Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 3e Dimanche (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

L’urgence du Royaume!

La Parole de Dieu nous interpelle fortement, il me semble, aujourd’hui avec ce qui nous est dit dans les diverses lectures : l’effet extraordinaire de la prédication de Jonas dans Ninive, les quelques phrases lapidaires de la lettre de Paul aux Corinthiens, la mise en route surprenante des quatre premiers disciples sur un simple appel de Jésus, voilà autant de situations et de propos plutôt étonnants qui nous rejoignent chacun dans notre expérience croyante. Il y a là de quoi revoir nos attitudes concrètes dans la vie, nous rappeler le sens de notre existence, de quoi nourrir notre espérance au cœur même de ce qui nous occupe et nous préoccupe tout au long de nos journées.

Voyons d’abord le prophète Jonas. Il est au service d’une parole qui le dépasse, c’est assez évident! Il s’en étonne; il en est même déçu, lui qui, en premier, avait peur et ne souhaitait pas tellement la conversion de ces étrangers reconnus pour leurs mœurs dissolus. Dieu, lui, tenait à rejoindre les gens de Ninive et à leur signifier l’urgence de se convertir. Il n’hésite pas à se servir de Jonas et de nous, pour porter à d’autres sa miséricorde qui est immense.

Revenons à l’évangile, où Jésus a déjà pris la relève de Jean le Baptiste. Il proclame sensiblement le même message que le précurseur, à savoir que les temps sont accomplis, que le Règne de Dieu est tout proche, qu’il y a urgence à se convertir, qu’il nous faut croire dans la bonne nouvelle. Quel est cet Évangile, quelle est cette bonne nouvelle, sinon Jésus lui-même, que nous sommes appelés à découvrir tout au long du récit de Saint Marc? 

Jean s’était fixé au bord du désert, à proximité du Jourdain. Jésus, lui, s’en va loin en Galilée, en itinérance. Il s’associe aujourd’hui des compagnons. Il prend l’initiative de faire communauté avec eux. C’est à une mission d’annonce et de conversion que Simon et André, Jacques et Jean sont appelés à participer. Une conversion dont ils font en eux-mêmes l’expérience. Elle est radicale, elle passe par l’abandon de ce qu’ils ont, de ce qu’ils font. La rapidité de leur réponse nous étonne. Qu’en est-il de la nôtre?

Peu importe la promptitude que nous y mettrons, notre réponse à l’appel du Seigneur nous entraîne sur des terrains nouveaux, elle nous oblige à faire des ruptures et des choix. D’abord en nous laissant instruire, évangéliser par le Seigneur lui-même. Accepter de nous convertir et de croire en cette Bonne Nouvelle qu’est le Christ. Bientôt il nous invitera à nous tenir avec lui et à porter à d’autres un message de lumière, d’amour et de paix.

Paul, dans la lettre aux Corinthiens, nous apporte la réflexion de celui qui a pris toute la mesure de sa propre conversion. Les réalités du monde présent sont éphémères. On ne doit pas s’arrêter uniquement à ces choses qui passent. Paul nous presse d’accueillir ce nouvel horizon, plus large, celui du Royaume de Dieu en train d’advenir. Nos liens humains les plus intimes sont concernés, comme aussi notre rapport aux biens matériels. Nous tourner vers l’essentiel, voilà l’enjeu de notre condition de baptisés : être témoins authentiques du spirituel et de la grâce de Dieu. Nous vivons dans le provisoire. Dieu nous offre de goûter déjà aux réalités d’un monde nouveau. Il serait triste de ne pas nous y ajuster déjà d’une manière appropriée. Bien sûr, nous garderons les deux pieds sur terre. Nous sommes liés par nos obligations, nos engagements, nos amitiés, mais ce qui importe le plus au cœur de tout cela, c’est le Royaume, c’est le Christ! Le Seigneur a besoin de notre amour. En lui, avec lui nous ferons plus et mieux, nous appliquant à mener une vie toujours plus juste, plus libre et plus responsable devant Dieu, auprès de nos frères et sœurs.   

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