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Responsable de la chronique : Yves Bériault, o.p.
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Conversion pastorale des paroisses : le Vatican publie une instruction

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Instruction

La conversion pastorale
de la communauté paroissiale au service de la mission évangélisatrice de l’Eglise

Introduction

1. La réflexion ecclésiologique du Concile Vatican II et les importants changements sociaux-culturels des dernières décenniesont amené diverses Eglises particulières à réorganiser la manière de confier la charge pastorale des communautés paroissiales.Cela a permis de lancer des expériences nouvelles, qui mettent en valeur la dimension de la communion et qui mettent enœuvre, sous la conduite des pasteurs, une synthèse harmonieuse de charismes et de vocations au service de l’annonce del’Evangile, qui corresponde mieux aux exigences actuelles de l’évangélisation.

Au début de son ministère, le Pape François a rappelé l’importance de la « créativité », qui signifie « chercher des voiesnouvelles », c’est-à-dire « chercher le moyen d’annoncer l’Evangile » ; sur ce point, a conclu le Saint Père, « l’Eglise, et aussi leCode de Droit Canonique, nous offre tant et tant de possibilités et de libertés pour chercher ces choses »[1].

2. Les situations décrites par cette Instruction représentent une occasion précieuse de conversion pastorale comprise dans sonsens missionnaire. Elles constituent en effet une invitation aux communautés paroissiales à sortir d’elles-mêmes, en offrant desoutils pour une réforme, également structurelle, qui tend à promouvoir un style de communion et de collaboration, de rencontreet de proximité, de miséricorde et de sollicitude en vue de l’annonce de l’Evangile.

I. La conversion pastorale

3. La conversion pastorale est un des thèmes fondamentaux de la “nouvelle étape de l’évangélisation”[2] que l’Eglise est appeléeaujourd’hui à promouvoir, afin que les communautés chrétiennes soient toujours plus des centres qui favorisent la rencontreavec le Christ.

Dans cet esprit, le Saint Père a suggéré : « Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience,c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communautéde foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur denous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en jugesimplacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus nousrépète sans arrêt : “Donnez-leur vous-mêmes à manger” (Mc 6, 37) »[3].

4. Poussée par cette sainte inquiétude, l’Eglise « fidèle à sa propre tradition et tout à la fois consciente de l’universalité de samission, peut entrer en communion avec les diverses formes de culture ; d’où l’enrichissement qui en résulte pour elle-même etpour les différentes cultures »[4]. De fait, la rencontre féconde et créatrice entre l’Evangile et la culture amène à un véritableprogrès : d’une part la Parole de Dieu s’incarne dans l’histoire des hommes en la renouvelant ; d’autre part, « l’Eglise peut êtreenrichie, et elle l’est effectivement, par le développement de la vie sociale »[5], ce qui lui permet de mieux saisir la mission que leChrist lui a confiée, afin de mieux l’expliciter dans le temps où elle vit.

5. L’Eglise annonce que le Verbe « s’est fait chair et a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Cette Parole de Dieu, qui aime demeurerparmi les hommes, dans son inépuisable richesse[6], a été accueillie dans le monde entier par des peuples divers, dont elle apromu les plus nobles aspirations, parmi lesquelles, le désir de Dieu, le dignité de la vie de chaque personne, l’égalité entre leshommes et le respect des différences dans l’unique famille humaine, le dialogue comme moyen de participation, la soif de paix,l’accueil comme expression de fraternité et de solidarité, la protection responsable de la création[7].

Il est par conséquent impensable qu’une telle nouveauté, dont la diffusion jusqu’aux confins de la terre n’est pas encoreachevée, s’affaiblisse ou, pire, s’épuise[8]. Pour que la Parole poursuive sa route, il faut que les communautés chrétiennesfassent un choix clairement missionnaire, « capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, lelangage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation »[9].

II. La paroisse dans le contexte actuel

6. Une telle conversion missionnaire qui, bien sûr, conduit également à une réforme des structures, touche de manièreparticulière la paroisse, comme communauté convoquée autour de la Table de la Parole et de l’Eucharistie.

La paroisse possède une longue histoire et a eu dès le départ un rôle fondamental dans la vie des chrétiens, dans la croissancede l’Eglise et dans son activité pastorale ; on peut déjà en entrevoir une première intuition dans les écrits de saint Paul. Quelquestextes pauliniens, en effet, révèlent la constitution de petites communautés qui, comme églises domestiques, sont simplementdésignées par l’Apôtre avec le mot “maison” (cf., par exemple, Rm 16, 3-5 ; 1 Co 16, 19-20 ; Ph 4, 22). Avec ces “maisons”, onpeut découvrir la naissance des premières “paroisses”.

7. Depuis son apparition, la paroisse se présente donc comme réponse à une exigence pastorale précise, rendre l’Evangileproche du Peuple, par l’annonce de la foi et la célébration des sacrements. L’étymologie du terme lui-même permet decomprendre le sens de l’institution : la paroisse est une maison au milieu des maisons[10] et répond à la logique de l’Incarnationdu Christ Jésus, vivant et agissant dans la communauté humaine. Visiblement représentée par l’édifice du culte, elle est ainsi lesigne de la présence permanente du Seigneur Ressuscité au milieu de son Peuple.

8. Cependant, la configuration territoriale de la paroisse est appelée aujourd’hui à tenir compte d’une caractéristique particulièredu monde actuel où la mobilité accrue et la culture digitale ont repoussé les frontières de l’existence. De fait, d’une part, la viedes personnes, qui se déroule plutôt dans “un village global et pluriel”, correspond de moins en moins à un contexte défini etimmuable ; d’autre part, la culture digitale a modifié de manière irréversible la perception de l’espace, tout comme le langage etle comportement des personnes, spécialement des jeunes générations.

Il est par ailleurs facile d’imaginer que le développement constant de la technologie modifiera en conséquence le mode depensée et la compréhension que l’homme aura de lui-même et de la vie sociale. La rapidité des changements, le rapprochementdes modèles culturels, la facilité des déplacements et la rapidité des communications, sont en train de transformer la perceptionde l’espace et du temps.

9. Comme communauté vivante de croyants, la paroisse s’insère dans ce contexte où le lien avec le territoire tend à être demoins en moins perçu, où les lieux d’appartenance deviennent multiples, où les relations interpersonnelles risquent de se diluerdans le monde virtuel, sans engagement ni responsabilité des personnes à l’égard de leur propre contexte relationnel.

10. On perçoit aujourd’hui que de tels changements culturels et l’évolution du rapport au territoire promeuvent dans l’Eglise,grâce à la présence de l’Esprit Saint, un nouveau discernement communautaire, « qui consiste à regarder la réalité avec les yeuxde Dieu, dans l’optique de l’unité et de la communion »[11]. Il est donc urgent d’entrainer tout le Peuple de Dieu à accueillirl’invitation de l’Esprit pour mettre en œuvre des processus de “rajeunissement” du visage de l’Eglise.

III. L’importance de la paroisse aujourd’hui

11. A la lumière d’un tel discernement, la paroisse est appelée à saisir les signes des temps pour adapter le service qu’elle doitrendre aux exigences des fidèles et aux changements historiques. Il faut renouveler un dynamisme qui permette, à la lumièredes textes du Concile Vatican II et du Magistère successif, de redécouvrir la vocation de chaque baptisé à être disciple de Jésuset missionnaire de l’Evangile.

12. Les Pères conciliaires, en effet, écrivaient avec clairvoyance : « Le soin des âmes doit être pénétré d’esprit missionnaire»[12]. En continuité avec un tel enseignement, saint Jean-Paul II a précisé : « La paroisse doit être perfectionnée et intégréedans beaucoup d’autres formes, mais elle reste toujours un organisme indispensable de première importance dans les structuresvisibles de l’Eglise » pour « faire de l’évangélisation le pivot de toute action pastorale, en tant qu’exigence prioritaire,prééminente et privilégiée »[13]. Benoît XVI a ensuite enseigné que « la paroisse est un phare qui fait rayonner la lumière de lafoi et qui vient ainsi à la rencontre des désirs les plus profonds et vrais du cœur de l’homme, donnant une signification et del’espérance à la vie des personnes et des familles »[14]. Enfin, le Pape François rappelle que« à travers toutes ses activités, laparoisse encourage et forme ses membres pour qu’ils soient des agents de l’évangélisation »[15].

13. Pour promouvoir le caractère central de la présence missionnaire de la communauté chrétienne dans le monde[16], il estimportant de repenser non seulement une nouvelle expérience paroissiale, mais aussi, à l’intérieur de la paroisse, le ministère etla mission des prêtres qui, avec les laïcs, doivent être “sel et lumière du monde” (cf. Mt 5, 13-14), “lampe sur le lampadaire” (cf.Mc 4, 21), en présentant le visage d’une communauté évangélisatrice capable d’une authentique lecture des signes des temps,qui donne un témoignage cohérent de vie évangélique.

14. Précisément à partir de la considération des signes des temps, il est également nécessaire, à l’écoute de l’Esprit Saint, decréer de nouveaux signes : n’étant plus comme autrefois le lieu normal du rassemblement et de la sociabilité, la paroisse estappelée à trouver d’autres modalités de proximité par rapport aux activités habituelles. Une telle tâche ne constitue pas un poidsqu’il faudrait subir, mais un défi à accueillir avec enthousiasme.

15. Les disciples du Seigneur, à la suite de leur Maître et à l’école des Saints et des pasteurs, ont appris, parfois par desexpériences douloureuses, à savoir attendre les temps et les modes de Dieu, à renouveler leur certitude qu’Il est toujoursprésent jusqu’à la fin des temps, et que l’Esprit Saint – cœur qui diffuse la vie de l’Eglise – rassemble les fils de Dieu dispersésdans le monde. C’est pourquoi la communauté chrétienne ne doit pas avoir peur de lancer des processus et de les accompagnerdans un territoire où cohabitent des cultures diverses, dans la certitude confiante que, pour les disciples du Christ, « il n’est riende vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur »[17].

IV. La mission, critère pour le renouveau

16. Dans les transformations qu’elle met en œuvre, il arrive que la paroisse n’arrive pas, malgré son investissement généreux, àcorrespondre de manière adéquate aux multiples attentes des fidèles, en particulier quand on considère les nombreuses formesde communauté[18]. Il est vrai qu’une des caractéristiques de la paroisse est son enracinement là où les personnes viventquotidiennement. Mais, spécialement aujourd’hui, le territoire n’est plus seulement un espace géographique délimité, mais uncontexte où chacun vit sa propre vie, faite de relations, de service réciproque et de traditions anciennes. C’est dans ce “territoireexistentiel” que l’Eglise doit relever son défi au milieu de la communauté. Semble donc révolue une pastorale qui maintiendraitson champ d’action uniquement à l’intérieur des limites territoriales de la paroisse, alors que bien souvent les paroissiens eux-mêmes ne comprennent plus cette modalité, davantage marquée par la nostalgie du passé qu’inspirée par l’audace qui envisagel’avenir[19]. D’autre part, il est bon de préciser que, sur le plan canonique, le principe territorial reste pleinement en vigueurquand il est requis par le droit[20].

17. En outre, la simple répétition d’activités qui n’ont aucune incidence sur la vie des personnes concrètes, n’est qu’une tentativestérile de survivance, souvent reçue dans l’indifférence générale. Si elle ne vit pas du dynamisme spirituel propre àl’évangélisation, mais propose des expériences désormais privées de saveur évangélique et de mordant missionnaire, ouseulement destinées à des petits groupes, la paroisse court le risque de devenir autoréférentielle et de se scléroser.

18. Le renouveau de l’évangélisation requière de nouvelles attentions et des propositions diversifiées, afin que la Parole de Dieuet la vie sacramentelle puissent rejoindre tout le monde, selon une manière qui soit cohérente avec l’état de vie de chacun. Eneffet, l’appartenance ecclésiale fait aujourd’hui de plus en plus abstraction des lieux de naissance et de croissance des membres,et s’oriente plutôt vers une communauté d’adoption[21], où les fidèles font, de fait, une expérience plus large du Peuple de Dieu,d’un corps qui s’articule selon de nombreux membres, où chacun opère pour le bien de tout l’organisme (cf. 1 Co 12, 12-27).

19. Au-delà des lieux et des raisons d’appartenance, la communauté paroissiale est le contexte humain où se réalise l’œuvreévangélisatrice de l’Eglise, où se célèbrent les sacrements et où se vit la charité, dans un dynamisme missionnaire qui – en plusd’être un élément intrinsèque de l’action pastorale – devient un critère pour vérifier son authenticité. A notre époque qui estparfois caractérisée par des situations de marginalisation et de solitude, la communauté paroissiale est appelée à être un signevivant de la proximité du Christ par le moyen d’un réseau de relations fraternelles, tournée vers les nouvelles formes depauvreté.

20. Vu ce qui vient d’être dit, il importe de repérer des perspectives qui permettent de renouveler les structures paroissiales“traditionnelles” à la lumière de la mission. Voilà le cœur de la conversion pastorale désirée, qui doit toucher l’annonce de laParole de Dieu, la vie sacramentelle et le témoignage de la charité, en un mot les lieux essentiels dans lesquels la paroissegrandit et se conforme au Mystère auquel elle croit.

