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Humains sans frontières

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

On dit que, durant les 2 500 dernières années, la terre n’a connu que deux ou trois cents années de paix. Ou, pour être plus précis, il y a deux ou trois cents ans où nous n’arrivons pas à localiser un conflit quelque part sur la planète. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y en ait pas eu. Depuis le premier conflit entre Caïn et Abel, le monde entier gémit dans les douleurs d’un enfantement difficile. Les tortures, comme au temps de Néron à Rome ou d’Henri VIII en Angleterre ont eu des descendants. De nos jours encore, on maltraite et on tue. Il n’existe pas de guerre sans injustice. Ni de guerre juste d’ailleurs! Il paraît que, au Québec, 1 500 enfants sont maltraités par leurs parents. Il ne se passe pas une semaine sans que les journaux révèlent l’assassinat d’une femme ou d’un homme par son conjoint. Depuis que le monde existe, les habitants de cette terre connaissent guerres et soulèvements. Ils sont témoins de tremblements de terre, d’épidémies et de famines.

Le monde se détériore. En même temps, il s’améliore. Nous nous donnons de plus en plus de moyens de protection. Les Nations Unies, la Croix Rouge, les organismes comme Médecins sans frontière placent la terre du côté du soleil. Les mass médias nous permettent de nous connaître et de mieux nous connaître pour mieux nous comprendre. Des mouvements de solidarité s’organisent pour construire plutôt que détruire.

Depuis toujours, l’humanité se déplace dans un va-et-vient entre la guerre et la paix, entre l’épreuve, l’échec et le succès. Ce balancement continuel permet aux hommes et aux femmes de se dépasser, d’aller jusqu’au bout de leurs possibilités.

Le petit garçon qui commence à jouer au hockey patine sur la bottine pendant un certain temps. Il joue plusieurs parties sur le derrière avant de réussir à passer la rondelle et à faire des montées qui ont de l’allure. Malgré les déboires des premières fois, il pose de bons gestes dès la première partie.

Dans notre vie, dans l’histoire du monde, il en va de même. En nous promenant entre l’épreuve et le succès, entre des situations de mort et des situations de naissance, nous avançons. Nous parvenons progressivement à la liberté. En même temps que la nuit disparaît, le jour se lève.

Le jeune hockeyeur peut se décourager. S’il est têtu, assez têtu pour se relever chaque fois qu’il pique du nez, il peut devenir un bon joueur. Nous pouvons nous laisser abattre par l’épreuve. Nous pouvons aussi la surmonter. Nous pouvons utiliser l’échec pour nous dépasser. Après Médecins sans frontières et Reporters sans frontières, il faudrait peut-être mettre sur pied Humains sans frontières. Pas seulement pour traverser les frontières des pays, des peuples, des races. Mais aussi pour dépasser les frontières intérieures des blocages, des résistances, des découragements, des peurs…

Jésus, qui a connu l’épreuve suprême de la mort, nous dit: Ne vous effrayez pas… C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.

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