenu. Un récit, qui traite de personnages comme Jésus et Marie Madeleine, qui met en cause des organismes comme Le Prieuré de Sion et l’Opus Dei, qui scrutent des œuvres d’art célèbres comme La Joconde et La Cène, qui se déroulent dans des lieux connus comme le musée du Louvre et l’abbaye de Westminster. Les noms sont authentiques, mais il est évident que les références historiques s’avèrent souvent fausses ou peu fondées. On nage en pleine fiction, en toute connaissance de cause.

Un regard honnête et attentif accorde, de toute évidence, beaucoup moins de crédibilité aux assertions de Brown et de ses sources qu’aux enseignements du Nouveau Testament et de la tradition chrétienne. Ce n’est pourtant pas la première fois que des récits fantaisistes sur Jésus et sur l’Église catholique surgissent, et ce n’est pas la dernière non plus…

De façon inopportune, le cardinal Tarcisio Bertone, archevêque de Gênes, a qualifié le livre de «fait douloureux et terrible» la diffusion de ce «château de mensonges». Pour sa part, la Conférence des évêques catholiques américains a mis en place toute une batterie de documents — film, brochure, site Internet — pour faire contrepoids aux thèses de Brown. Profiter de l’occasion pour faire une catéchèse christologique, c’est bien; se lancer dans l’apologétique, c’est moins heureux!

Par contre, il est fort souhaitable que le film soulève chez les amateurs de cinéma débats et discussions sur les Écritures et les fondements de la foi chrétienne.

Gilles Leblanc

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