21. Quand on parcourt les Actes des Apôtres, on se rend compte de l’action primordiale de la Parole Dieu, comme puissanceintérieure qui réalise la conversion des cœurs. Elle est l’aliment qui nourrit les disciples du Seigneur et les rend témoins del’Evangile dans les différentes situations de la vie. L’Ecriture possède une force prophétique qui la rend toujours vivante. Ilimporte donc que la paroisse éduque à la lecture et à la méditation de la Parole de Dieu au moyen de propositions diversifiéesd’annonce[22], qui prenne des formes de communication limpides et compréhensibles pour présenter le Seigneur Jésus selon letémoignage toujours nouveau du Kérygme[23].

22. La célébration du mystère eucharistique, ensuite, est « source et somment de toute la vie chrétienne »[24], et donc momentessentiel pour la constitution de la communauté paroissiale. En elle l’Eglise prend conscience de la signification de son proprenom : convocation du Peuple de Dieu qui loue, supplie, intercède et rend grâce. Quand elle célèbre l’Eucharistie, la communautéchrétienne accueille la présence vivante du Seigneur crucifié et ressuscité, et reçoit l’annonce de tout son mystère de salut.

23. L’Eglise perçoit par-là la nécessité de redécouvrir l’initiation chrétienne qui fait naître à une vie nouvelle, en tant qu’inséréedans le mystère de la vie même de Dieu. Il s’agit d’un cheminement qui ne connaît pas d’interruption. Il n’est pas seulement lié àdes célébrations ou à des événements. Ce qui le détermine en premier lieu, ce n’est pas le devoir d’accomplir un “rite depassage”, mais uniquement la perspective de la suite permanente du Christ. Sous cette lumière, il peut être utile de mettre enplace des itinéraires mystagogiques qui touchent réellement l’existence[25]. La catéchèse elle-même devra se présenter commeune annonce continuelle du Mystère du Christ, afin de faire croître dans le cœur des baptisés la stature du Christ (cf. Ep 4, 13),grâce à une rencontre personnelle avec le Seigneur de la vie.

Comme l’a rappelé le Pape François, il importe d’ « attirer l’attention sur deux falsifications de la sainteté qui pourraient nousfaire dévier du chemin : le gnosticisme et le pélagianisme. Ce sont deux hérésies apparues au cours des premiers siècles duchristianisme mais qui sont encore d’une préoccupante actualité »[26]. Le gnosticisme consiste en une foi abstraite, purementintellectuelle, faite de connaissances qui restent éloignées de la vie, tandis que le pélagianisme amène l’homme à compter surses seules forces, sans tenir compte de l’action de l’Esprit.

24. Dans le mystérieux entrelacement de l’agir de Dieu et de celui de l’homme, l’Evangile est proclamé par des hommes et desfemmes dont la vie, tissée de relations interpersonnelles qui suscitent confiance et espérance, garantit la crédibilité de ce qu’ilsannoncent. A notre époque, souvent marquée par l’indifférence, l’enfermement de l’individu sur soi-même et le rejet de l’autre,la redécouverte de la fraternité est fondamentale, vu que l’évangélisation est étroitement liée à la qualité des relationshumaines[27]. Aussi la communauté chrétienne fait sienne la parole de Jésus qui pousse à « prendre le large » (Lc 5, 4),confiante que l’invitation du Maître à jeter les filets fonde en soi la certitude d’une “pêche abondante”[28].

25. La “culture de la rencontre”, qui met la personne au centre de tout, promeut le dialogue, la solidarité et l’ouverture à chacun.Il est donc nécessaire que la paroisse soit le “lieu” qui donne le désir d’être ensemble et fait grandir les relations personnellesdurables. Chacun peut ainsi découvrir ce que signifie “faire partie” et “être aimé”.

26. La communauté paroissiale est appelée à développer un authentique “art de la proximité”. Si celui-ci est bien enraciné, laparoisse devient réellement le lieu où est surmontée la solitude qui blesse la vie de tant de personnes, le « sanctuaire où lesassoiffés viennent boire pour continuer à marcher, le centre d’un constant envoi missionnaire »[29].

V. “Communauté de communautés” : la paroisse intégrante, évangélisatrice et attentive aux pauvres

27. Le sujet de l’action missionnaire et évangélisatrice de l’Eglise est toujours le Peuple de Dieu dans son ensemble. De fait, ilapparaît dans le Code de Droit Canonique que la paroisse ne se définit pas comme un édifice ou un ensemble de structures maiscomme une communauté précise de fidèles, dont le curé est le pasteur propre[30]. A ce propos, le Pape François a rappelé que «la paroisse est présence ecclésiale sur le territoire, lieu de l’écoute de la Parole, de la croissance de la vie chrétienne, dudialogue, de l’annonce, de la charité généreuse, de l’adoration et de la célébration », et il a dit qu’elle « est communauté decommunautés »[31].

28. Le diverses composantes qui constituent la paroisse sont appelées à la communion et à l’unité. C’est dans la mesure oùchacun reconnaît sa propre complémentarité et la met au service de la communauté, que, d’une part se réalise pleinement leministère du curé et des prêtres qui collaborent avec lui comme pasteurs, et que d’autre part se manifeste la spécificité desdifférents charismes des diacres, des consacrés et des laïcs. Ainsi chacun agit pour la construction de l’unique corps (cf. 1 Co 12,12).

29. La paroisse est donc une communauté convoquée par l’Esprit Saint pour annoncer la Parole de Dieu et faire renaître denouveaux enfants à la fontaine baptismale ; rassemblée par son pasteur, elle célèbre le mémorial de la passion, de la mort et dela résurrection du Seigneur, et témoigne sa foi dans la charité en vivant dans un état permanent de mission, afin que le messagesalvifique qui donne la vie ne vienne à manquer à personne.

A ce sujet, le Pape François s’est ainsi exprimé : « La paroisse n’est pas une structure caduque ; précisément parce qu’elle a unegrande plasticité, elle peut prendre des formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur etde la communauté. Même si, certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer etde s’adapter constamment, elle continuera à être “l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles”.Cela suppose que réellement elle soit en contact avec les familles et avec la vie du peuple et ne devienne pas une structureprolixe séparée des gens, ou un groupe d’élus qui se regardent eux-mêmes. […] Mais nous devons reconnaître que l’appel à larévision et au renouveau des paroisses n’a pas encore donné de fruits suffisants pour qu’elles soient encore plus proches desgens, qu’elles soient des lieux de communion vivante et de participation, et qu’elles s’orientent complètement vers la mission»[32].

30. On ne peut pas exclure de la paroisse le “style spirituel et ecclésial des sanctuaires” – qui sont d’authentiques “avant-postesmissionnaires” – caractérisé par l’accueil, la vie de prière et de silence qui renouvelle l’esprit, ainsi que par la célébration dusacrement de la réconciliation et par l’attention aux pauvres. Les pèlerinages que les communautés paroissiales réalisent dansles divers sanctuaires constituent de précieux moyens pour grandir dans la communion fraternelle et, de retour à la maison, faireen sorte que les lieux de vie quotidienne soient plus ouverts et hospitaliers[33].

31. Dans cette perspective, on comprend que le sanctuaire puisse posséder les caractéristiques et les services que,analogiquement, la paroisse elle-même doit avoir, et qu’il représente pour beaucoup de fidèles le but de leur quête intérieureainsi que le lieu où l’on rencontre le visage du Christ miséricordieux et une Eglise accueillante.

Dans les sanctuaires, ils peuvent redécouvrir “l’onction reçue du Saint” (1 Jn 2, 20), c’est-à-dire leur consécration baptismale.Dans ces lieux, on apprend à célébrer avec ferveur, dans la liturgie, le mystère de la présence de Dieu au milieu de son peuple, labeauté de la mission évangélisatrice de chaque baptisé, l’appel à concrétiser la charité dans les lieux de vie[34].

32. “Sanctuaire” ouvert à tous, la paroisse, qui doit aussi rejoindre chacun sans exception, rappelle que les pauvres et les exclusdoivent toujours avoir une place privilégiée dans le cœur de l’Eglise. Benoît XVI l’a affirmé : « Les pauvres sont les destinatairesprivilégiés de l’Evangile »[35]. A son tour, le Pape François a écrit que « la nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaîtrela force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir leChrist en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir lamystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux »[36].

33. La communauté paroissiale est bien souvent le premier lieu où les pauvres font une rencontre humaine et personnelle avecle visage de l’Eglise. Il appartient en particulier aux prêtres, aux diacres et aux consacrés de ressentir de la compassion pour la“chair blessée”[37] des frères, de les visiter quand ils sont malades, de soutenir les personnes et les familles sans emploi, d’ouvrirla porte à tous ceux qui sont dans le besoin. Le regard tourné vers les derniers, la communauté paroissiale évangélise et selaisse évangéliser par les pauvres. Elle assume ainsi l’engagement social, lié à l’annonce, dans toutes ses dimensions[38], sansoublier la “règle suprême” de la charité sur laquelle nous serons jugés[39].

VI. De la conversion des personnes à celle des structures

34. Dans ce processus de renouveau et de restructuration, la paroisse doit éviter le risque de tomber dans une organisationd’événements excessive et bureaucratique et dans une présentation de services qui se fondent sur le critère de l’auto-préservation et ne manifestent pas le dynamisme de l’évangélisation[40].

Avec sa parresia habituelle, le Pape François a rappelé, en citant saint Paul VI, que « l’Église doit approfondir la consciencequ’elle a d’elle-même, de méditer sur le mystère qui est le sien. […] Il y a des structures ecclésiales qui peuvent arriver à favoriserun dynamisme évangélisateur ; également, les bonnes structures sont utiles quand une vie les anime, les soutient et les évalue.Sans une vie nouvelle et un authentique esprit évangélique, sans “fidélité de l’Église à sa propre vocation”, toute nouvellestructure se corrompt en peu de temps »[41].

35. La conversion des structures que la paroisse doit envisager requiert “en amont” un changement de mentalité et unrenouvellement intérieur, surtout chez ceux qui sont appelés à être responsables de la conduite pastorale. Pour être fidèles aumandat du Christ, les pasteurs, et de façon particulière les curés « principaux collaborateurs de l’Evêque »[42], doivent prendreconscience avec urgence de la nécessité d’une réforme missionnaire de la pastorale.

36. Vu que la communauté chrétienne est liée à son histoire et aux réalités qui lui sont chères, les pasteurs ne doivent pasoublier que la foi du Peuple de Dieu est inséparable de la mémoire familiale et communautaire. Bien souvent, un lieu sacréévoque des moments de vie significatifs des générations passées, des figures et des événements qui ont marqué lescheminements personnels et familiaux. Afin d’éviter des traumatismes et des blessures, il importe que les processus derestructuration des communautés paroissiales et, parfois, diocésaines, soient menés avec souplesse et gradualité.

A propos de la réforme de la Curie Romaine, le Pape François a souligné que « la gradualité est le fruit du discernementindispensable qui implique processus historique, succession de temps et d’étapes, contrôle, corrections, expérimentations,approbations “ad experimentum”. Donc, dans ces cas, il ne s’agit pas d’indécision mais de la souplesse nécessaire pour pouvoirréaliser une véritable réforme »[43]. Il s’agit d’être attentifs à ne pas “forcer le temps” en voulant conduire les réformes à terme,de manière trop précipitée et avec des critères généraux, qui obéissent à des logiques élaborées “sur table”, où sont oubliées lespersonnes concrètes qui habitent le territoire. De fait, chaque projet doit être pensé dans la vie réelle de la communauté etgreffé sur elle sans traumatisme, avec une phase nécessaire de consultation préalable, puis une mise en œuvre progressive,enfin une phase de vérification.

37. Naturellement, ce renouvellement ne concerne pas uniquement le curé, ni ne peut être imposé d’en haut en en excluant lePeuple de Dieu. La conversion pastorale des structures implique la conscience que « le saint Peuple fidèle de Dieu est oint de lagrâce de l’Esprit Saint ; par conséquent, au moment de réfléchir, de penser, d’évaluer, de discerner, nous devons être trèsattentifs à cette onction. Chaque fois que, comme Eglise, comme pasteurs, comme consacrés, nous avons oublié cette évidence,nous nous sommes trompés de route. Chaque fois que nous voulons supplanter, réduire au silence, anéantir, ignorer ou réduire àde petites élites le Peuple de Dieu dans sa totalité et ses différences, nous bâtissons des communautés, des plans pastoraux, desélaborations théologiques, des spiritualités et des structures sans racines, sans histoire, sans visage, sans mémoire, sans corps,de fait, sans vie. Lorsque nous faisons abstraction de la vie du Peuple de Dieu, nous tombons dans la désolation et nouspervertissons la nature de l’Eglise »[44].

En ce sens, le clergé ne réalise pas seul la transformation sollicitée par l’Esprit Saint mais est engagé dans la conversion quitouche toutes les composantes du Peuple de Dieu[45]. Il convient donc de « chercher consciemment et avec lucidité des espacesde communion et de participation afin que l’Onction du Peuple de Dieu tout entier trouve ses médiations concrètes pour semanifester »[46].

