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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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Vie et mort : L’Enfant et Trois enterrements

Imprimer Par Gilles Leblanc

Année après année, le plus célèbre des festivals de cinéma a lieu en mai à Cannes sur la Côte d’Azur. En attendant celui qui vient, revenons sur deux films qui ont soulevé beaucoup d’éloges sur la Croisette l’an dernier. On y aborde les thèmes de la vie et de la mort : une excellente façon d’encadrer nos célébrations pascales.

L’Enfant

Ex-documentaristes, les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne présentent dans ce film, comme c’est leur habitude, divers maux de notre société à travers la vie de petites gens de milieux défavorisés dont les rôles sont joués par des artistes peu connus.

Ici, il s’agit de Bruno, un garçon insouciant d’une vingtaine d’années qui ne pense qu’au moment présent et se complaît dans des escroqueries faciles. Tout au contraire, sa petite amie Sonia, 18 ans, fait de son mieux pour subvenir aux besoins de leur fils Jimmy qui vient de naître. Faisant fi de sa responsabilité de père, Bruno poursuit ses mauvais coups avec la complicité de jeunes écoliers et, comble de tout, il n’hésite pas à vendre Jimmy à un réseau d’adoption clandestin. Ce qui conduit Sonia à porter plainte contre lui. Réalisant la gravité de son geste, le père délinquant entreprend de récupérer le bébé et de rétablir sa relation avec Sonia. Mais ce ne sera pas facile…

Dans la même veine que leurs films précédents – La Promesse, Rosetta et Le Fils –, les frères Dardenne, lauréats de la Palme d’or à Cannes, scrute sous tous ses angles le personnage principal par une approche simple et pleine d’humanité. En ressort le portrait émouvant d’une jeunesse désespérée qui se débat tant bien que mal dans la précarité. Pour le rôle de Bruno, Jérémie Rénier est impeccable et sa campagne jouée par Déborah François tout autant.

Trois enterrements

Déjà reconnu comme un acteur vénérable, Tommy Lee Jones fait ici ses premiers pas en tant que réalisateur. Il travaille avec Guillermo Arriaga, un scénariste mexicain déjà bien en selle avec les films Amours chiennes et 21 Grammes.

Dans le désert du Texas, la police ne fait aucun effort pour trouver l’auteur de l’assassinat de Melquiades Estrada, un travailleur mexicain à la solde de Pete Perkins, propriétaire d’un ranch, et qui le considérait comme son fils. Ayant appris que l’auteur du crime est le nouveau garde-frontière Mike Norton, Pete le kidnappe et le force à déterrer le cadavre. Puis, une longue et pénible randonnée les mènera à travers mille embûches jusqu’au village natal du mexicain pour l’inhumer selon ses volontés.

Dans ce western contemporain, le réalisateur Jones aborde avec maîtrise les thèmes complexes de la vengeance, de l’amitié et des rituels funèbres, de façon troublante à plus d’une occasion. Les performances de Tommy Lee Jones en cowboy désabusé – récompensé à Cannes – et de Barry Pepper en otage maltraité sont époustouflantes.

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