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Bienheureuse hospitalité

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Nous traversons actuellement une des périodes de l’année les plus fournies en contacts et en rencontres. Les rues débordent. Les magasins reçoivent un nombre presque incalculable de clients. Nous sommes partout, à croire que la planète vient de déménager chez nous. Intéressants pour certains, agaçants pour d’autres, le va-et-vient des foules n’est pas l’essentiel du temps des fêtes. Ce qui nous occupe et nous préoccupe surtout, ce sont les réceptions et les veillées entre parents ou entre amis. Occasion de fêter, de nous réjouir de nos bonheurs et de nous accorder un répit par rapport à nos malheurs. Occasion aussi de renouer avec de vieilles amitiés qui ne peuvent pas s’exprimer autant que nous le souhaitons.

Le temps des fêtes, un temps pour l’hospitalité. Nous ouvrons la porte. Nous laissons entrer. En te laissant entrer chez moi, j’accepte que tu partages pour un moment mon univers. Que nous allions ou non jusqu’aux confidences, peu importe. Tu es là. Moi aussi. Nous partageons un moment où nous nous accordons mutuellement de l’attention. Nous existons pour quelqu’un. Quelqu’un existe pour nous.

Que tu sois plus grand ou plus petit que moi, peu importe. Peu importe que ta compétence et tes talents dépassent les miens. Dans l’hospitalité, nous sommes égaux. Chacun a sa richesse à partager. Chacun apporte à l’autre le meilleur de lui-même.

Nous lançons un «comment vas-tu?» aux allures conventionnelles. Une simple introduction. Les vraies questions viennent après cette entrée en matière. Les vraies questions, les vraies nouvelles, les vrais intérêts, les vraies confidences.

L’hospitalité suppose l’ouverture, quand nous n’avons pas peur d’être envahis. N’est hospitalier que celui ou celle qui souhaite être habité par l’autre, partager un bout de vie. Avec le désir que tout le reste de l’existence soit marqué du souvenir de cette rencontre.

Un vieux texte aux accents de bonne nouvelle raconte l’hospitalité qu’une femme âgée mais enceinte accorda à une jeune fille également enceinte. La rencontre a eu lieu, il y a environ 2000 ans. L’évangile de Luc met en scène Marie qui arrive chez Élisabeth. Les deux femmes se rencontrent, des retrouvailles joyeuses. La rencontre est si émouvante que les deux femmes sont remuées jusqu’au plus profond d’elles-mêmes. Jusque dans le trésor mystérieux qui habite leur sein. L’enfant que chacune porte se réveille et communie à la joie de sa mère. C’est l’hospitalité à son sommet. La sainte hospitalité parce que c’est Dieu qui s’émeut dans l’émotion des enfants et dans celles de leurs mères.

Bienheureuse hospitalité où nous accueillir mutuellement, c’est aussi accueillir Dieu.

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