38. Il est par conséquent évident qu’il faille dépasser autant une conception autoréférentielle de la paroisse qu’une“cléricalisation de la pastorale”. Prendre au sérieux le fait que le Peuple de Dieu « a pour condition, la dignité et la liberté des filsde Dieu, dans le cœur de qui l’Esprit Saint habite comme dans un temple »[47] implique qu’il faut promouvoir des manières defaire et des modèles dans lesquels chaque baptisé, en vertu du don de l’Esprit Saint et des charismes reçus, devient acteur del’évangélisation selon le style et les modalités d’une communion organique, autant avec les autres communautés paroissialesqu’avec la pastorale d’ensemble du diocèse. C’est bien en effet la communauté tout entière qui est le sujet responsable de lamission, du fait que l’Eglise ne se réduit pas à sa seule hiérarchie, mais se constitue comme Peuple de Dieu.

39. Les pasteurs ont la mission de maintenir vivante cette dynamique, afin que chaque baptisé se découvre acteur del’évangélisation. La communauté presbytérale, attentive à rester elle-même en formation permanente[48], doit exercer avecsagesse l’art du discernement qui permet à la vie paroissiale de grandir et de mûrir, dans le respect des diverses vocations et desministères. Le prêtre donc, comme membre et serviteur du Peuple de Dieu qui lui a été confié, ne peut pas se substituer à lui. Lacommunauté paroissiale est habilitée à proposer des formes d’exercice des ministères, d’annonce de la foi et de témoignage dela charité.

40. Le rôle central de l’Esprit Saint – don gratuit du Père et du Fils à l’Eglise – amène à vivre profondément la dimension de lagratuité, selon l’enseignement de Jésus : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Il a appris à sesdisciples à vivre dans le service généreux, à être chacun un don pour les autres (cf. Jn 13, 14-15), avec une attentionpréférentielle envers les pauvres. En découle, entre autre, la nécessité de ne pas “marchander” la vie sacramentelle et de ne pasdonner l’impression que la célébration des sacrements – surtout l’Eucharistie – et les autres actions ministérielles puissent êtrel’objet de tarifications.

Le pasteur qui sert le troupeau avec une générosité gratuite, est tenu en même temps, de former les fidèles afin que chaquemembre de la communauté se sente impliqué de manière responsable et directe, pour subvenir aux besoins de l’Eglise, à traversles diverses formes d’aide et de solidarité dont la paroisse a besoin pour accomplir son service pastoral librement etefficacement.

41. La mission à laquelle est appelée la paroisse, comme centre moteur de l’évangélisation, concerne donc tout le Peuple deDieu dans ses diverses composantes : prêtres, diacres, consacrés et fidèles laïcs, chacun selon son charisme et lesresponsabilités qui lui correspondent.

VII. La paroisse et les autres répartitions internes d’un diocèse

42. La conversion pastorale de la communauté paroissiale dans un sens missionnaire prend donc forme et se réalise selon unprocessus graduel de renouvellement des structures où, par conséquent, la charge pastorale ou une participation à son exerciceest confiée aux uns et aux autres selon des modalités diverses qui impliquent toutes les composantes du Peuple de Dieu.

43. A propos de la répartition interne du territoire diocésain[49], à la paroisse et aux vicariats forains, déjà prévus par le Code deDroit Canonique en vigueur[50], se sont ajoutées depuis quelques décennies dans le langage courant, repris par les documentsdu Magistère, des expressions comme “unités pastorales” et “zones pastorales”. Ces dénominations définissent de fait desformes d’organisation pastorales du diocèse, qui expriment un nouveau rapport entre les fidèles et le territoire.

44. Pour cette question des “unités” ou “zones pastorales”, personne ne doit évidemment penser que la solution aux multiplesproblèmes actuels se trouve en donnant tout simplement un nouveau nom à des réalités déjà existantes. Pour éviter de subir lechangement dans ce processus de renouveau, bien au contraire pour le promouvoir et l’orienter, il faut trouver les structures quipermettront de revivifier dans toutes les composantes de la communauté chrétienne la commune vocation à l’évangélisation,pour une charge pastorale plus efficace du Peuple de Dieu, le “facteur clé” ne pouvant être que la proximité.

45. Dans cette perspective, la norme canonique met en relief la nécessité de délimiter des zones territoriales distinctes[51] àl’intérieur de chaque diocèse, quitte à ce qu’elles soient ensuite regroupées en des réalités intermédiaires entre le diocèse lui-même et chaque paroisse. Par conséquent, il peut exister différents types de regroupements de paroisses[52] qui tiennentcompte de la dimension du diocèse et de sa réalité pastorale concrète.

La communion de l’Eglise doit être vivante et agissante au cœur de ces regroupements, avec une attention particulière à l’égarddu territoire concret. C’est pourquoi, en les érigeant, il faut tenir compte, le plus possible, de l’homogénéité de la population etde ses manières de vivre, ainsi que des caractéristiques communes du territoire, de façon à faciliter la relation de proximité entreles curés et les autres agents pastoraux[53].

VII.a. Comment procéder à l’érection d’un regroupement de paroisses

46. Tout d’abord, avant de procéder à l’érection d’un regroupement de paroisses, l’Evêque doit nécessairement consulter à cesujet le Conseil Presbytéral[54], dans le respect de la norme canonique et au nom de l’incontournable coresponsabilité ecclésiale,partagée à divers titres entre l’Evêque et les membres de ce Conseil.

47. Le regroupement de plusieurs paroisses peut se faire avant tout selon la simple forme associative, de manière à ce que lesparoisses associées gardent une identité distincte.

Conformément à la norme canonique, quand on réalise n’importe quel genre de regroupement de paroisses voisines, il va de soiqu’il faille respecter les éléments essentiels du droit universel concernant la personne juridique de la paroisse. L’Evêque ne peutpas dispenser de ces droits[55]. Pour chacune des paroisses qu’il a l’intention de supprimer, il doit donc émettre un décretspécifique comportant les motivations pertinentes[56].

48. A la lumière de ce qui a été exposé ci-dessus, le regroupement, de même que l’érection ou la suppression de paroisses, doitêtre réalisé par l’Evêque diocésain dans le respect de la norme prévue par le Droit canonique, c’est-à-dire moyennant uneincorporation, selon laquelle une paroisse est absorbée par une autre en perdant son individualité originelle et la personnalitéjuridique ; ou bien moyennant une véritable fusion, qui donne naissance à une nouvelle et unique paroisse, ce qui impliquel’extinction des paroisses préexistantes et de leur personnalité juridique ; ou, enfin, moyennant la division d’une communautéparoissiale en plusieurs paroisses autonomes, lesquelles sont créées ex novo[57].

En outre, la suppression de paroisse par union extinctive est légitime pour des causes qui regardent directement la paroisse enquestion. Ne sont pas des raisons valables, par exemple, la seule pénurie du clergé diocésain, la situation financière générale dudiocèse, ou d’autres conditions propres à la communauté, dont on prévoirait un changement à brève échéance (par exemplel’importance numérique, le manque d’autonomie financière, la modification de l’aménagement urbain du territoire). Commecondition de légitimité de ce genre de mesure, il faut que les motifs présentés soient directement et organiquement liés à lacommunauté paroissiale et non à des considérations générales, théoriques ou “de principe”.

49. En ce qui concerne l’érection et la suppression des paroisses, il convient de rappeler que chaque décision doit être adoptéeavec un décret formel, rédigé par écrit[58]. Il faut par conséquent considérer comme non conforme à la norme canonique unacte normatif unique, un décret général ou une loi particulière qui viserait, en une unique mesure, une réorganisation généraledu diocèse tout entier ou d’une de ses parties, ou encore d’un ensemble de paroisses.

50. De façon particulière, dans le cas d’une suppression de paroisse, le décret doit indiquer clairement, en faisant référence à lasituation concrète, quelles sont les raisons qui ont amené l’Evêque à prendre sa décision. Ces raisons doivent donc êtreindiquées spécifiquement, vu qu’on ne peut se satisfaire d’une allusion générale au “bien des âmes”.

Dans l’acte selon lequel une paroisse est supprimée, l’Evêque doit également pourvoir à la dévolution de ses biens dans lerespect des normes canoniques correspondantes[59] ; à moins qu’il n’y ait de graves raisons qui s’y opposent, auquel cas ilfaudrait entendre le Conseil presbytéral[60], on doit veiller à ce que l’église de la paroisse supprimée reste ouverte aux fidèles.

51. Dans le cadre du regroupement de paroisses et de leur éventuelle suppression, il peut être parfois nécessaire de réduire uneéglise à un usage profane non inconvenant[61]. Cette décision revient à l’Evêque diocésain, après avoir obligatoirement consultéle Conseil presbytéral[62].

Habituellement, même dans ce cas, la diminution du clergé diocésain, la baisse démographique et la grave crise financière dudiocèse ne sont pas des causes légitimes pour décréter une telle réduction. Si au contraire les conditions de l’édifice empêchentqu’il soit utilisé d’aucune manière pour le culte divin, ou qu’il soit réparable, on pourra procéder à sa réduction à un usageprofane non inconvenant selon la norme du droit.

VII.b. Le Vicariat forain

52. Il faut rappeler avant toute chose que, « pour favoriser l’exercice de la charge pastorale par une action commune, plusieursparoisses voisines peuvent être unies par l’Evêque diocésain dans des regroupements particuliers comme les vicariats forains »[63] ; ceux-ci reçoivent comme appellation en divers lieux : “doyennés”, ou “archiprêtrés”, ou encore “zones pastorales” ou“préfectures”[64].

53. Le vicaire forain ne doit pas être nécessairement le curé d’une paroisse déterminée[65]. Pour correspondre à la finalité pourlaquelle un vicariat est érigé, sa première responsabilité est celle « de promouvoir et coordonner l’action pastorale communedans le vicariat forain »[66], de sorte que ce dernier ne reste pas une institution purement formelle. De plus, le vicaire forain «est tenu par l’obligation de visiter les paroisses de son district selon les directives portées par l’Évêque diocésain »[67]. Afin qu’ilpuisse remplir au mieux sa fonction et pour favoriser davantage l’activité commune entre les paroisses, l’Evêque diocésain peutconférer au vicaire forain d’autres facultés qu’il considérerait opportunes en raison du contexte concret.

VII.c. L’Unité pastorale

54. Dans un but analogue, quand les circonstances le demandent, en raison de l’extension territoriale du vicariat forain ou d’ungrand nombre de fidèles, lorsqu’il est nécessaire de favoriser davantage la collaboration organique entre des paroisseslimitrophes, après avoir entendu le Conseil presbytéral[68], l’Evêque peut aussi décréter le regroupement stable et institutionnelde différentes paroisses à l’intérieur du vicariat forain[69], en tenant compte de quelques critères concrets.

55. Il est avant tout opportun que les regroupements (dénommés “unités pastorales”[70]) soient délimités le plus possible demanière homogène, même du point de vue sociologique, afin qu’on puisse y réaliser une vraie pastorale d’ensemble ouintégrée[71], dans une perspective missionnaire.

56. De plus, chaque paroisse de ce regroupement doit être confiée à un curé ou à un groupe de prêtres in solidum, qui prennentsoin de toutes les communautés paroissiales[72]. Autrement, si l’Evêque l’estime opportun, le regroupement peut aussi êtrecomposé de plusieurs paroisses, confiées au même curé[73].

57. Dans tous les cas, étant donné l’attention due aux prêtres qui, bien souvent, ont exercé leur ministère de manière méritoireet qui jouissent de la reconnaissance de la communauté, étant donné également le bien des fidèles eux-mêmes qui sont liés àleurs pasteurs par l’affection et la gratitude, il est demandé qu’au moment de constituer un regroupement déterminé, l’Evêquediocésain ne décide pas, par le même décret, que dans plusieurs paroisses réunies et confiées à un seul curé[74], les autrescurés éventuellement présents et encore en charge[75], soient transférés automatiquement à l’office de vicaires paroissiaux, ourelevés de fait de leur charge.

58. Dans ces cas, à moins qu’il ne s’agisse d’une nomination in solidum, il revient à l’Evêque diocésain de déterminer au cas parcas les fonctions du prêtre modérateur de ces regroupements de paroisses, ainsi que sa relation avec le doyen du vicariatforain[76], à l’intérieur duquel l’unité pastorale est constituée.

59. Une fois que le regroupement de paroisses – vicariat forain ou “unité pastorale” – a été érigé selon le droit, l’Evêquedétermine, selon l’opportunité, si chaque paroisse qui le constitue doit avoir son propre Conseil pastoral paroissial[77], où s’il estpréférable que cette charge soit confiée à un Conseil pastoral unique pour toutes les communautés intéressées. Quelle que soitla situation, du fait qu’elles conservent la personnalité et la capacité juridique, chaque paroisse faisant partie du regroupementdoit garder son propre Conseil pour les affaires économiques[78].

