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Par hasard, le diable aurait-il cru ?

Imprimer Par Saint Augustin

Évêque d’Hippone en Afrique, Augustin était issu d’une famille de petite bourgeoisie. Pour terminer ses études, il dut toutefois compter sur le soutien financier d’un ami de la famille. Fut-il un « premier boursier » universitaire ? Saint Athanase, patria4rche d’Alexandrie (295-313) fut son maître à penser. « La Vie » écrite de sa main a fortement influencé sa conversion. Une fois baptisé, Augustin vend les quelques arpents de terre qu’il possédait pour mener désormais une vie pauvre et communautaire avec quelques amis dans la maison familiale de Thagaste. Devenu évêque par la voix du peuple, Augustin demeure fidèle à son idéal de pauvreté. Il se définissait avec une légitime fierté : « Augustin, un homme pauvre, né de parents pauvres. » (Serm. 356.13) « Il n’est de béatitude évangélique, rappelait-il souvent, que pour ceux qui se reconnaissent et se comportent en mendiants à la porte de Dieu. Le texte est une réponse à la question : « Pourquoi le Christ alors qu’il avait faim au désert, n’a-t-il pas changé les pierres en pain, tandis qu’aux noces de Cana, il a changé l’eau en vin ? » Texte teinté d’une pointe d’humour, comme vous pourrez en juger.

Voici entre autres actions, que le fils de la Vierge est venu à des noces, lui qui, du sein de son Père, est l’auteur des noces. La première femme a été tirée de l’homme sans le concours d’une femme ; de même l.’homme qui devait détruire le péché est né de la femme sans le concours d’aucun homme. Par l’un nous sommes tombés, par l’autre nous nous relevons.

Et qu’a fait le Christ dans ces noces ? Il a changé l’eau en vin. Quel témoignage de puissance ! Celui qui peut accomplir de tels prodiges a daigné être indulgent. Lui qui a fait du vin avec de l’eau aurait pu transformer les pierres en pain. Il en avait le même pouvoir ; mais il ne l’a pas fait, parce que le diable le lui a suggéré. Vous savez que le Christ notre Seigneur a été tenté, c’est cela que le démon lui a proposé

Le Christ a donc eu faim et il l a bien voulu, car c’était un signe d’humilité. Lui qui était le pain a eu faim ; de même il était la voie et il a été épuisé, la santé et il a été blessé, la vie et il a enduré la mort.Vous savez que lorsqu’il eut faim, le tentateur lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pain ». Et sa réponse t’enseigne comment répondre au tentateur.C’est ainsi que la manière de combattre d’un général est une leçon pour ses soldats. Que répond-il ? « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Et il n’a pas transformé les pierres en pain, lui qui aurait pu le faire aussi bien qu’il avait changé l’eau en vin. Se procurer du pain avec des pierres relevait de la même puissance mais il ne le fit pas pour mépriser le tentateur.

En effet, le tentateur ne peut être vaincu que par le mépris.Et lorsque le Christ fut venu à bout du démon, les anges vinrent et ils le servaient. Pourquoi celui qui disposait d’une telle puissance a-t-il refusé le miracle ici et l’a-t-il accompli, là ? Lis, plutôt, rappelle-toi ce que tu as entendu : lorsqu’il a fait le miracle, c’est-à-dire lorsqu’il a changé l’eau en vin, qu’ajoute l’Evangéliste ? « Et ses disciples crurent en lui ». Est-ce que par hasard le diable aurait cru ?

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