Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 8e Dimanche (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

À l’école du Maître de Miséricorde!

L’Évangile, ce matin, nous ramène, chacun/chacune de nous, à nous-même. Il nous invite à nous centrer avant tout sur notre état intérieur personnel. Non pas dans une démarche narcissique, comme pour nous complaire en nous-même. Bien au contraire, nous le verrons tout de suite, c’est pour notre meilleur ajustement à la vie et aux personnes qui nous entourent.

Notre monde intérieur et notre être personnel sont certainement des réalités complexes qui ne manquent pas de charmes, de beautés et de forces, mais qui sont aussi marqués de blessures et de fragilités. Ce vécu intérieur, nous n’avons jamais fini de l’explorer pour le mieux comprendre. Les savants, psychologues et autres scientifiques, ont beaucoup à dire sur le sujet, avec leurs catégories, leurs observations et leurs théories. Mais il ne s’agit pas pour nous, en cet instant, de faire savant

Jésus y va tout simplement de quelques images qu’il nous est facile de décoder; il nous parle en paraboles.

Premières images : celle de l’aveugle qui guide un autre aveugle et celle de celui qui a une poutre dans son œil et qui voudrait enlever la paille qui est dans l’œil de son frère, de sa sœur. Dans les deux cas, Jésus décrit cette tendance de vouloir nous porter vers les autres, prétendument pour les aider, sans vraiment en avoir les moyens, la liberté et la compétence pour le faire.

Entre ces deux images, celle de l’aveugle et celle de la poutre dans l’œil, nous avons une référence intéressante qui apporte, on dirait, un espoir de solution à notre problème. « Le disciple n’est pas au-dessus du maître; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. » Cette petite phrase n’est pas là par hasard. Comme si elle était détachée du reste et sans rapport avec ce qui l’entoure.

Dans ce maître auprès duquel nous sommes invités à chercher une formation, ne pouvons-nous pas reconnaître le Christ, qui s’offre à nous aider, à nous apporter une guérison, une transformation, moyennant notre conversion intime et nécessaire pour l’accueillir et le suivre en toute notre vie. Lui qui vient restaurer en nous l’image de Dieu que notre hypocrisie, notre orgueil, notre désobéissance ont déformée. Jésus qui nous révèle notre véritable situation d’aveugle-né et de dureté de cœur, et qui nous offre le moyen d’y remédier.

Oui, nous sommes aveugles de naissance. Avant de nous instaurer les guides les uns pour les autres nous avons besoin d’être guéris de notre aveuglement. Celui qui peut nous guérir, c’est Jésus, notre maître et notre sauveur, l’envoyé du Père qui vient nous ouvrir les yeux et le cœur pour faire de nous des êtres de lumière et d’amour véritable.

Ce même Seigneur nous rappelle tout ce chemin intérieur à parcourir – sous la mouvance de l’Esprit – qui s’appelle conversion, prise de conscience et travail d’abord sur soi-même pour enlever la poutre qui déforme notre regard et nous éloigne de la miséricorde nécessaire à toute intervention correcte auprès de nos frères, de nos sœurs.

La visée de tout cela, on le voit bien, c’est de faire de nous des êtres bons qui produisent de bons fruits par leur parole et par leurs actes, des êtres qui vont ressembler à Jésus, des êtres de tendresse et de bienveillance, qui sauront imiter les Père de miséricordes. Le bon fruit de la miséricorde viendra de notre être de miséricorde et de pardon. « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ».

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