60. Afin de favoriser une action évangélisatrice d’ensemble et un soin pastoral plus efficace, il est opportun de constituer, pourles paroisses d’un regroupement, des services pastoraux communs dans des domaines déterminés (par exemple la catéchèse, lacharité, la pastorale des jeunes ou des familles), avec la participation de toutes les composantes du Peuple de Dieu, clercs,consacrés et fidèles laïcs.

VII.d. La Zone pastorale

61. Si plusieurs “unités pastorales” peuvent constituer un vicariat forain, de la même façon, surtout dans les diocèsesterritorialement plus étendus, plusieurs vicariats forains peuvent être réunis par l’Evêque qui aura entendu le Conseilpresbytéral[79], en “districts” ou “zones pastorales”[80], sous la conduite d’un Vicaire épiscopal[81] ayant le pouvoir exécutifordinaire pour l’administration pastorale de la zone, au nom de l’Evêque diocésain, sous son autorité et en communion avec lui,cela en plus des facultés spéciales que ce dernier voudra lui attribuer au cas par cas.

VIII. Les formes ordinaires et extraordinaires selon lesquelles on confie la charge pastorale de la communautéparoissiale

62. En premier lieu, le curé et les autres prêtres, qui sont en communion avec l’Evêque, représentent une référencefondamentale pour la communauté paroissiale, en raison de la charge de pasteur qui est la leur[82]. En cultivant la vie communeet la fraternité sacerdotale, le curé et le presbyterium célèbrent la vie sacramentelle, pour la communauté et avec elle, et sontappelés à organiser la paroisse de manière à ce qu’elle soit un signe efficace de communion[83].

63. Par rapport à la présence et à la mission des prêtres dans la communauté paroissiale, il faut faire une mention particulière dela vie commune[84] ; même si elle ne constitue pas une obligation pour le clergé séculier, elle est recommandée par le can. 280.Il faut rappeler à ce propos la valeur fondamentale de l’esprit de communion, de la prière et de l’action pastorale commune de lapart des clercs[85], en vue d’un témoignage effectif de fraternité sacramentelle[86] et d’une action évangélisatrice plus efficace.

64. Quand le Presbyterium expérimente la vie communautaire, l’identité sacerdotale se fortifie, les préoccupations matériellesdiminuent et la tentation de l’individualisme cède le pas à la profondeur de la relation personnelle. La prière commune, leséchanges d’idées et l’étude, qui ne doivent jamais manquer dans la vie sacerdotale, peuvent constituer un grand soutien dans laformation d’une spiritualité presbytérale incarnée dans le quotidien.

Il convient en tout cas que, selon son discernement et dans la limite du possible, l’Evêque tienne compte des affinités humaineet spirituelle entre les prêtres, auxquels il désire confier une paroisse ou un regroupement de paroisses, tout en les invitant àune disponibilité généreuse dans leur nouvelle mission pastorale et à l’une ou l’autre forme de partage de vie avec lesconfrères[87].

65. Dans certains cas, surtout là où le presbytère n’est pas de tradition ou d’habitude, ou bien lorsque, pour une raison ou uneautre, il n’est pas disponible comme habitation du prêtre, il peut arriver que celui-ci retourne vivre auprès de sa famille d’origine,premier lieu de formation humaine et de découverte vocationnelle[88].

D’un côté, cette pratique peut se révéler positive en ce qui concerne la vie quotidienne du prêtre, du fait qu’elle lui garantit uncadre domestique serein et stable, surtout quand les parents sont encore présents. Mais d’un autre côté, il faut éviter que cesrelations familiales soient vécues par le prêtre comme une dépendance intérieure et une source de moindre disponibilité pour unministère à temps plein, ou encore comme un choix qui, au lieu de la compléter, exclut la relation avec la famille presbytérale etla communauté des fidèles.

VIII.a. Le Curé

66. L’office de curé comporte la pleine charge d’âmes[89]. En conséquence, pour qu’un fidèle soit validement nommé curé, il fautqu’il ait reçu l’Ordre du presbytérat[90]. On exclut toute possibilité de conférer ce titre ou les fonctions qui lui appartiennent à quiserait privé de cet Ordre, même dans le cas où on manquerait de prêtres. Précisément en raison de la relation de connaissanceet de proximité qui doit exister entre un pasteur et la communauté, l’office de curé ne peut pas être confié à une personnejuridique[91]. En particulier – mis à part ce qui est prévu par le can. 517, §§1-2 – l’office de curé ne peut être confié à un groupede personnes, composé de clercs et de laïcs. Il faut par conséquent éviter les expressions comme “team responsable”, “équiperesponsable”, ou d’autres semblables, qui laisseraient entendre qu’il s’agit d’un gouvernement collégial de la paroisse.

67. Du fait qu’il est le « pasteur propre de la paroisse qui lui est confiée »[92], la représentation juridique de celle-ci revient ipsojure au curé[93]. Il est l’administrateur responsable des biens paroissiaux, qui sont des “biens ecclésiastiques”, par conséquentsoumis aux normes canoniques correspondantes[94].

68. Comme l’affirme le Concile Vatican II, « dans sa paroisse chaque curé doit jouir, en son office, de la stabilité que requiert lebien des âmes »[95]. Comme principe général, il est donc demandé que le curé soit « nommé à temps indéterminé »[96].

L’Evêque diocésain peut toutefois nommer des curés pour un temps déterminé, si la Conférence épiscopale l’a décidé ainsi pardécret. Du fait qu’il est nécessaire que le curé puisse créer un lien effectif et efficace avec la communauté qui lui est confiée, ilconvient que les Conférences épiscopales n’établissent pas un temps trop bref, inférieur à 5 ans, pour les nominations à tempsdéterminé.

69. Dans tous les cas, même s’ils sont nommés pour un “temps indéterminé” ou avant que le “temps déterminé” n’arrive àéchéance, les curés doivent se montrer disponibles pour d’éventuels transferts dans une autre paroisse ou office, « si le bien desâmes ou la nécessité ou l’utilité de l’Eglise le requièrent »[97]. Il faut en effet le rappeler : c’est le curé qui est au service de laparoisse, non le contraire.

70. Ordinairement, là où cela est possible, il est bon que le curé ait la charge pastorale d’une seule paroisse. « Cependant, àcause de la pénurie de prêtres ou d’autres circonstances, la charge de plusieurs paroisses voisines peut être confiée au mêmecuré »[98]. Par exemple, parmi les “autres circonstances”, on peut citer l’exiguïté du territoire ou de la population, ou encore laproximité des paroisses intéressées. Si l’Evêque diocésain confie plusieurs paroisses à un seul curé, il doit considérerattentivement si ce dernier pourra exercer pleinement et concrètement, comme vrai pasteur, l’office de curé de toutes lesparoisses et de chacune d’elles[99].

71. Une fois nommé, le curé jouit du plein exercice des fonctions qui lui sont confiées, avec tous les droits et les responsabilitésqui en découlent, jusqu’à ce qu’il ne cesse légitimement son office pastoral[100]. Pour sa révocation ou son transfert avantl’échéance de son mandat, il faut observer les procédures canoniques correspondantes, que l’Eglise utilise pour le discernementde ce qui convient dans chaque cas concret[101].

72. Quand le bien des fidèles le requiert, même s’il n’existe pas d’autres causes de cessation, le curé qui a atteint ses 75 ans,doit accueillir l’invitation que l’Evêque diocésain peut lui adresser de renoncer à la paroisse[102]. Il faut considérer la présentationde la renonciation, à 75 ans[103], comme un devoir moral, même s’il n’est pas canonique. Elle ne fait cependant pas cesserautomatiquement l’office. Elle arrive seulement quand l’Evêque diocésain a communiqué par écrit à l’intéressé l’acceptation desa renonciation[104]. Par ailleurs, que l’Evêque prenne en considération de manière bienveillante la renonciation présentée parun curé, même s’il le fait seulement en raison de ses 75 ans.

73. Dans tous les cas, avant d’accepter la renonciation, afin d’éviter une conception fonctionnelle du ministère, l’Evêquediocésain pèsera prudemment toutes les circonstances de la personne et du lieu, comme par exemple l’existence de raisons desanté ou de discipline, le manque de prêtres, le bien de la communauté paroissiale et d’autres éléments de ce genre. Ilacceptera la renonciation s’il trouve une cause juste et proportionnée[105].

74. Autrement, si les conditions personnelles du prêtre le permettent et si l’opportunité pastorale le conseille, l’Evêqueconsidérera la possibilité de lui laisser l’office de curé, éventuellement en mettant auprès de lui quelqu’un pour l’aider et enpréparant la succession. En outre, « selon les cas, l’Evêque peut confier une paroisse plus petite et moins lourde à un curé qui aprésenté sa renonciation »[106], ou de toute manière lui donner une autre charge pastorale adaptée à ses possibilités concrètes,tout en invitant le prêtre à comprendre, si c’était nécessaire, qu’il ne doit en aucun cas se sentir “rétrogradé” ou “puni” en raisond’un transfert de ce genre.

VIII.b. L’Administrateur paroissial

75. Au cas où il ne serait pas possible de nommer immédiatement un curé, la désignation d’un administrateurparoissial[107]devra se faire seulement en conformité avec ce que prévoit la norme canonique[108].

Il s’agit en effet d’un office essentiellement transitoire qui est exercé dans l’attente de la nomination d’un nouveau curé. Il estdonc illégitime que l’Evêque diocésain nomme un administrateur paroissial et le laisse dans cette charge pendant une longuepériode, supérieure à un an, ou même de manière stable, en évitant de pourvoir à la nomination du curé.

Comme l’atteste l’expérience, cette solution est souvent adoptée pour contourner les conditions du droit concernant le principede la stabilité du curé qui est ainsi violé. Il en résulte un dommage pour la mission du prêtre en question ainsi que pour lacommunauté elle-même qui, dans ces conditions d’incertitude par rapport à la présence de son pasteur, ne peut pasprogrammer des plans d’évangélisation qui aient de l’ampleur et doit donc se limiter à une pastorale de conservation.

VIII.c. Quand la charge pastorale est confiée solidairement

76. Comme autre possibilité, « là où les circonstances l’exigent, la charge pastorale d’une paroisse ou de plusieurs paroissesensemble peut être confiée “in solidum” à plusieurs prêtres »[109]. Cette solution peut être adoptée, au jugement de l’Evêque,quand les circonstances concrètes le réclament, en particulier pour le bien de la communauté intéressée, grâce à une actionpastorale commune et plus efficace, mais aussi pour promouvoir une spiritualité de communion parmi les prêtres[110].

En de tels cas, le groupe des prêtres, en communion avec les autres composantes des communautés paroissiales intéressées,agit selon une délibération commune, avec un Modérateur qui est un primus inter pares par rapport aux autres prêtres, curés àtous les effets.

77. Il est vivement recommandé que chaque communauté de prêtres, auxquels est confiée in solidum la charge pastorale d’uneou plusieurs paroisses, élabore un règlement intérieur de telle sorte que chacun des prêtres puisse remplir au mieux les tâcheset les fonctions qui lui reviennent[111].

La responsabilité propre du Modérateur est de coordonner le travail commun de la paroisse ou des paroisses confiées au groupe,d’assumer leur représentation juridique[112], de coordonner l’exercice de la faculté d’assister aux mariages et de concéder lesdispenses qui reviennent aux curés[113], et de répondre devant l’Evêque de toute l’activité du groupe[114].

VIII.d. Le Vicaire paroissial

78. Comme un enrichissement, peut trouver place, à l’intérieur des solutions indiquées ci-dessus, la possibilité qu’un prêtre soitnommé vicaire paroissial et chargé d’un secteur spécifique de la pastorale (jeunes, anciens, malades, associations,confraternités, formation, catéchèse, etc.), “transversale” à plusieurs paroisses, ou bien pour accomplir tout le ministère ou unepartie précise de celui-ci, dans une des paroisses[115].

Dans le cas d’une charge conférée à un vicaire paroissial dans plusieurs paroisses confiées à des curés différents, il convient,dans le Décret de nomination, d’expliciter et de décrire les missions qui lui sont confiées dans chaque communauté paroissiale,ainsi que le type de rapport qu’il doit entretenir avec les curés, en ce qui concerne la résidence, la subsistance et la célébrationde la Messe.

VIII.e. Les Diacres

79. Les diacres sont des ministres ordonnés, incardinés dans un diocèse ou d’autres réalités ecclésiales qui en ont la faculté[116] ; ils sont collaborateurs de l’Evêque et des prêtres dans l’unique mission évangélisatrice, avec la charge spécifique, en vertu dusacrement reçu, de « servir le Peuple de Dieu dans la diaconie de la liturgie, de la parole et de la charité »[117].

80. Pour sauvegarder l’identité des diacres et en vue de la promotion de leur ministère, le Pape François a tout d’abord mis engarde contre certains risques concernant la compréhension de la nature du diaconat: « Nous devons faire attention à ne pas voirles diacres comme des demi-prêtres et des demi-laïcs. […] Et l’image du diacre comme une sorte d’intermédiaire entre les fidèleset les pasteurs ne va pas bien non plus. Ni à mi-chemin entre les prêtres et les laïcs, ni à mi-chemin entre les pasteurs et lesfidèles. Et il existe deux tentations. Il y a le danger du cléricalisme : le diacre qui est trop clérical. […] Et l’autre tentation, lefonctionnalisme : c’est un assistant qui aide le prêtre pour ceci ou pour cela »[118].

