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La cithare

Imprimer Par Saint Ambroise de Milan

Saint Ambroise (339-397) – Fonctionnaire de l’Empire romain, catéchumène élu évêque de Milan, faiseur de chrétiens, semeur d’évangile, défenseur de la foi, l’homme terminait toujours ses lettres par ces mots: « Aimez-moi parce que je vous aime. » Dans une de ses lettres, le saint évêque écrivait: « Dieu se promène dans le Paradis lorsque je lis les divines Écritures. » Et encore: « La prière doit commencer par la louange de Dieu le Tout-puissant à qui tout est possible et dont la volonté est de nous exaucer. Puis vient la supplication. Tu ne dois pas attaquer ta prière comme un affamé la mangeaille. Ouvre-la par la louange à Dieu. » Lisons cet extrait de son commentaire sur les psaumes, nous comprendrons mieux la piété qui enivrait cet homme, le maître de saint Augustin.

Bien que toute la sainte Écriture exhale la grâce, c’est surtout vrai du savoureux livre des psaumes. En effet, Moïse lui-même, qui nous a raconté en prose l’histoire des Anciens, lorsqu’il a fait passer la mer Rouge à son peuple dans une épopée mémorable, voyant le roi Pharaon s’engloutir avec ses troupes, dépassa encore son génie et chanta au Seigneur un cantique triomphal. Sa soeur Marie prenant à son tour le tambourin, excitait ses compagnes en disant: Chantons le Seigneur, il s’est couvert de gloire; le cheval et le guerrier, il les a jetés à la mer.

L’histoire éduque, la loi enseigne, la prophétie annonce, la réprimande châtie, la morale persuade; dans le livre des psaumes, on trouve l’avancement de tous et comme un remède pour la santé du genre humain… Si quelqu’un cherche à récapituler l’histoire des Anciens et veut en suivre les exemples, il possède, résumé dans un seul psaume, tout l’enchaînement de cette histoire, afin de garder ce trésor dans sa mémoire grâce au résumé fourni par cette lecture.

Qu’est-ce donc que le psaume? C’est un instrument de musique dont joue le saint Prophète avec l’archet du Saint-Esprit et dont il fait résonner sur la terre la douceur céleste. Avec les lyres et leurs cordes, c’est-à-dire avec des restes morts, il rythme les voix différentes et inégales et dirige le cantique de louange divine vers les hauteurs du ciel. En même temps, il nous enseigne qu’il faut commencer par mourir au péché; qu’ensuite seulement il faudra exercer les oeuvres des différentes vertus qui feront parvenir jusqu’au Seigneur l’agrément de notre piété.

Qu’y a-t-il de meilleur qu’un psaume? David dit très bien: Louez le Seigneur, car le psaume est une bonne chose: à notre Dieu, louange douce et belle! Et c’est vrai. Car le psaume est bénédiction prononcée par le peuple, louange de Dieu par l’assemblée, applaudissement par tous, parole dite par l’univers, voix de l’Église, mélodieuse profession de foi, complète célébration par la hiérarchie, allégresse de la liberté, exclamation de joie, tressaillement d’enthousiasme. Il calme la colère, éloigne les soucis, soulage la tristesse. Il nous protège pour la nuit, il nous instruit pour le jour. Il est bouclier des craintifs, fête des hommes religieux, rayon de tranquillité, gage de paix et de concorde. Comme une cithare, il réunit en un seul chant des voix diverses et inégales. Le lever du jour répercute le psaume et son déclin en résonne encore.

Dans le psaume, enseignement et agrément rivalisent: on le chante pour se réjouir et en même temps on l’apprend pour s’instruire. Lorsque tu lis les psaumes, que de richesses tu rencontres! Lorsque je lis dans les psaumes: Cantique pour le bien-aimé, je suis embrasé par un désir d’amour divin. Chez eux, je trouve rassemblés la grâce des révélations, les prophéties de la résurrection, le trésor des promesses. Chez eux, j’apprends à éviter le péché, je désapprends la honte de faire pénitence pour mes fautes.

C’est ainsi que le saint Prophète David se rappelle que son âme doit psalmodier pour son rachat, lorsqu’il dit: Je jouerai le psaume pour toi, Dieu, sur la cithare. Saint d’Israël! Mes lèvres jubileront lorsque je chanterai pour toi, et mon âme que tu as rachetée.

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