Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le dimanche de la Pentecôte (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

L’Esprit, notre compagnon de Vie!

L’événement, rapporté au Livre des Actes des Apôtres et lu aujourd’hui en 1ère lecture, nous étonne encore. Il fallait s’y attendre, venant de l’Esprit Saint. Il a frappé tellement fort que nous en sommes encore secoués. Le vent et le bruit venus du ciel étaient si puissants qu’ils nous ont rejoints; le feu de l’Esprit nous brûle encore! Au long des siècles, le choc se répercute de générations en générations! L’événement de la 1ère Pentecôte n’était-il pas le point de départ de quelque chose de grand, de profond, appelé à se propager au loin, à produire une sorte de réaction en chaine par-delà toutes les frontières, toutes les cultures?

C’est un peu comme lors de nos grands coups médiatiques pour un mariage princier, la finale du Super Bowl ou la remise des Oscars. La célébration se doit d’offrir quelque chose de surprenant en fait d’attractivité et de visibilité. Elle est parfois porteuse de beaucoup d’émotions, de quoi frapper notre imaginaire au-delà de tout ce à quoi nous pouvions peut-être nous attendre : l’enthousiasme et la ferveur résonnent dans les yeux émerveillés, les cœurs émotionnés, dans le langage parfois le plus simple, le plus universel.

La Pentecôte, c’était la réalisation d’une promesse! Celle des Écritures, de la Loi et des Prophètes, mais surtout celle que Jésus lui-même avait faite aux siens : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. »

Ce don de l’Esprit était annoncé, il était attendu. Mais voici qu’il arrive ce jour-là sur un groupe de disciples apparemment apeurés, enfermés tout au moins, tous en prière; il vient sur des hommes et des femmes qui ne savent sans doute pas ce à quoi ils peuvent s’attendre. L’Esprit divin ne pouvait que les surprendre!

Voici qu’il leur est donné comme un souffle, un grand coup de vent, une forte secousse, un bruit venu du ciel, une vive lumière : Esprit de feu et d’unité, qui se partage à chacun et chacune, et qui les rassemble pour une communion des pensées et des cœurs. Pour un effet d’étonnement, d’interrogation, de conversion. Effets d’intériorité, de lumière intérieure, de paix, d’amour fraternel. L’Esprit finalement les rassure, les ouvre à des perspectives nouvelles, leur montre un chemin d’avenir et d’espérance dessiné par le Christ lui-même.

Cet Esprit, il a besoin d’être reçu, accueilli, pour qu’il puisse opérer en nous une conversion et marquer un nouveau départ. Jésus nous en parle comme d’une puissance d’assimilation de sa parole, comme d’une expérience affective à vivre avec lui, pour une intelligence du cœur de tout ce qu’il nous a dit et promis : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière ». « L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

L’Esprit est donc notre compagnon de route désigné pour nous tenir proche du Christ, nous rappeler l’Évangile, cultiver en nous la Foi, l’Espérance et l’Amour. Esprit révélateur, qui avive en nous les paroles du Christ et fait de nous d’authentiques témoins du Ressuscité, afin que nous soyons « de ceux qui sont au Christ ».

Faisons donc nôtre aussi la consigne de l’apôtre saint Paul : « Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. »

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