Dans le même discours, le Saint Père a ensuite offert quelques précisions par rapport au rôle spécifique des diacres à l’intérieurde la communauté ecclésiale : « Le diaconat est une vocation spécifique, une vocation familiale qui implique le service. […] Cemot est la clé pour comprendre votre charisme. Le service comme un des dons caractéristiques du peuple de Dieu. Le diacre est— pour ainsi dire — le gardien du service dans l’Eglise. Chaque parole doit être bien mesurée. Vous êtes les gardiens du servicedans l’Eglise : le service de la Parole, le service de l’Autel, le service des Pauvres »[119].

81. La doctrine sur le diaconat a connu tout au long des siècles une importante évolution. Sa reprise par le Concile Vatican IIcorrespond, entre autre, à une clarification doctrinale et à un élargissement de l’action ministérielle de référence, qui ne se limitepas à “enfermer” le diaconat dans le seul domaine du service caritatif ou à le réserver – selon ce qui a été établi par le Concile deTrente – aux seuls diacres en vue du sacerdoce, presqu’uniquement ordonnés pour le service liturgique. Le Concile Vatican IIprécise qu’il s’agit d’un degré du sacrement de l’Ordre, si bien que « la grâce sacramentelle leur donne la force nécessaire pourservir le peuple de Dieu dans la “diaconie” de la liturgie, de la prédication et de la charité, en communion avec l’évêque et sonpresbyterium »[120].

La réception postconciliaire reprend ce qui a été établi par Lumen gentium et définit toujours mieux l’office des diacres commeune participation du Sacrement de l’Ordre, bien que selon un degré différent. Dans son audience aux participants du Congrèsinternational sur le Diaconat, Paul VI voulut rappeler, en effet, que le diaconat sert les communautés chrétiennes « tant dansl’annonce de la Parole de Dieu que dans le ministère des sacrements et dans l’exercice de la charité »[121]. D’autre part, bien quedans le livre des Actes (Ac 6, 1-6), il semblerait que les sept hommes choisis soient destinés au seul service des tables, enréalité, le même livre biblique raconte comment Etienne et Philippe exercent à plein titre la “diaconie de la Parole”. Commecollaborateurs des Douze et de Paul, ils exercent donc leur ministère dans deux domaines : l’évangélisation et la charité.

Les fonctions ecclésiales qui peuvent être confiées à un diacre sont donc nombreuses. Ce sont toutes celles qui ne comportentpas la pleine charge des âmes[122]. Le Code de Droit Canonique, cependant, détermine quels sont les offices réservés auxprêtres et lesquels peuvent être confiés aux laïcs ; par contre on ne voit pas l’indication de quelque office particulier dans lequelle ministère diaconal puisse manifester sa spécificité.

82. Quoi qu’il en soit, l’histoire du diaconat rappelle que celui-ci a été institué dans le cadre d’une vision ministérielle de l’Egliseet donc comme ministère ordonné au service de la Parole et de la charité; ce dernier domaine comprend aussi l’administrationdes biens. Cette double mission du diacre s’exprime ensuite dans le cadre liturgique, dans lequel il est appelé à proclamerl’Evangile et à servir à la table eucharistique. Ces références pourraient aider à expliciter les tâches spécifiques du diacre etvalorisent les aspects propres à cette vocation, en vue de la promotion du ministère diaconal.

VIII.f. Les Personnes consacrées

83. Dans de nombreux cas, sont présentes dans la communauté paroissiale des personnes qui appartiennent à la vie consacrée.Celle-ci « n’est pas une réalité extérieure ou indépendante de la vie de l’Église locale, mais elle constitue une manièreparticulière, marquée par le radicalisme évangélique, d’être présent en son sein, avec ses dons spécifiques »[123]. En outre,intégrée dans la communauté aux côtés des clercs et des laïcs, la vie consacrée « se situe dans la dimension charismatique del’Église […]. La spiritualité des Instituts de vie consacrée peut devenir, tant pour le fidèle laïc que pour le prêtre, une ressourcesignificative pour vivre sa vocation propre »[124].

84. La contribution que les consacrés peuvent apporter à la mission évangélisatrice de la communauté paroissiale dérive d’abordde leur “être”, c’est-à-dire du témoignage d’une suite radicale du Christ par le moyen de la profession des conseilsévangéliques[125], et seulement ensuite par leur “agir”, c’est-à-dire par les œuvres accomplies conformément au charisme dechaque institut (par exemple, catéchèse, charité, formation, pastorale des jeunes, soin des malades)[126].

VIII.g. Les Laïcs

85. La communauté paroissiale se compose d’une manière spéciale de fidèles laïcs[127]. En raison du baptême et des autressacrements de l’initiation chrétienne, et en de nombreux cas du mariage[128], ils participent à l’action évangélisatrice de l’Eglise,étant donné que « la vocation et la mission propre des fidèles laïcs est la transformation des diverses réalités terrestres pour quetoute l’activité humaine soit transformée par l’Évangile »[129].

En particulier, les fidèles laïcs ont de manière propre et spécifique le caractère séculier, c’est-à-dire de « chercher le Règne deDieu à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu »[130]. Ils « peuvent aussi se sentir appelés ou êtreappelés à collaborer avec leurs pasteurs au service de la communauté ecclésiale, pour la croissance et la vitalité de celle-ci,exerçant des ministères très diversifiés, selon la grâce et les charismes que le Seigneur voudra bien déposer en eux »[131].

86. Il est demandé aujourd’hui à tous les fidèles laïcs un engagement généreux au service de la mission évangélisatrice, toutd’abord par le témoignage global d’une vie quotidienne conforme à l’Evangile dans les lieux de vie habituels et à tous les niveauxde responsabilité, ensuite d’une manière particulière par l’acceptation d’engagements qui leur correspondent, au service de lacommunauté paroissiale[132].

VIII.h. Autres formes selon lesquelles on peut confier la charge pastorale

87. Il existe encore une autre modalité selon laquelle l’Evêque – comme le montre le can. 517, §2 – peut pourvoir à la chargepastorale d’une communauté quand, en raison de la pénurie des prêtres, il n’est pas possible de nommer un curé ni unadministrateur paroissial qui puisse l’assumer à temps plein. Dans de telles circonstances pastoralement problématiques, poursoutenir la vie chrétienne et permettre à la mission évangélisatrice de la communauté de se poursuivre, l’Evêque diocésain peutconfier une participation à l’exercice de la charge pastorale d’une paroisse à un diacre, à un consacré ou à un laïc, ou encore à ungroupe de personnes (par exemple, un institut religieux, une association)[133].

88. Ceux à qui sera confiée la participation à la charge pastorale de la communauté, seront coordonnés et guidés par un prêtrepourvu de facultés légitimes, constitué “Modérateur de la charge pastorale”. Lui reviennent de manière exclusive le pouvoir et lesfonctions du curé, bien qu’il n’en ait pas l’office, avec les devoirs et les droits conséquents.

Il faut rappeler qu’il s’agit d’une forme extraordinaire de la manière de confier la charge pastorale, en raison de l’impossibilité denommer un curé ou un administrateur paroissial, à ne pas confondre avec la coopération ordinaire active et avec l’acceptation deresponsabilités de la part de tous les fidèles.

89. Pour le recours à cette solution extraordinaire, il faut d’abord préparer adéquatement le Peuple de Dieu, et avoir ensuite soinde l’adopter seulement pour le temps nécessaire et non pour une période indéfinie[134]. La juste compréhension et l’applicationde ce canon requiert que le recours à ce qui est prévu « intervienne dans le scrupuleux respect des clauses qu’elle contient, àsavoir : a) “par manque de prêtres”, et non pas pour des raisons de commodité ou d’une équivoque “promotion du laïcat” […] ; b)restant ferme qu’il s’agit de “participation à l’exercice de la charge pastorale”, et non pas de diriger, coordonner, modérer,gouverner la paroisse ; chose qui, selon les termes même du canon, ne revient qu’à un prêtre »[135].

90. Pour mener à bonne fin le fait de confier la charge pastorale selon le can. 517, §2[136], il faut s’en tenir à certains critères.Tout d’abord, comme il s’agit d’une solution pastorale extraordinaire et temporaire[137], l’unique cause canonique qui rendlégitime son recours est un manque de prêtres, en raison duquel il n’est pas possible de pourvoir à la charge pastorale de lacommunauté paroissiale avec la nomination d’un curé ou d’un administrateur paroissial. Par ailleurs, un ou plusieurs diacres sontà préférer à des consacrés et à des laïcs pour un tel type de gestion de la charge pastorale[138].

91. En tout cas, la coordination de l’activité pastorale ainsi organisée revient au prêtre désigné par l’Evêque diocésain commeModérateur ; ce prêtre possède de manière exclusive les pouvoirs et les facultés qui sont propres au curé ; les autres fidèles ont,par contre, « une participation à l’exercice de la charge pastorale de la paroisse »[139].

92. Le diacre et les autres personnes non ordonnées, qui participent à l’exercice de la charge pastorale, peuvent accomplir lesseules fonctions qui correspondent à leur état de diacre ou de laïc, en respectant « les propriétés originelles de diversité et decomplémentarité entre les dons et les fonctions des ministres ordonnés et des fidèles laïcs, propres à l’Église que Dieu a voulueorganiquement structurée »[140].

93. Enfin, il est vivement recommandé que, dans le décret par lequel il nomme le prêtre Modérateur, l’Evêque expose, au moinssommairement, les motifs pour lesquels il a été nécessaire de confier la charge pastorale d’une ou plusieurs communautésparoissiales selon cette forme extraordinaire, ceci ayant pour conséquence les formes de l’exercice du ministère du prêtre ainsinommé.

IX. Les fonctions et les ministères paroissiaux

94. En plus de la collaboration occasionnelle, que chaque personne de bonne volonté – même les non-baptisés – peut apporteraux activités quotidiennes de la paroisse, il existe d’autres fonctions stables, sur la base desquelles les fidèles acceptent, pour uncertain temps, la responsabilité d’un service à l’intérieur de la communauté paroissiale. On peut penser, par exemple, auxcatéchistes, aux servants d’autel, aux éducateurs qui œuvrent dans des groupes et des associations, à ceux qui se dévouentdans les œuvres de charité ou dans divers types de dispensaires ou centres d’écoute, aux visiteurs des malades.

95. En tout cas, quand on indique les charges qui sont confiées aux diacres, aux consacrés et aux fidèles laïcs qui reçoivent uneparticipation à l’exercice de la charge pastorale, il faut utiliser une terminologie qui corresponde de façon correcte aux fonctionsqu’ils peuvent exercer conformément à leur état, de manière à ce que soit bien explicite la différence essentielle qui existe entrele sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel, et que soit bien claire la nature de la fonction reçue par chacun.

96. Il revient donc avant tout à l’Evêque diocésain et, pour ce qui est de sa compétence, au curé, de veiller à ce que les fonctionsdes diacres, des consacrés et des laïcs qui ont un rôle de responsabilité dans la paroisse, ne soient pas désignées par desexpressions comme “curé”, “co-curé”, “pasteur”, “chapelain”, “modérateur”, “responsable paroissial”, ou d’autres appellationssemblables[141] qui sont réservées par le droit aux prêtres[142], du fait qu’elles ont une relation directe avec le profil ministérieldes prêtres.

En ce qui concerne les fidèles que l’on vient d’évoquer et les diacres, des expressions comme “confier la charge pastorale d’uneparoisse”, “présider la communauté paroissiale”, et d’autres similaires, sont également illégitimes et non conformes à leuridentité vocationnelle, du fait qu’elles ont un rapport direct avec la spécificité du ministère sacerdotal, dont la compétencerevient au curé.

Il semble plus approprié d’utiliser par exemple l’expression “diacre coopérateur”, et pour les consacrés et les laïcs, “coordinateurpastoral de … (un secteur de la pastorale)”, “coopérateur pastoral”, “assistant pastoral”, “chargé de … (un secteur de lapastorale)”.

97. Les fidèles laïcs peuvent, conformément au droit, être institués de manière stable lecteurs et acolytes par un rite spécial,selon le can. 230, §1. Le fidèle non ordonné peut être appelé “ministre extraordinaire” seulement s’il a été effectivement appelépar l’Autorité compétente[143] à accomplir les fonctions de suppléance dont il est question aux can. 230, §3 et 943. Unedéputation temporaire dans l’action liturgique, prévue par le can. 230, §2, même si elle se prolonge dans le temps, ne confèreaucune dénomination spéciale au fidèle non ordonné[144].

Ces fidèles laïcs doivent être en pleine communion avec l’Eglise catholique[145], avoir reçu une formation adéquate à la fonctionqu’ils sont appelés de remplir, et avoir une conduite personnelle et pastorale exemplaire qui les rende crédibles dans leur service.

