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Lettre aux Magnésiens

Imprimer Par Ignace d'Antioche

Apôtre, martyr, évêque, telle est la triple couronne qu’il faut déposer sur la tête d’Ignace, évêque d’Antioche vers de 69. Ne faites rien sans l’évêque, attachez-vous à l’évêque, aux prêtres et aux diacres. J’ai fait tout mon possible comme un homme choisi pour faire l’unité, pour nouer les hommes en Jésus Christ. Son nom de Porte-Dieu révèle bien son originale personnalité. Le seul vivant, clame-t-il, est celui qui croit en Jésus Christ. Amené à Rome pour y être martyrisé, il écrit : C’est de bon cœur que je vais mourir pour Dieu si du moins vous ne m’en empêchez pas. Sont restées de lui des lettres aux églises d’Asie mineure, dont celle aux chrétiens de Magnésie, située à quelques kilomètres d’Éphèse. Ignace semble préoccupé par la jeunesse de son successeur sur le siège épiscopal. C’est en cette ville d’Antioche que le qualificatif chrétien fut employé pour la première fois (Ac.11 : 26)

Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu) à l’Église qui est bénie dans la grâce de Dieu le Père en Jésus Christ notre Sauveur. C’est en lui que je salue l’Église qui est à Magnésie, sur les bords du Méandre, et je lui souhaite abondance de joie en Dieu le Père et en Jésus Christ.

Apprenant que votre charité est parfaitement ordonnée selon Dieu, j’ai décidé dans ma joie, de vous adresser la parole dans la foi en Jésus Christ. Honoré d’un nom d’une divine splendeur, alors que je me déplace chargé de chaînes, je célèbre la louange des églises et je leur souhaite d’être unies à la chair et à l’esprit de Jésus Christ, notre éternelle vie ; je leur souhaite d’être unies dans la foi et la charité, qui est supérieure à tout ; je leur souhaite ce qui est le plus important : l’union avec Jésus et le Père de qui, après avoir résisté à toutes les attaques du prince de ce monde, et y avoir échappé, nous atteindrons Dieu. Puisque j’ai eu l’honneur de vous voir par l’intermédiaire de Damas, votre évêque digne de Dieu, des dignes presbytres (les anciens, responsables de l’église locale) Bassus et Appolonius, et de son compagnon de service, le diacre Zotion, je souhaite jouir de sa présence, car il est soumis à l’évêque comme à la grâce de Dieu, et au presbytérium (ensemble des presbytres ) comme à la loi de Jésus Christ.

Il convient que vous n’abusiez pas du jeune âge de votre évêque ; au contraire, par égard à la puissance de Dieu le Père, il convient que vous lui accordiez toute votre vénération. Car je sais que vos saints presbytres n’ont pas abusé de la jeunesse qui paraît en lui ; comme des gens guidés par une prudence divine, ils se soumettent à lui, non pas à lui, mais comme à l’évêque et au gardien de tous, au Père de Jésus Christ. Par respect pour ce Père qui nous a aimés, il convient d’obéir sans aucune dissimulation. Car, lorsqu’on dissimule, ce n’est pas l’évêque visible que l’on égare, c’est l’évêque invisible que l’on essaie de tromper. En agissant ainsi, ce n’est pas à l’homme de chair qu’on s’adresse, mais à Dieu, qui connaît les choses cachées.

Il convient donc de ne pas seulement se faire appeler chrétien, mais de l’être aussi ; de même que certains ont toujours le nom de l’évêque à la bouche, mais font tout sans lui. Ceux-là ne me paraissent pas avoir une bonne conscience, car leurs assemblées ne sont pas légitimes ni conformes au commandement du Seigneur.

Car les choses ont leur fin, et voici devant nous, toutes deux également, la mort et la vie, et chacun doit aller à son lieu propre. C’est ainsi qu’il y a deux monnaies, celle de Dieu et celle du monde ; et chacune d’elles a sa marque particulière. Les infidèles portent celle de ce monde, et les fidèles qui sont dans la charité portent la marque de Dieu le Père par Jésus Christ. Si grâce à celui-ci, nous ne décidons pas librement de mourir pour participer à sa passion, sa vie n’est pas en nous.

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