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Responsable de la chronique : Jacques Sylvestre, o.p.
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Père Jacques. Je ne lui dis rien, je l’aime

Imprimer Par Sophie Tremblay

Pere_JacuesCe beau livre nous vient du père Jacques, moine de l’abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Nazareth de Rougemont. Le père Jacques a fait des études en théologie et il anime des retraites et des sessions à l’hôtellerie du monastère de Rougemont. Dans un style libre, vivant et imagé, il parle de la prière sur le registre de la relation amoureuse, reprenant la phrase de Thérèse d’Avila : « Il ne s’agit pas de beaucoup penser, mais de beaucoup aimer. » Pour prier, il faut prendre le chemin de ce lieu intérieur que l’auteur appelle cour profond, et qu’il ne confond pas avec l’effusion émotive. La prière n’est pas tant une activité mentale ou intellectuelle qu’une activité affective. Il ne s’agit pas de réfléchir aux attributs de Dieu mais de développer avec lui une relation cour à cour. Les comparaisons avec l’amour et l’amitié abondent d’un chapitre à l’autre. La prière apparaît comme une activité bien incarnée qui fait appel à tout ce qui vibre chez les humains.

Le père Jacques donne une méthode de prière dans un ouvrage qui se lit avec bonheur et qui n’a en rien l’aridité d’une méthode. Tout priant commence par s’entretenir avec Dieu. Dans ces conversations avec Dieu, l’auteur suggère d’éviter l’enflure verbale, de rechercher le vrai plutôt que le sublime, d’exprimer à Dieu même la colère, la déception ou l’indifférence plutôt que de se mettre un masque pieux. À travers ces conversations avec Dieu, il y a des espaces de silence. La prière contemplative consiste tout simplement en l’élargissement de l’espace de silence dans la prière. Mais ce silence est toujours traversé par des distractions. Il s’agit alors de porter son attention sur quelques mots qui ont un contenu expressif et dont la répétition à intervalles variables permet de se recentrer sur le désir de Dieu et l’écoute de sa voix silencieuse dans le cour profond. Un simple regard ou un geste peuvent aussi servir à transformer les distractions en occasions de se tourner vers Dieu. Je n’hésiterais pas à recommander avec enthousiasme la lecture de ce livre à toute personne qui se demande comment prier ou qui veut approfondir sa vie de prière.

Père Jacques, de l’abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Nazareth de Rougemont.

5 thoughts on “Père Jacques. Je ne lui dis rien, je l’aime

  1. DOAN Marie-Ange

    Je souhaiterais savoir si le Père Jacques a écrit (ou écrira) d’autres livres que celui-ci que j’ai adoré… et qui me parle énormément…
    Merci de votre réponse

    Reply

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