98. En plus de ce qui revient aux Lecteurs et aux Acolytes institués de façon stable[146], l’Evêque peut, selon un jugementprudentiel, confier officiellement quelques charges[147] aux diacres, aux personnes consacrées, ainsi qu’aux fidèles laïcs, sous laconduite et la responsabilité du curé, comme par exemple:

1°. La célébration d’une liturgie de la Parole les dimanches et aux fêtes de précepte, quand, « faute de ministre sacré ou pourtoute autre cause grave, la participation à la célébration eucharistique est impossible »[148]. Il s’agit d’une possibilitéexceptionnelle, à laquelle on recourt seulement s’il existe une réelle impossibilité et en ayant soin de confier ces liturgies auxdiacres, dans la mesure où ils sont présents ;

2°. L’administration du baptême, en tenant compte que « le ministre ordinaire du baptême est l’Evêque, le prêtre et le diacre»[149] et que, ce qui est prévu par le can. 861, §2 constitue une exception, qui relève du jugement de l’Ordinaire du lieu ;

3°. La célébration du rite des obsèques, dans le respect de ce qui est prévu au n. 19 des Praenotanda de l’Ordo exsequiarum.

99. Les fidèles laïcs peuvent prêcher dans une église ou dans un oratoire si les circonstances ou un cas particulier le demandent,« selon les dispositions de la Conférence Episcopale »[150] et « en conformité avec le droit et les normes liturgiques, dans lerespect des clauses qu’ils contiennent »[151]. En revanche, ils ne pourront en aucun cas prononcer l’homélie pendant lacélébration de l’Eucharistie[152].

100. De plus, « là où il n’y a ni prêtre ni diacre, l’Évêque diocésain, sur avis favorable de la conférence des Évêques et avecl’autorisation du Saint-Siège, peut déléguer des laïcs pour assister aux mariages »[153].

X. Les Organismes de coresponsabilité ecclésiale

X.a. Le Conseil paroissial pour les Affaires Economiques

101. La gestion des biens dont dispose chaque paroisse d’une façon ou d’une autre constitue un domaine importantd’évangélisation et de témoignage évangélique, devant l’Eglise et la société civile car, comme l’a rappelé le Pape François, « tousles biens que nous possédons, le Seigneur nous les donne pour que le monde, l’humanité, aillent de l’avant, et pour aider lesautres »[154]. Le curé ne peut donc, ni ne doit être seul pour accomplir une telle fonction[155], il est nécessaire qu’il soit assistépar des collaborateurs pour administrer les biens de l’Eglise avant tout avec un zèle évangélisateur et un esprit missionnaire[156].

102. Pour cette raison, il faut nécessairement constituer dans chaque paroisse le Conseil pour les Affaires Economiques, qui estun organisme consultatif, présidé par le curé et formé d’au moins trois fidèles[157] ; le nombre minimum de trois est nécessairepour qu’on puisse considérer que ce Conseil est “collégial” ; il faut rappeler que le curé préside le Conseil pour les AffairesEconomiques mais n’est pas compté parmi ses membres.

103. En cas d’absence de normes spécifiques données par l’Evêque diocésain, c’est le curé qui détermine le nombre desmembres du Conseil, en rapport avec la grandeur de la paroisse, et s’ils doivent être nommés par lui ou plutôt élus par lacommunauté paroissiale.

Les membres de ce Conseil n’appartiennent pas nécessairement à la paroisse elle-même, ils doivent être de bonne réputation etexperts dans les questions économiques et juridiques[158] pour pouvoir rendre un service effectif et compétent, de manière à ceque le Conseil ne soit pas un organisme purement formel.

104. Enfin, à moins que l’Evêque diocésain n’en ait disposé autrement avec la prudence requise, et qu’il n’existe des normes dudroit civil contraires, rien n’empêche que la même personne puisse être membre du Conseil pour les Affaires Economiques deplusieurs paroisses, lorsque les circonstances le demandent.

105. Les normes, que l’Evêque diocésain aura éventuellement promulguées dans ce domaine, devront tenir compte dessituations spécifiques des paroisses, comme par exemple leur dimension particulièrement modeste ou leur appartenance à uneunité pastorale[159].

106. Le Conseil pour les Affaires Economiques peut jouer un rôle de particulière importance pour développer, à l’intérieur descommunautés paroissiales, la culture de la coresponsabilité, de la transparence administrative et de l’attention aux besoins del’Eglise. En particulier, la transparence doit être entendue, non comme une simple présentation formelle des données, maisplutôt comme une juste information de la communauté et une occasion favorable pour sa formation active. Il s’agit d’un modusagendi incontournable pour la crédibilité de l’Eglise, surtout quand elle doit administrer des biens importants.

107. Ordinairement, l’objectif de la transparence peut être atteint avec la publication du compte-rendu annuel qui doit êtred’abord présenté à l’Ordinaire du lieu[160], avec l’indication détaillée des entrées et des sorties. Ainsi, étant donné que les biensappartiennent à la paroisse, non au curé, qui en est cependant l’administrateur, l’ensemble de la communauté pourra se rendrecompte de la manière dont les biens sont administrés, ainsi que de la situation économique de la paroisse et des ressources dontelle peut effectivement disposer.

X.b. Le Conseil pastoral paroissial

108. La norme canonique actuelle[161] laisse à l’Evêque diocésain le choix de l’érection d’un Conseil pastoral dans les paroisses,ce qui est cependant vivement recommandé, comme l’a rappelé le Pape François : « Combien les conseils pastoraux sontnécessaires ! Un évêque ne peut guider un diocèse sans les conseils pastoraux. Un curé ne peut pas guider la paroisse sans lesconseils pastoraux »[162].

La flexibilité de la norme permet de toute manière les adaptations estimées opportunes dans les circonstances concrètes,comme par exemple dans le cas de plusieurs paroisses confiées à un seul curé, ou en cas d’existence d’une unité pastorale :dans de tels cas, il est possible de constituer un seul Conseil pastoral pour plusieurs paroisses.

109. Le sens théologique du Conseil pastoral s’inscrit dans la réalité constitutive de l’Eglise, c’est-à-dire son être de “Corps duChrist” qui implique une “spiritualité de communion”. Dans la communauté chrétienne, en effet, la diversité des charismes et desministères qui dérive de l’incorporation au Christ et du don de l’Esprit, ne peut pas devenir « uniformité, obligation de tout faireensemble et tout pareillement, de penser tous et toujours de la même façon » [163]. Au contraire, en vertu du sacerdocebaptismal[164], chaque fidèle est constitué pour l’édification du Corps tout entier et, en même temps, l’ensemble du Peuple deDieu, dans une coresponsabilité réciproque de ses membres, participe à la mission de l’Eglise, c’est-à-dire qu’il discerne dansl’histoire les signes de la présence de Dieu et devient témoin de son Règne[165].

110. Loin d’être un simple organisme bureaucratique, le Conseil pastoral met donc en relief et réalise le caractère central duPeuple de Dieu comme sujet et acteur vivant de la mission évangélisatrice, du fait que, par le baptême et la confirmation,chaque fidèle a reçu les dons de l’Esprit : « Renaître à la vie divine par le baptême constitue un premier pas ; il faut ensuite secomporter en fils de Dieu, c’est-à-dire se conformer au Christ qui œuvre dans la Sainte Eglise, en se laissant entrainer dans samission dans le monde. L’onction de l’Esprit Saint pourvoit à cela : “sans sa force, il n’y a rien dans l’homme” (cf. Séquence de laPentecôte). […] De même que toute la vie de Jésus a été animée par l’Esprit, de même la vie de l’Eglise et de chacun de sesmembres est sous la conduite du même Esprit »[166].

A la lumière de cette vision de fond, on peut se rappeler des paroles de Saint Paul VI selon lequel « c’est la mission du Conseilpastoral d’étudier, d’examiner tout ce qui concerne les activités pastorales, et proposer ensuite des conclusions pratiques, afinde promouvoir la conformité de la vie et de l’action du Peuple de Dieu avec l’Evangile »[167], en étant conscients que, comme l’arappelé le Pape François, le but de ce Conseil « n’est pas principalement l’organisation ecclésiale, mais le rêve missionnaire derejoindre tout le monde »[168].

111. Le Conseil pastoral est un organisme consultatif, régi selon les normes établies par l’Evêque diocésain, pour définir lescritères de sa composition, la modalité de l’élection de ses membres, ses objectifs et son mode de fonctionnement[169]. En toutcas, pour éviter de dénaturer le caractère de ce Conseil, il est bon d’éviter de l’appeler “team” ou “équipe”, c’est-à-dire selon destermes qui ne sont pas aptes à exprimer correctement le rapport ecclésial et canonique qui existe entre le curé et les autresfidèles.

112. Dans le respect des normes diocésaines à son sujet, il est nécessaire que le Conseil pastoral soit effectivement représentatifde la communauté dont il est l’expression, dans toutes ses composantes (prêtres, diacres, consacrés, et laïcs). Il constitue lecadre spécifique dans lequel les fidèles peuvent exercer leur droit et leur devoir d’exprimer aux pasteurs leur pensée concernantle bien de la communauté paroissiale, et de la partager aux autres fidèles[170].

La fonction principale du Conseil Pastoral Paroissial est donc de rechercher et d’étudier des propositions pratiques en vued’initiatives pastorales et caritatives qui concernent la paroisse, en syntonie avec la vie du diocèse.

113. Le Conseil Pastoral Paroissial « ne possède que voix consultative »[171], en ce sens que ses propositions doivent êtreaccueillies favorablement par le curé pour devenir opérantes. Afin de mener un processus de discernement commun, le curé esttenu, pour sa part, de considérer attentivement les indications du Conseil Pastoral, surtout s’il s’est exprimé à l’unanimité.

Pour que le service du Conseil pastoral puisse être efficace et profitable, il importe d’éviter deux extrêmes : d’une part, celui ducuré qui se limite à présenter au Conseil pastoral des décisions qu’il a déjà prises, ou bien sans avoir donné les informationspréalables nécessaires, ou encore qui le convoque rarement, seulement pro forma ; l’autre extrême est celui d’un Conseil dont lecuré est seulement un des membres, ce qui le prive de fait de son rôle de pasteur et de guide de la communauté[172].

114. Enfin, il convient que le Conseil pastoral soit autant que possible composé de ceux qui exercent une responsabilité effectivedans la vie pastorale de la paroisse, ou qui y sont concrètement engagés, afin d’éviter que les réunions se transforment enéchange d’idées abstraites qui ne tiennent pas compte de la vie réelle de la communauté, avec ses richesses et ses problèmes.

X.c. Autres formes de coresponsabilité dans la charge pastorale

115. Lorsqu’une communauté de fidèles ne peut être érigée en paroisse ou quasi-paroisse[173], l’Evêque diocésain, après avoirentendu le Conseil presbytéral[174], pourvoira à sa charge pastorale[175] d’une autre manière, en considérant par exemple lapossibilité de constituer des centres pastoraux, dépendants du curé du lieu, comme “centres missionnaires” pour promouvoirl’évangélisation et la charité. Dans ces cas, il convient d’attacher à ces réalités une église qui convienne ou un oratoire[176] et derédiger des normes diocésaines de référence pour ses activités, en sorte qu’elles soient coordonnées et complémentaires parrapport à celles de la paroisse.

116. Ces centres ainsi définis, qu’on appelle “diaconies” dans quelques diocèses, pourront être confiés – quand c’est possible – àun vicaire paroissial ou même, d’une façon spéciale, à un ou plusieurs diacres permanents, qui en aient la responsabilité et lesgèrent, éventuellement avec leurs familles, sous la responsabilité du curé.

117. Ces centres peuvent devenir des avant-postes missionnaires et des structures de proximité, surtout dans les paroisses auxgrandes étendues, qui assurent des temps de prière et d’adoration eucharistique, la catéchèse et d’autres activités en faveur desfidèles, spécialement celles qui concernent la charité à l’égard des pauvres et des indigents, le soin des malades. Cela peut seréaliser avec la collaboration de consacrés et de laïcs ainsi que de toute personne de bonne volonté.

Les responsables du centre pastoral auront soin, grâce au curé et aux autres prêtres de la communauté, de garantir lacélébration la plus fréquente possible des sacrements, surtout de la messe et de la réconciliation.

XI. Les offrandes à l’occasion de la célébration des sacrements

118. Il existe un thème connexe à la vie des paroisses et à leur mission évangélisatrice : l’offrande destinée au prêtre qui célèbrela messe et celles qui sont faites à l’occasion des autres sacrements et qui reviennent à la paroisse[177]. Il s’agit d’une offrandequi, par sa nature, doit être de la part du donateur un acte libre, laissé à sa conscience, à son sens de la responsabilitéecclésiale, et non un “prix à payer” ou une “taxe à exiger”, comme s’il s’agissait d’un “impôt sur les sacrements”. De fait, avecleur offrande pour la messe, « les fidèles […] contribuent au bien de l’Église et participent par cette offrande à son souci pour lesoutien de ses ministres et de ses œuvres »[178].

119. En ce sens il est important de sensibiliser les fidèles pour qu’ils contribuent volontiers aux nécessités de la paroisse, quisont “leurs affaires”. Il est bon qu’ils apprennent à en prendre soin spontanément, spécialement dans les pays où l’offrande faiteà l’occasion de la célébration de la messe est encore l’unique source de subsistance pour les prêtres et de ressource pourl’évangélisation.

