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La parole

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

L’être humain parle. Parmi les êtres vivants, il est le seul à pouvoir parler. Bien sûr, les animaux communiquent. Le chien jappe devant le danger. La lionne rugit pour appeler ses lionceaux. La chatte miaule à la porte pour entrer. Mais ce ne sont que des cris, des signaux tout au plus. L’être humain parle. Il agence des mots pour traduire une pensée.

Quand l’être humain parle, il veut livrer un message. Ce qu’il porte en silence au fond de lui-même, il veut le faire connaître à d’autres. Par la parole, l’être humain s’expose, il livre son secret, il se dévoile. Il sort de lui-même, de son univers intérieur. Il se met en scène. Parler, c’est se dire, se faire connaître.

Quand nous parlons, nous entrons en communication avec un autre ou plusieurs autres. Notre parole est toujours dirigée ailleurs. Même quand nous parlons tout seuls, nous adressons la parole à quelqu’un. La parole n’est jamais une expression lancée au hasard. Elle est dirigée, orientée. Parler, c’est parler à quelqu’un.

Par la parole adressée à l’autre, nous créons des liens. La parole établit un terrain commun, un lieu où celui qui parle et celui qui écoute se retrouvent. C’est une idée, une nouvelle, une demande, un avertissement; bref, un message est transmis et reçu. L’action de parler suppose l’action d’écouter. Parole et silence font bon ménage. Le dialogue n’est possible que dans le rapprochement de ces deux actions.

Nous parlons parce que nous ressemblons à Dieu. Dieu est parole. D’un bout à l’autre de la bible, Dieu parle. Dieu se dit. Il communique une parole qui crée, une parole qui fabrique du neuf, une parole qui change des choses, une parole qui fait alliance. Il n’est donc pas surprenant que la liturgie, le culte d’Israël comme la liturgie chrétienne, célèbre en forme de parole. Toute liturgie est liturgie de la Parole. Donc célébration de communication, de dialogue, d’échange, de communion.

Un jour, dans la synagogue de son village, Jésus fit la lecture d’une parole de Dieu selon le prophète Isaïe. Il commenta en disant: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit». Devant l’assemblée, Jésus était en personne la Parole de Dieu, le Verbe fait chair. Dieu parlait depuis le commencement du monde; maintenant, en Jésus, il devenait parole visible, repérable dans notre langage humain. Parole de Dieu devenu parole d’homme.

En Jésus, Dieu a tout dit, et il n’a plus rien d’autre à dire. Et quand j’espère une parole de sa part, il ne dit rien d’autre que Jésus lui-même.

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