Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

33e Dimanche du temps ordinaire. Année C.

Imprimer Par Jacques Sylvestre

Tenez le coup!

Certains parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas ; il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel. Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom. Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage. Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.

Commentaire :

Arrivé à Jérusalem, Jésus, vraisemblablement selon son habitude, se dirige vers le Temple (19 : 45), ce temple tout neuf, la fierté et le cœur de la vie du Peuple de Dieu. C’est dans cette enceinte, au comble de la tension et sur un profil de croix, que Jésus va livrer tous les enseignements du chapitre 21e. Quelques personnes soulignent la beauté du Temple, et Jésus de les prévenir de sa destruction probable. Déjà, il en avait fait l’annonce lors de sa colère contre les vendeurs du Temple. À la question des Juifs : quel signe fais-tu pour agir ainsi. Jésus avait répondu : « Détruisez ce temple, je le rebâtirai en trois jours (Jn 2 : 19). A ceux qui l’interpellent sur l’imminence de l’événement, Jésus fait un discours en prenant bien soin de dissocier le ruine du Temple de la fin du monde et de nier tout rapport entre l’un et l’autre.

Au début de son intervention Luc rappelle la une mise en garde de Jésus contre les imposteurs. Sans doute, comme dans l’Église de Jean de faux Christ se sont infiltrés, antéchrist qui opèrent des signes et prodiges au nom de Jésus ( 1 Jn. 2 : 18+). L’aspect pervers de leur message était de prévenir les fidèles que « le temps est tout proche ! » L’évangéliste y fait lui-même allusion : « Jésus dit encore une parabole, parce que il était près de Jérusalem et qu’on pensait que le Royaume de Dieu allait apparaître à l’instant même » (19 :11). Le danger que les chrétiens se laissent prendre aux illusions de gens qui s’imaginent que le moment de la fin est proche, que le Royaume de Dieu est sur le point d’apparaître dans sa gloire et que le Fils de l’homme va se montrer sir les nuées d’un moment à l’autre. Après une fièvre passagère, le risque d’une amère déception et d’une sérieuse crise de foi suivrait : « N’allez pas derrière eux ! » clame l’évangéliste. Les guerres et les révoltes n’auront pas valeur de signes précurseurs, elles n’ont aucune relation avec la fin. Luc est convaincu que la fin ne doit pas venir de si tôt. Quel que soit l’ampleur des faits, cela n’a aucune relation avec le fin des temps et le retour du Christ. Seuls des imposteurs peuvent ainsi annoncer la fin pour bientôt. Les persécutions mêmes n’auront aucun rapport avec cette fin des temps. Elles définissent la condition du chrétien dans le monde. Ce qui est davantage à craindre, c’est la fidélité des chrétiens en butte aux persécutions, tant que le monde subsistera. Le souci d’encourager les persécutés est visible chez l’auteur qui ne se gêne pour accentuer les motifs de confiance dans les épreuves.

Au fond, cette page d’évangile n’a pas pour but d’effrayer, mais de donner confiance. Malgré l’ampleur des persécutions et dénonciations venues de toute part, tout aboutira en témoignage. Les souffrances des disciples du Christ serviront de pièces à conviction lorsqu’ils paraîtront devant Dieu. « Nul n’a à se préoccuper de ce qu’il dira et comment il se défendra pour témoigner de sa foi. Je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. »

À cette confiance s’ajoutera la constance dans les épreuves. « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie ». Jésus avait préalablement déclaré : « Qui cherchera à s’assurer sa vie la perdra et qui perdra sa vie la conservera » (17 : 33) La constance, une forme de persévérance que réclament les épreuves de toute vie chrétienne. Les apôtres Paul et Barnabé. tiendront ce discours devant les nouveaux convertis d’Antioche ( Ac. 11 : 23 et 43).

Ne lâchez pas ! enseigne Luc à ses ouailles au cœur de la persécution, tenez le coup.

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