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L’inépuisable bonté de Dieu. Psaume 103 (102)

Imprimer Par Hervé Tremblay, o.p.

Il s’agit sans doute de l’un des psaumes les plus beaux. C’est un hymne d’action de grâce pour l’inépuisable bonté de Dieu. La célèbre déclaration de 1 Jn 4,8.16 « Dieu est amour » semble s’en inspirer. Cela n’empêche pas qu’il est difficile de classer ce psaume ; il n’entre, comme tel, dans aucun des genres littéraires habituels. La notion centrale du psaume est la « bénédiction » : bénédiction descendante de Dieu sur l’humanité, à laquelle répond la bénédiction ascendante des hommes envers Dieu. C’est ce qui détermine la structure du psaume : deux bénédictions ascendantes encadrent l’écrit (v.1-2 et 20-22), la partie centrale étant une longue bénédiction descendante (v. 3-19), divisée en deux parties : le chant du pardon (v.3-10) et le chant de la fragilité humaine face à l’amour éternel de Dieu (v.11-19). Du point de vue de la composition littéraire, on dirait un tissu de citations bibliques. Il s’agit certainement d’un psaume assez tardif puisqu’il s’y trouve des mots en araméen, langue qui a peu à peu supplanté l’hébreu dans les siècles précédant la venue du Christ. On invoque aussi sa théologie plus avancée.

• Première bénédiction ascendante (v.1-2) : Contrairement aux psaumes semblables, l’invitation à bénir Dieu ne s’adresse pas ici à l’assemblée d’Israël ou aux peuples de la terre, mais au psalmiste lui-même.

• Bénédiction descendante (v.3-19). Première partie : le chant du pardon (v.3-10). Dans une première strophe (v.3-5), le psalmiste commence par énumérer cinq bienfaits accordés par Dieu à son fidèle : il pardonne toutes les offenses (v.3a), il guérit toute maladie (v.3b), il réclame la vie à la tombe (v.4a), il le couronne d’amour et de tendresse (v.4b), il comble de biens ses vieux jours (v.5a). Longévité, bien-être et santé sont liés à la vie morale, selon les conceptions de l’époque. Cette strophe se termine par l’évocation de l’aigle, symbole de renaissance et de perpétuelle jeunesse (cf. Is 40,31). La deuxième strophe (v.6-7) constitue une profession de foi dans l’action de Dieu, en évoquant la sortie d’Égypte sous la conduite de Moïse, qui est l’événement fondateur d’Israël (cf. Ex 14). La troisième strophe (v.8-10) cite presque Ex 34,6 qui décrit les trois grands attributs du Dieu d’Israël révélés à Moïse : sa tendresse, sa pitié, son amour (cf. Ps 86,15 ; 145,8 ; Nb 14,18). Les v.9-10 traitent du pardon et présentent Dieu comme un juge bon qui ne tient pas rigoureusement compte des péchés (cf. Is 57,16 ; Jr 3,4-5.12).

La deuxième partie : le chant de la fragilité humaine (v.11-19). La première strophe (v.11-13) décrit l’infinie grandeur de l’amour de Dieu ; une dimension verticale (cf. Ps 36,6 ; 57,11), une dimension horizontale et une dimension paternelle (cf. Jr 31,9. La comparaison de Dieu avec un père est quand même rare dans l’Ancien Testament). Voir encore Ep 3,18-19. La deuxième strophe (v.14-16) constitue le début de l’antithèse dont la troisième strophe sera le second membre. Le psalmiste y décrit la fragilité humaine en la comparant à la poussière et à l’herbe ou aux fleurs des champs qui, dans le chaud climat du pays, ne résistent pas longtemps aux ardeurs du soleil brûlant (cf. Jb 14,2 ; Ps 39,5-6 ; 78,39 ; 90,3-6 ; 104,29-30 ; Qo 12,7 ; Is 40,7-8). La troisième strophe (v.17-19) constitue la partie positive de l’antithèse. Après un « mais » retentissant, le psaume chante la splendeur divine en opposant la brièveté de la vie humaine à l’éternité de Dieu, ainsi qu’à l’éternité de son amour (cf. Ps 102,10-13 ; Sg 11,21-26 ; 12,12-18). On peut donc dire que la miséricorde de Dieu naît de la connaissance qu’il a de la fragilité humaine. Sur le trône de Dieu dans les cieux cf. Ps 11,4 ; 47,9.

• Deuxième bénédiction ascendante (v.20-22) : à la suite des innombrables bénédictions qui descendent du ciel sur terre, un immense chant de louange monte maintenant vers le Seigneur. Trois grands chœurs sont invités à y participer : les messagers du Seigneur, c’est-à-dire les anges, les armées du Seigneur, c’est-à-dire les astres, et finalement la création tout entière.

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