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Éminente dignité de la famille

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Durant le temps des fêtes, j’ai reçu une carte de voux d’une famille amie. La carte était accompagnée d’une photo des jeunes parents entourés de leurs trois beaux garçons. Dans le message, les parents m’annonçaient: «Les garçons vont avoir une petite sour au printemps. Et toute la famille est déjà heureuse de la bonne nouvelle.»

Un jeune couple qui a moins de dix ans de mariage et quatre enfants. Situation rare, de plus en plus rare. Au Québec, à peine 18% des familles ont trois enfants et plus. Nous sommes plutôt habitués à des ménages sans enfant ou des familles à un enfant. Depuis 1970, les statistiques révèlent que le nombre moyen d’enfants par femme se limite à moins de deux. Nous voyons de plus en plus d’enfants qui vivent avec un seul de leurs parents. Depuis 1986, 20 000 couples se séparent chaque année. On parle aussi de familles reconstituées ou recomposées pour désigner une nouvelle alliance d’un parent avec un autre conjoint que le père ou la mère des enfants. De plus en plus d’enfants se voient assigner plusieurs papas ou plusieurs mamans. Tout bouge dans le petit monde de la famille.

Petit monde et pourtant grande influence sur l’ensemble de la société. La famille est la première société que connaissent les enfants. C’est leur premier lieu d’apprentissage de la vie en société. C’est donc dire toute l’influence que la famille exerce sur les jeunes citoyens et les jeunes citoyennes qui entrent ainsi progressivement dans l’univers des grandes personnes.

La famille influence la société, mais elle-même est influencée par la société. Les chambardements qu’elle connaît lui viennent en grande partie des transformations profondes que connaît la communauté humaine. Les valeurs mises de l’avant de nos jours exercent un impact sur les options familiales. L’importance qu’on accorde de plus en plus à l’individu fait en sorte qu’un homme ou une femme va donner plus de poids à sa carrière qu’on pouvait le faire autrefois. Et accorder plus de place à la carrière, c’est souvent en mettre moins sur la famille et sur les enfants dont on rêve.

Mais au-delà des transformations sociales qui amènent les changements familiaux, il y a l’amour. C’est le fondement d’abord du couple, puis de toute la famille. Sa quête reste la même. Son impact sur la réalisation et l’épanouissement de chaque membre de la famille demeure essentiel. Pour les chrétiennes et les chrétiens, la foi donne au projet familial une orientation, la même depuis Jésus et pourtant une orientation toujours neuve.

À des noces à Cana en Galilée, Jésus révèle l’intention de Dieu concernant la réalité familiale comme toute réalité humaine. Les signes que relate le récit selon saint Jean font voir le couple et la famille comme une alliance inscrite dans l’alliance de Dieu avec l’humanité. Un homme et une femme qui donnent la vie et se donnent la vie mutuellement expriment de cette façon le don de vie que Dieu offre en son Fils. Les membres d’une famille où règne l’amour disent quelque chose de l’amour de Dieu pour l’humanité. À travers l’éducation qu’ils reçoivent, des enfants accèdent à une liberté enracinée dans la libération pascale du Christ. Éminente dignité de l’amour conjugal et familial que Dieu choisit pour se dire et communiquer avec nous.

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