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Responsable de la chronique : Yves Bériault, o.p.
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Un savant à la recherche de Dieu : Jean Rostand

Imprimer Par Jean Rostand

 

Ce français, à la fois moraliste, biologiste, historien des sciences,… a une œuvre littéraire et scientifique très abondante. Il est né le 30 octobre 1894 et décédé le 4 septembre 1977. A l’occasion de sa mort, le Père A. M. CARRE, dominicain, de l’Académie française, a prononcé ce mot au cimetière de Ville-d’Avray, le 6 septembre 1977.

C’est au nom de l’amitié que je prends la parole ici. Jean Rostand n’était pas opposé à des obsèques religieuses. Mais ses intimes et aussi les responsables de l’Église ont pensé que le vœu de Jean Rostand n’ayant jamais été formulé de façon positive, nous risquions de ne pas respecter suffisamment les convictions profondes de celui qui vient de nous quitter.

On parle beaucoup d’hommes en recherche. Mais bien souvent ces mots manquent de rigueur, et cachent des facilités. Chez Jean Rostand la recherche était une passion, en même temps qu’une source permanente d’inquiétude. Cette passion, il l’appliqua bien sûr dans le domaine de la science qui était la sienne. Il déclarait : « Tout est merveilleux dans la nature. Si bas que vous descendiez dans l’échelle des êtres, cela dépasse l’imagination ». Et en même temps, à l’idée que sans doute l’homme pourrait un jour transformer l’homme, son enthousiasme s’éteignait car il se demandait si l’homme serait digne d’un tel pouvoir.

D’autres que moi insisteront sur les travaux et les pensées du célèbre biologiste. Comment le prêtre qu’il accueillit chez lui si souvent et avec affection, ne mettrait-il pas plutôt en relief la passion et l’inquiétude que causa à Jean Rostand la recherche de Dieu ?

A combien de visiteurs a-t-il confié : « Comme vous avez de la chance de croire ! » Il passait des jours et des nuits à s’interroger sur l’origine de l’univers et sur l’origine de la conscience. « Je ne peux pas admettre qu’un « être » ait créé tout cela, disait-il ; et, d’autre part, j’ai peine à admettre que cela se soit fait seul, par la vertu du hasard. Alors, je suis écartelé ».

On comprend qu’il se soit adressé aux croyants en affirmant que si eux pensaient à Dieu autant que lui, ils seraient tous des saints. En tout cas, Jean Rostand a vécu ce qui est au plus intime que message évangélique : je veux dire le souci, la hantise des autres et, parmi les autres, des persécutés, des pauvres, des exclus, de tous ceux que l’univers contemporain menace ou détruits. Écoutons ce savant : « J’aime beaucoup le mot charité. On n’est jamais vraiment charitable, mais on peut essayer de l’être. Je préfère même la charité à l’intelligence ».

Parce que Jean Rostand souhaitait de toutes ses forces l’existence de Dieu, il n’est pas indécent, il est même normal qu’un prêtre ami prononce ces quelques paroles sur sa tombe. Peut-il mieux terminer’ que par cette confidence que Jean Rostand livrait à un journaliste : « Moi vraiment je ne redouterai pas d’être jugé ; ce serait tellement compensé par la satisfaction qu’il y ait autre chose que cette petite vie… »

(M. le curé de Ville-d’Avray commença alors la prière du « Notre Père »…)

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