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Rêveries d’automne

Imprimer Par Jacques Marcotte

Pendant que dans le grand Sud les ouragans se succèdent et déferlent rageusement sur les îles et les premières bandes du continent, la nature chez nous – au Québec – depuis longtemps déjà s’enferme et s’enveloppe comme pour une longue attente. La vie serait-elle épuisée? Elle se retire. Elle s’isole et se protège. De quoi aurait-elle peur? Elle se replie et se fige. Quelqu’un l’aurait-il frappée de mort? La noirceur déjà vient vite, qui habille de froid les nuits trop longues, avec le vent qui souffle fort, humide, glacé, sans arrêt, sans pitié. Présage d’un dur hiver qui déjà inexorablement s’approche L’hiver de glace et de neige s’en vient forcer chez nous son passage formidable. Silence d’abord, où la vie s’absente et où toute chose se tait. Oh! l’interminable saison d’automne! Qui nous enlève nos illusions, nos songes d’été, nos fleurs sauvages, nos fruits mûrs. Et nous qui pensions avoir apprivoisé la vie, la verdure des prés, la chaleur et les riches odeurs. L’automne est venu qui emportera donc tout vers la mort?

Cette mort qui déjà nous tient compagnie. Serions-nous entrés pour de bon au pays du deuil, de l’oubli, des ruptures? La voilà qui triomphe, cette mort avec son train de gels et de blessures. Qui nous presse de lâcher prise, de nous abandonner, d’aller seuls nos chemins de peines. Mais si ces chemins allaient nous mener par au dedans de nous aussi loin que chez Dieu, aussi proche aussi?

N’allons pas désespérer. La senteur vive des labours et les travaux d’arrière saison nous parlent déjà d’une saison nouvelle. Ils appellent de loin les grands élans printaniers. Nos labeurs portent des rêves. Ils charrient avec eux plein d’espoirs et de promesses.

Merveilleux dépouillements et généreux engagements par où se gonfle en nous l’espérance! Généreux sillons qui nous dénudent et qui creusent en nous l’espace où prend force le désir, le lieu où mûrit une attente!

Ce temps qu’il fait dehors nous ramène finalement à l’essentiel. Il annonce en fait une mort qui n’est qu’apparente. Elle cache en nous bien mal ses peurs et ses angoisses. Ô mort, si tu me touches et t’enfermes en moi, c’est pour mourir toi-même et pour bientôt laisser place à la pleine vie en moi qui ne demande qu’à jaillir à nouveau telle qu’au matin du Jour de Pâques.

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