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École de la prière

Prières diverses

Imprimer Par Jean-Pierre Dubois-Dumée, Albert-Marie Besnard , Synésius de Cyrène

Apprends-moi, Seigneur, à dire merci
Jean-Pierre Dubois-Dumée

Christ de Pâques,
source de la sève de l’Esprit d’amour,
fais de nous les sarments vivants
de cette Vigne dont Tu es le Cep.
Greffe-nous sur Toi, solidement.
Greffe-nous sur ton grand corps spirituel
qui dépasse les frontières visibles
du monde et de l’Église.
Seigneur, tu sais combien
Notre esprit lui-même reste charnel
si tu ne l’irrigues pas de ta vie!
Que ton Esprit, amour créateur,
circule en nous,
habite nos actes et nos prières.
Alors, comme le sang irrigue
la moindre cellule du corps,
comme la sève irrigue
la plus petite feuille de l’arbre,
nous serons en communion
avec toute la terre.

Nous croyons qu’en Toi,
Seigneur, le Vivant,
les hommes ne sont plus seulement
des individus juxtaposés, isolés,
mais un seul vrai Corps qui rassemble
tous les vivants et tous les morts.

Branche-nous, Seigneur sur ta Vie!
Car plus nous serons greffés sur Toi,
plus nous serons proches des hommes
et plus nous entrerons
dans l’amour créateur.

Brèche
par Fr. Albert-Marie Besnard o.p (1926-1978)

Par où tu as fait brèche dans ma vie
par là je fais saillie vers ta lumière
et je vais, je m’avance et je vais
où me conduit la colonne de fumée légère
qui s’élève encore de cette Bouche qui a fait feu.
J’ai bu au torrent de ta Parole
partout j’ai reconnu ta voix, ta voix unique,
c’est pourquoi maintenant sans besoin de paroles
je peux suivre le moindre filet de ta voix :
que seulement vers elle je tourne mon visage
et je vais, je m’avance et je vais
où me conduit l’inimitable frémissement
de ta voix qui remplit le monde.

Par où tu as jeté ta promesse
c’est là que d’un seul élan je me porte
par cette déchirure que je me jette
non dans le vide mais sur ta trace
ta voix est une huile épandue
je me guide à son parfum
en un instant tu viens, tu disparais
mais à ta résonance je m’accroche
comme à la crinière d’une cavale.
Et je vais, je m’avance et je vais
je ne sais où, sinon où me conduisent
ce parfum, ce timbre, ta voix, ton Nom.

Galop rapide, course immobile
si tu ne veux être projeté à travers la nuit
tiens-toi ferme en confiance éperdue
les rênes ne sont pas entre tes mains
oublie tout départ, tout but, tout horizon .
ô Toi, ô Toi, ô Toi.
Et je vais, je m’avance et je vais
par la route d’or sur la haute mer
par où tu conduis le peuple de tes pauvres.

Je chante
de Synésius de Cyrène (4 ième siècle)

Ô Christ, ta génération ineffable
A précédé l’origine des siècles ;
Tu es la source de la lumière,
Le rayon qui brille avec le Père,
Tu dissipes l’opacité
Pour illuminer l’âme des saints.
C’est toi qui as créé le monde,
Les orbes des astres.
Tu soutiens le centre de la terre.
Tu sauves tous les hommes.
Pour toi le soleil commence sa course
Et illumine nos journées.
Par toi le croissant de la lune
Dissipe les ténèbres de la nuit.
Par toi germent les semences
Et paissent les troupeaux.
De ta fontaine inépuisable
Jaillit la splendeur de la vie
Qui donne à l’univers sa fécondité.
Et ton sein fait naître,
Lumineuse, l’intelligence de l’homme.
[…]
en célébrant ainsi ta gloire,
je chante aussi ton Père
en sa majesté suprême.
Je chante, du même trône, l’Esprit,
Entre le Principe et l’Engendré.
En célébrant la puissance du Père
Mes chants éveillent en moi
Les sentiments les plus profonds.
Salut, ô source du Fils !
Salut, ô image du Père !
Salut, ô demeure du Fils !
Salut, ô empreinte du Père !
Salut, ô puissance du Fils !
Salut, ô beauté du Père !
Salut, ô Esprit très pur,
Lien du Fils et du Père !
Ô Christ, fais descendre sur moi,
Cet Esprit avec le Père.
Qu’il soit pour mon âme une rosée
Et la comble de tes dons royaux.

Hymnes (Patrologie Migne 66, 1608-9)

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