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Une vraie horloge grand-père

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Hier, nos voisins de camping se sont chamaillés durant toute la journée. D’abord, un ronronnement sourd, puis quelques éclats, un chaudron qu’on dépose brusquement, des bras en l’air, une fuite dans la tente, une autre aux toilettes, enfin les grandes invectives, le volume au maximum avec tout le vocabulaire de la sacristie.

Ce matin, les deux pigeons roucoulent, se font des délicatesses et rient aux éclats. L’orage a cédé la place au soleil.

Un couple à l’image du monde…

Durant les 2 500 dernières années, la terre n’a connu que deux ou trois cents années de paix. Depuis le premier conflit entre Caïn et Abel, le monde entier gémit dans les douleurs d’un enfantement difficile. On ne croyait plus possible les tortures comme au temps de Néron et d’Henri VIII. Nous avons eu Hitler et nous savons qu’il a des imitateurs dans certains pays du monde. Même des pays pas loin du nôtre. On affirme que 1 500 enfants sont maltraités par leurs parents, non pas chez les Papous d’il y a deux siècles, mais actuellement dans notre beau Québec chéri! Depuis que le monde est monde, les hommes et les femmes connaissent guerres et soulèvements; ils cèdent allègrement à la tentation de s’entre-déchirer.

En même temps que la planète se détériore, elle vit des avancées sur d’autres plans. Les hommes et les femmes se donnent de plus en plus de moyens de protection. Pensons aux Nations Unies, à la Croix Rouge. La télévision nous fait mieux connaître les autres et, du même coup, nous permet de mieux les comprendre. Des mouvements de solidarité s’organisent un peu partout.

Il y a donc, depuis toujours, une sorte de va-et-vient entre la guerre et la paix, entre l’épreuve et la joie, entre l’échec et le succès; et c’est ce balancement continuel qui permet aux hommes et aux femmes de se dépasser et d’aller jusqu’au bout de leurs possibilités. On prend souvent des bouillons avant de devenir de bons nageurs.

Notre vie, comme l’histoire du monde et la natation, est une horloge grand-père; elle balance continuellement de l’épreuve au succès, des états de mort aux situations de naissance. Et c’est à nous promener de l’un à l’autre, à travers l’un comme à travers l’autre, que nous arrivons progressivement à la vie, que nous arrivons à la liberté. En même temps que la nuit disparaît, le jour se lève.

Le petit gars qui apprend à nager peut se décourager; mais s’il est têtu, assez têtu pour se reprendre quand il coule au fond de l’eau, pour recommencer à chaque échec, il peut devenir un bon nageur.

Nous pouvons nous laisser abattre par l’épreuve. Nous pouvons aussi la surmonter. Nous pouvons nous laisser écraser par l’échec. Nous pouvons aussi nous en servir pour nous dépasser. Jésus ne disait-il pas: C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.

C’est la seule façon d’être une horloge qui donne l’heure juste!

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