120. Une telle sensibilisation sera d’autant plus efficace que, de leur côté, les prêtres offriront des exemples “vertueux” dansl’usage de l’argent, à la fois par un style de vie sobre et sans excès sur le plan personnel, et par une gestion transparente etavisée des biens paroissiaux, pensés en fonction des besoins réels des fidèles, surtout des plus pauvres et des indigents, plutôtque d’être des “projets” du curé ou d’un groupe restreint de personnes, qui peuvent être bons en soi, mais abstraits.

121. Dans tous les cas, « en matière d’offrande de Messes, on écartera absolument jusqu’à l’apparence de commerce ou detrafic »[179], en tenant compte qu’il « est vivement recommandé aux prêtres, même s’ils n’ont pas reçu d’offrande, de célébrer laMesse aux intentions des fidèles, surtout de ceux qui sont dans le besoin »[180].

Parmi les moyens qui peuvent permettre d’atteindre un tel objectif, on peut penser à une collecte anonyme des offrandes, defaçon à ce que chacun se sente libre de donner ce qu’il peut ou estime juste, sans se sentir obligé de correspondre à une attenteou à un prix.

Conclusion

122. La présente Instruction entend développer le thème du renouveau de la paroisse dans un sens missionnaire, en se fondantsur l’ecclésiologie du Concile Vatican II, éclairé par le Magistère récent, et en considérant les contextes sociaux et culturels quiont connu de profondes mutations.

La paroisse reste une institution incontournable pour la rencontre et la relation vivante avec le Christ et les frères dans la foi.Mais il est tout aussi vrai qu’elle doit être constamment confrontée aux changements qui s’opèrent dans la culture actuelle etdans la vie des personnes. Cela permet d’explorer avec créativité les voies et les moyens nouveaux qui lui permettent d’être à lahauteur de sa tâche première, celle d’être le centre moteur de l’évangélisation.

123. Par conséquent, l’action pastorale a besoin de dépasser les limites territoriales de la paroisse, de manifester plus clairementla communion ecclésiale grâce à une synergie des ministères et des charismes, tout en se structurant comme “pastoraled’ensemble” au service du diocèse et de sa mission.

Il s’agit d’une action pastorale qui, grâce à une collaboration effective et vitale entre prêtres, diacres, consacrés et laïcs, ainsiqu’entre diverses communautés paroissiales d’un même territoire ou d’une région, ait le souci de trouver ensemble lesdemandes, les difficultés et les défis de l’évangélisation et qui cherche à intégrer des voies, des instruments, des propositions etdes moyens capables de les affronter. Un tel projet missionnaire commun pourrait être élaboré et réalisé dans des contextesterritoriaux et sociaux voisins, c’est-à-dire dans des communautés limitrophes ou réunies par les mêmes conditions socio-culturelles, ou encore en référence à des milieux pastoraux homogènes, par exemple dans le cadre d’une nécessairecoordination entre pastorale de la jeunesse, des étudiants et des vocations, comme cela existe déjà dans plusieurs diocèses.

Pour cela, la pastorale d’ensemble, en plus d’une coordination responsable des activités et des structures pastorales capables dese rencontrer et de collaborer ensemble, requiert la contribution de tous les baptisés. Comme le dit le Pape François, « quandnous parlons de “peuple”, il ne faut pas comprendre les structures de la société ou de l’Eglise, mais l’ensemble des personnes quine marchent pas comme des individus mais comme le tissu d’une communauté de tous et pour tous »[181].

Cela exige que l’institution paroissiale historique ne soit pas emprisonnée dans l’immobilisme ou une répétition pastoralepréoccupante, mais qu’elle mette bien au contraire en acte ce “dynamisme en sortie” qui, dans la collaboration entre les diversescommunautés paroissiales et une communion renforcée entre clercs et laïcs, l’oriente effectivement vers la missionévangélisatrice, tâche de tout le Peuple de Dieu, qui marche dans l’histoire comme “famille de Dieu” et qui, dans la synergie deses membres divers, œuvre à la croissance du corps ecclésial tout entier.

Ainsi, le présent Document, en plus de souligner l’urgence d’un semblable renouveau, présente un ensemble de normescanoniques qui précise la possibilité, les limites, les droits et devoirs des pasteurs et des laïcs, afin que la paroisse se redécouvreun lieu fondamental de l’annonce évangélique, de la célébration de l’Eucharistie, espace de fraternité et de charité, d’où rayonnele témoignage chrétien pour le monde. Autrement dit, la paroisse « doit rester, en tant qu’un lieu de créativité, de référence, dematernité. Et là, mettre en œuvre cette capacité inventive ; et quand une paroisse va ainsi de l’avant, elle devient ce quej’appelle une “paroisse en sortie” »[182].

124. Le Pape François invite à invoquer « Marie, Mère de l’Evangélisation » afin qu’elle « nous aide, la Vierge, à dire notre “oui”dans l’urgence de faire résonner la Bonne Nouvelle de Jésus à notre époque ; qu’elle nous obtienne une nouvelle ardeur deressuscités pour porter à tous l’Evangile de la vie qui remporte la victoire sur la mort ; qu’elle intercède pour nous afin que nouspuissions acquérir la sainte audace de rechercher de nouvelles routes pour que parvienne à tous le don du salut »[183].

Le Saint-Père a approuvé le présent Document de la Congrégation pour le Clergé le 27 juin 2020.

Rome, 29 juin 2020, en la Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul.

 

✠ Beniamino Card. Stella
Préfet

✠ Joël Mercier
Secrétaire
✠ Jorge Carlos Patrón Wong
Secrétaire pour les Séminaires
Mons. Andrea Ripa
Sous-Secrétaire

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[1] François, Discours aux curés de Rome (16 septembre 2013).

[2] Cf. Id., Exhortation apostolique Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 287 : AAS 105 (2013), 1136.

[3] Ibid., n. 49 : AAS 105 (2013), 1040.

[4] Concile Œcuménique Vatican II, Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et spes (7 décembre1965), n. 58 : AAS 58 (1966), 1079.

[5] Ibid., n. 44 : AAS 58 (1966), 1065.

[6] Cf. Ephrem le Syrien, Commentaire sur le Diatessaron 1, 18-19 : SC 121, 52-53.

[7] Cf. François, Lettre encyclique Laudato sì (24 mai 2015), n. 68 : AAS 107 (2015), 847.

[8] Cf. Paul VI, Lettre encyclique Ecclesiam Suam (6 août 1964) : AAS 56 (1964), 639.

[9] Evangelii gaudium, n. 27 : AAS 105 (2013), 1031.

[10] Cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici (30 décembre 1988), n. 26 : AAS 81 (1989), 438.

[11] François, Audience Générale (12 juin 2019) : L’Osservatore Romano 134 (13 juin 2019), 1.

[12] Concile Œcuménique Vatican II, Décret sur la mission pastorale des Evêques dans l’Eglise Christus Dominus (28 octobre1965), n. 30 : AAS 58 (1966), 688.

[13] Jean-Paul II, Discours aux Participants à la Plénière de la Congrégation pour le Clergé (20 octobre 1984), nn. 3 et 4 :Insegnamenti VII/2 (1984), 984 et 985 ; cf. aussi Id., Exhortation apostolique Catechesi tradendae (16 octobre 1979), n. 67 :AAS 71 (1979), 1332.

[14] Benoît XVI, Homélie à l’occasion de la visite pastorale à la paroisse romaine Santa Maria dell’Evangelizzazione (10 décembre2006) : Insegnamenti II/2 (2006), 795.

[15] Evangelii gaudium, n. 28 : AAS 105 (2013), 1032.

[16] Cf. Gaudium et spes, n. 4 : AAS 58 (1966), 1027.

[17] Ibid., n. 1 : AAS 58 (1966), 1025-1026.

[18] Cf. Evangelii gaudium, nn. 72-73 : AAS 105 (2013), 1050-1051.

[19] Cf. Synode des Evêques, XVème Assemblée générale ordinaire (3-28 octobre 2018): « Les jeunes, la foi et le discernementvocationnel », Document final, n. 129 : « Dans ce contexte, une vision de l’action paroissiale délimitée par les seules frontièresterritoriales et incapable de mobiliser les fidèles avec des propositions diversifiées, surtout les jeunes, emprisonnerait la paroissedans un immobilisme inacceptable et dans une répétitivité pastorale préoccupante » : L’Osservatore Romano 247 (29-30 octobre2018), 10.

[20] Cf. par exemple, C.I.C., cann. 102 ; 1015-1016 ; 1108, § 1.

[21] Cf. Christifideles laici, n. 25 : AAS 81 (1989), 436-437.

[22] Cf. Evangelii gaudium, n. 174 : AAS 105 (2013), 1093.

[23] Cf. ibid., nn. 164-165 : AAS 105 (2013), 1088-1089.

[24] Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen gentium (21 novembre 1964), n. 11 : AAS57(1965), 15.

[25] Cf. Evangelii gaudium, n. 166-167 : AAS 105 (2013), 1089-1090.

[26] François, Exhortation apostolique sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel Gaudete et exultate (19 mars 2018), n. 35:AAS 110 (2018), 1120. A propos du gnosticisme et du pélagianisme, il faut encore écouter les paroles du Pape François : « Cettemondanité peut s’alimenter spécialement de deux manières profondément liées entre elles. L’une est l’attrait du gnosticisme,une foi renfermée dans le subjectivisme, où seule compte une expérience déterminée ou une série de raisonnements et deconnaissances que l’on considère comme pouvant réconforter et éclairer, mais où le sujet reste en définitive fermé dansl’immanence de sa propre raison ou de ses sentiments. L’autre est le néo-pélagianisme autoréférentiel et prométhéen de ceuxqui, en définitive, font confiance uniquement à leurs propres forces et se sentent supérieurs aux autres parce qu’ils observentdes normes déterminées ou parce qu’ils sont inébranlablement fidèles à un certain style catholique justement propre au passé »: Evangelii gaudium, n. 94 : AAS 105 (2013), 1059-1060 ; cf. également Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre PlacuitDeo (22 février 2018) : AAS 110 (2018), 429.

[27] Cf. Lettre à Diognète V, 1-10 : Patres Apostolici, ed. F.X. Funk, vol. 1, Tubingae 1901, 398.

[28] Cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Novo millenio ineunte (6 janvier 2001), n. 1 : AAS 93 (2001), 266.

[29] Evangelii gaudium, n. 28 : AAS 105 (2013), 1032.

[30] Cf. C.I.C., cann. 515 ; 518 ; 519.

[31] Evangelii gaudium, n. 28 : AAS 105 (2013), 1031-1032.

[32] Ibid.

[33] Cf. François, Exhortation apostolique post-synodale Christus vivit (25 mars 2019), n. 238, Cité du Vatican 2019.

[34] Cf. Id., Bulle Misericordiae vultus (11 avril 2015), n. 3 : AAS 107 (2015), 400-401.

[35] Benoît XVI, Discours aux Evêques du Brésil (11 mai 2007), n. 3 : Insegnamenti III/1 (2007), 826.

[36] Evangelii gaudium, n. 198 : AAS 105 (2013), 1103.

[37] Cf. François, Méditation quotidienne à Sainte Marthe (30 octobre 2017).

[38] Cf. Evangelii gaudium, n. 186-216 : AAS 105 (2013), 1098-1109.

[39] Cf. Gaudete et exsultate, nn. 95-99 : AAS 110 (2018), 1137-1138.

[40] Cf. Evangelii gaudium, n. 27 : AAS 105 (2013), 1031 ; ibid. n. 189 : AAS 105 (2013), 1099 : « Un changement des structuresqui ne génère pas de nouvelles convictions et attitudes fera que ces mêmes structures tôt ou tard deviendront corrompues,lourdes et inefficaces ».

[41] Ibid., n. 26 : AAS 105 (2013), 1030-1031.

[42] Christus Dominus, n. 30 : AAS 58 (1966), 688.

[43] François, Présentation des vœux de Noël à la Curie Romaine (22 décembre 2016) : AAS 109 (2017), 44.

[44] Id., Carta al Pueblo de Diós que peregrina en Chile (31 mai 2018) : L’Osservatore Romano 294 (23 décembre 2016),www.vatican.va/content/francesco/es/letters/2018/documents/papa-francesco_20180531_lettera-popolodidio-cile.html.

[45] Cf. Ibid.

[46] Ibid.

[47] Lumen gentium, n. 9 : AAS 57 (1965), 13.

[48] Congrégation pour le Clergé, Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis (8 décembre 2016), nn. 80-88, Cité du Vatican2016, pp. 37-40.

[49] Cf. C.I.C., can. 374, §1.

[50] Cf. ibid., can. 374, § 2 ; cf. Congrégation pour les Evêques, Directoire pour le ministère pastoral des Evêques Apostolorumsuccessores (22 février 2004), n. 217 : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2110.

[51] Cf. C.I.C., can. 374, §1.

[52] Cf. ibid., can. 374, §2.

[53] Cf. Apostolorum successores, n. 218 : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2114.

[54] Cf. C.I.C. can. 515, §2.

[55] Cf. ibid., can. 86.

