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Pour la Fête-Dieu

Imprimer Par Saint Cyrille d'Alexandrie

Cyrille, originaire d’Alexandrie, en Égypte, de naissance imprécise, devint évêque d’Alexandrie en 412. Neveu de Théophile son prédécesseur, il fut élu après trois jours d’une vive opposition. Socrate, son historien nous le présente comme un homme autoritaire et violent. L’homme qu’il fallait sans doute pour la situation conflictuelle au cours de laquelle il exerça son pontificat : débat avec les Novatiens qu’il dépouille de leurs églises et de leurs biens; débat avec les Juifs qu’il chasse des villes pour transformer leurs synagogues en églises et enfin de 428 à 432, attaque contre les disciples de Nestorius, patriarche de Constantinople. Ce dernier soutenait des positions inquiétantes concernant l’Incarnation du Christ et la Vierge Marie dont il contestait le titre de mère de Dieu. Voici un passage de l’inoubliable « Lettre aux moines » : « Des étrangers, me dit-on, pénètrent jusqu’à vous, cherchant à surprendre votre bonne foi et semant ainsi la discorde. Ils osent mettre en doute que Marie soit vraiment Mère de Dieu… Il faut empêcher le venin de l’erreur de produire ses pernicieux effets… Faut-il appeler « Marie Mère de Dieu ? Sans aucun doute, puisqu’elle a conçu et enfanté le Dieu « Verbe fait homme ». Le mot devint traditionnel.

Cherchons dans la mesure du possible la signification du mystère eucharistique. Le Dieu de l’univers avait créé toutes choses en vue de l’incorruptibilité, et les origines du monde avaient été saines. Mais par l’envie du diable, la mort est entrée dans le monde : en effet, il poussa le premier homme à la transgression et à la désobéissance, et à cause de cela, le fit tomber sous la colère divine… Mais le dommage causé par la malignité d’Adam a été vaincu par la clémence du Créateur, qui vint au secours des habitants de la terre. .. Comment l’homme qui demeurait sur la terre et soumis à la mort pourrait-il dès lors avoir de nouveau accès à l’incorruptibilité ? Il fallait que la chair condamnée à mort fût rendue participante de la puissance vivifiante qui est en Dieu, le Fils. C’est lui qui nous a été envoyé comme Sauveur et Rédempteur. Né d’une femme selon la chair il a pris corps d’elle, afin d’être enté sur nous par une union indissoluble et nous rendre inaccessibles à la mort. Il a revêtu notre chair afin d’ouvrir, en la ressuscitant des morts, une voie des retour vers l’immortalité, à la chair qui était tombée dans la corruption.

« Ne refuse pas de croire à mes dires : accepte au contraire mes paroles avec confiance et reçois d’humbles exemples une démonstration de la chose. Si tu jettes un petit morceau de pain dans du vin, de l’huile ou un autre liquide, tu le trouveras imprégné de leurs qualités ; su tu mets du fer au contact avec le feu, il sera bientôt rempli de son énergie, et, bien qu’il ne soit par nature que tu fer, il sera plein de la vertu du feu. Ainsi donc, le Fils, Parole vivifiante de Dieu, en s’unissant à la chair qu’il s’est appropriée, selon un monde qu’il est seul à connaître, l’a rendue vivifiante. Il a dit en effet : « En vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. Je suis le pain de vie » (n. 6 : 47) ; et encore : « Je suis le pain vivant, descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra .éternellement ; et le pain que je donnerai c’est ma chair… En vérité, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (n. 6 : 51-54) Ainsi donc, en mangeant la chair du Christ, notre Sauveur à tous, et en buvant son sang, nous avons la vie en nous, nous devenons comme un avec lui, nous demeurons en lui et nous l’avons en nous.

« Il fallait donc qu’il vînt en nous, de la manière qui convient à Dieu, par l’esprit Saint, et qu’il se mêlât en quelque sorte à nos corps par sa sainte chair et son sang précieux, que nous recevons en bénédiction vivifiante comme dans du pain et du vin. En effet, pour que nous ne soyons pas frappés de stupeur en voyant de la chair et du sang présentés sur les saintes tables de nos églises, Dieu a usé de condescendance envers notre faiblesse et a envoyé la puissance de vie dans les éléments qui nous sont présentés ; il les a changés pour les doter de l’énergie de son propre corps, afin qu nous les possédions par une participation vivifiante et que le corps de la vie soit en nous comme une semence vivifiante. N’hésite pas à le croire, cela est vrai, puisque Lui-même a dit clairement : « Ceci est mon corps »t « ceci est mon sang ».

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