[56] Cf. ibid., can. 120, §1.

[57] Cf. ibid., cann. 121-122 ; Apostolorum successores, n. 214 : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2099.

[58] Cf. C.I.C. can. 51.

[59] Cf. ibid., cann. 120-123.

[60] Cf. ibid., cann. 500, §2 et 1222, §2.

[61] Cf. Conseil Pontifical de la Culture, Désaffectation des lieux de culte, les lignes directrices (17 décembre 2018):http://www.cultura.va/content/dam/cultura/docs/pdf/beniculturali/guidelines_fr.pdf.

[62] Cf. C.I.C. can. 1222, §2.

[63] Ibid., can. 374, §2.

[64] Cf. Apostolorum successores, n. 217 : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2110.

[65] Cf. C.I.C. can. 554, §1.

[66] Ibid., can. 555, §1, 1°.

[67] Ibid., can. 555, §4.

[68] Cf. ibid., can. 500, §2.

[69] Cf. Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, Erga migrantes charitas Christi (3 mai2004), n. 95 : Enchiridium Vaticanum 22 (2003-2004), 2548.

[70] Cf. Apostolorum successores, n. 215, b) : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2104.

[71] Cf. ibid.

[72] Cf. C.I.C. can. 517, §1.

[73] Cf. ibid., can. 526, § 1.

[74] Cf. ibid.

[75] Cf. ibid., can. 522.

[76] Cf. ibid., can. 553-555.

[77] Cf. ibid., can. 536.

[78] Cf. ibid., can. 537.

[79] Cf. ibid., can. 500, §2.

[80] Cf. Apostolorum successores, n. 219 : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2117; il convient de réserver l’expression“zone pastorale” à ce seul genre de regroupement, afin de ne pas créer des confusions.

[81] Cf. C.I.C. cann. 134, §1 et 476.

[82] Il faut tenir compte que : a) ce qui concerne l’ “Evêque diocésain” vaut aussi pour ceux qui lui sont équiparés par le Droit ; b)ce qui concerne la paroisse et le curé vaut aussi pour la quasi-paroisse et le quasi-curé ; c) ce qui concerne les fidèles laïcss’applique aussi aux membres non clercs des instituts de vie consacrée ou des sociétés de vie apostolique, à moins que soit faiteune référence explicite à la spécificité laïque ; d) le terme “Modérateur” a des significations différentes selon le contexte danslequel il est utilisé dans cette Instruction, et dans le respect des normes du Code.

[83] Cf. Lumen gentium, n. 26 : AAS 57 (1965), 31-32.

[84] Cf. Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, nn. 83 ; 88.e, pp. 37 ; 39-40.

[85] Cf. C.I.C. can. 275, §1.

[86] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres Presbyterorum ordinis (7 décembre 1965), n.8 : AAS 58 (1966), 1003.

[87] Cf. Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, n. 88, pp. 39-40.

[88] Cf. François, Discours aux participants du Congrès organisé par la Congrégation pour le Clergé, à l’occasion du50èmeanniversaire des Décrets Conciliaires “Optatam totius” et “Presbyterorum ordinis” (20 novembre 2015) : AAS 107 (2015),p. 1295.

[89] Cf. C.I.C. can. 150.

[90] Cf. ibid., can. 521, § 1.

[91] Cf. ibid., can. 520, § 1.

[92] Ibid., can. 519.

[93] Cf. ibid., can. 532.

[94] Cf. ibid., can. 1257, § 1.

[95] Christus Dominus, n. 31 : AAS 58 (1965), 689.

[96] C.I.C. can. 522.

[97] Ibid., can. 1748.

[98] Ibid., can. 526, §1.

[99] Cf. ibid., can. 152.

[100] Cf. ibid., can. 538, §§ 1-2.

[101] Cf. ibid., cann. 1740-1752, compte tenu des cann. 190-195.

[102] Cf. ibid., can. 538, §3.

[103] Ibidem.

[104] Cf. ibid., can. 189.

[105] Cf. ibid., can. 189, §2, et Apostolorum successores, n. 212 : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2095.

[106] Apostolorum successores, n. 212 : Enchiridion Vaticanum 22 (2003-2004), 2095.

[107] Cf. C.I.C., cann. 539-540.

[108] Cf. en particulier ibid., can. 539, 549, 1747, §3.

[109] Ibid., can. 517, §1 ; cf. aussi cann. 542-544.

[110] Cf. ibid., cann. 517, §1, et 526, §1.

[111] Cf. ibid., can. 543, §1.

[112] Cf. ibid., can. 543, §2, 3° ; il assume également la représentation juridique civile dans les Pays où la paroisse est reconnuepar l’Etat comme une réalité juridique.

[113] Cf. ibid., can. 543, §1.

[114] Cf. ibid., can. 517, §1.

[115] Cf. ibid., can. 545, §2 ; à titre d’exemple, on peut penser à un prêtre possédant une expérience spirituelle mais une faiblesanté, nommé confesseur ordinaire dans cinq paroisses territorialement voisines.

[116] Cf. ibid., can. 265.

[117] Ibid., can. 1009, §3.

[118] François, Discours pendant la rencontre avec les prêtres et les consacrés, Milan (25 mars 2017) : AAS 109 (2017), 376.

[119] Ibid., 376-377

[120] Lumen Gentium, n. 29 : AAS 57 (1965), 36.

[121] Paul VI, Allocution pendant l’Audience aux participants au Congrès international sur le diaconat, 25 octobre 1965 :Enchiridion sul Diaconato (2009), 147-148.

[122] Cf. C.I.C., can. 150.

[123] Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Iuvenescit Ecclesia aux Evêques de l’Eglise catholique sur la relation entreles dons hiérarchiques et charismatiques pour la vie et la mission de l’Église (15 mai 2016), n. 21 : Enchiridium Vaticanum 32(2016), 734.

[124] Ibid., n. 22 : Enchiridium Vaticanum 32 (2016), 738.

[125] Cf. C.I.C., can. 573, §1.

[126] Cf. Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique-Congrégation pour les Evêques,Mutuae relationes. Directives de base sur les rapports entre les Evêques et les religieux dans l’Eglise (14 mai 1978), nn. 10 ; 14,a) : Enchiridium Vaticanum 6 (1977-1979), 604-605 ; 617-620 ; cf. également Apostolorum successores, n. 98 : EnchiridiumVaticanum 22 (2003-2004), 1803-1804.

[127] Cf. Evangelii gaudium, n. 102 : AAS 105 (2013), 1062-1063.

[128] Cf. Christifideles laici, n. 23 : AAS 81 (1989), 429.

[129] Evangelii gaudium, n. 201 : AAS 105 (2013), 1104.

[130] Lumen gentium, n. 31 : AAS 57 (1965), 37.

[131] Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi (8 décembre 1975), n. 73 : AAS 68 (1976), 61.

[132] Cf. Evangelii gaudium, n. 81 : AAS 105 (2013), 1053-1054.

[133] Cf. C.I.C., can. 517, §2.

[134] Cf. Apostolorum successores, n. 215, c) : Enchiridium Vaticanum 22 (2003-2004), 2105.

[135] Congrégation pour le Clergé, Instruction [interdicastérielle] sur quelques questions concernant la collaboration des fidèleslaïcs au ministère des prêtres Ecclesiae de mysterio (15 août 1997), art. 4, §1, a-b) : AAS 89 (1997), 866-867 ; cf. égalementApostolorum successores, n. 215, c) : Enchiridium Vaticanum 22 (2003-2004), 2105. A ce prêtre incombe aussi la représentationjuridique de la paroisse, sur les plans canonique et civil, là où la Loi de l’Etat le prévoit.

[136] Avant de recourir à la solution consentie par le can. 517, §2, il faut que l’Evêque diocésain envisage prudemment d’autrespossibilités alternatives, comme par exemple engager des prêtres âgés encore aptes au ministère, confier plusieurs paroisses àun seul curé ou à un groupe de prêtres in solidum.

[137] Cf. Ecclesiae de mysterio, art. 4, §1, b) : AAS 89 (1997), 866-867, et Congrégation pour le Clergé, Instruction Le prêtrepasteur et guide de la communauté paroissiale (4 août 2002), nn. 23 et 25, de façon particulière, il s’agit d’une “collaboration adtempus dans l’exercice de la charge pastorale de la paroisse”, cf. n. 23 : Enchiridion Vaticanum 21 (2002), 834-836.

[138] Cf. Le prêtre pasteur et guide de la communauté paroissiale, n. 25 : Enchiridion Vaticanum 21 (2002), 836.

[139] C.I.C., can. 517, §2.

[140] Le prêtre pasteur et guide de la communauté paroissiale, n. 23 : Enchiridion Vaticanum 21 (2002), 834.

[141] Cf. Ecclesiae de mysterio, art. 1, §3 : AAS 89 (1997), 863.

[142] Cf. Le prêtre pasteur et guide de la communauté paroissiale, n. 23 : Enchiridion Vaticanum 21 (2002), 835.

[143] Cf. Apostolorum successores, n. 112 : Enchiridium Vaticanum 22 (2003-2004), 1843.

[144] Il faut rappeler qu’en plus des fonctions propres au ministère du lecteur, parmi les fonctions liturgiques que l’Evêquediocésain peut confier pour un temps à des fidèles laïcs, hommes et femmes, après avoir entendu la Conférence Episcopale,figure aussi le service de l’autel, dans le respect des normes canoniques correspondantes ; cf. Conseil Pontifical pourl’Interprétation des Textes Législatifs, Risposta (11 juillet 1992) : AAS 86 (1994), 541 ; Congrégation pour le Culte Divin et laDiscipline des Sacrements, Lettre circulaire (15 mars 1994) : AAS 86 (1994), 541-542.

[145] Cf. C.I.C., can. 205.

[146] Cf. ibid., can. 230, §1.

[147] L’acte par lequel l’Evêque confie les charges indiquées aux diacres ou aux fidèles laïcs doit déterminer clairement lesfonctions qu’ils sont habilités à remplir ainsi que leur durée.

[148] C.I.C., can. 1248, §2.

[149] Ibid., can. 861, §1.

[150] Ibid., can. 766.

[151] Ecclesiae de mysterio, art. 3, §4 : AAS 89 (1997), 865.

[152] Cf. C.I.C., can. 767, §1; Ecclesiae de mysterio, art. 3, §1 : AAS 89 (1997), 864.

[153] C.I.C., can. 1112, §1; cf. Jean-Paul II, Constitution apostolique Pastor Bonus (28 juin 1998), art. 63 : AAS 80 (1988), 876, àpropos des compétences de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements.

[154] François, Méditation quotidienne à Sainte Marthe (21 octobre 2013) : L’Osservatore Romano 242 (21-22 octobre 2013), 8.

[155] Cf. C.I.C., cann. 537 et 1280.

[156] Conformément au can. 532 C.I.C., le curé est responsable des biens de la paroisse, même s’il bénéficie de la collaborationd’experts laïcs pour les administrer.

[157] Cf. C.I.C., cann. 115, §2, et, par analogie, 492, §1.

[158] Cf. ibid., can. 537, et Apostolorum successores, n. 210 : Enchiridium Vaticanum 22 (2003-2004), 2087.

[159] Cf. C.I.C., cann. 517 et 526.

[160] Cf. ibid., can. 1287, §1.

[161] Cf. ibid., can. 536, §1.

[162] François, Discours pendant la rencontre avec le clergé, les personnes de vie consacrée et les membres des conseilspastoraux, Assise (4 octobre 2013) : Insegnamenti I/2 (2013), 328.

[163] Id. Homélie pour la Solennité de la Pentecôte, 4 juin 2017 : AAS 109 (2017), 711.

[164] Cf. Lumen gentium, n. 10: AAS 57 (1965), 14.

[165] Cf. Congrégation pour le Clergé, Lettre circulaire Omnes christifideles (25 janvier 1973), nn. 4 et 9 ; Enchiridium Vaticanum4 (1971-1973), 1199-1201 et 1207-1209 ; Christifideles laici, n. 27 : AAS 81 (1989), 440-441.

[166] François, Audience générale (23 mai 2018).

[167] Paul VI, Lettre apostolique en forme de Motu proprio Ecclesiae Sanctae (6 août 1966), I, 16, §1 : AAS 58 (1966), 766 ; cf.C.I.C., can. 511.

[168] Evangelii gaudium, n. 31 : AAS 105 (2013), 1033.

[169] Cf. C.I.C., can. 536, §2.

[170] Cf. ibid., can. 212, §3.

[171] Ibid., can. 536, §2.

[172] Cf. Le prêtre pasteur et guide de la communauté paroissiale, n. 26 : Enchiridion Vaticanum 21 (2002), 843.

[173] Cf. C.I.C., can. 516, §1.

[174] Cf. ibid., can. 515, §2.

[175] Cf. ibid., can. 516, §2.

[176] Cf. ibid., cann. 1214, 1223 et 1225.

[177] Cf. ibid., cann. 848 et 1264, 2°, ainsi que les cann. 945-958, et Congrégation pour le Clergé, Décret Mos iugiter (22 février1991), approuvé en forme spécifique par Jean-Paul II : Enchiridium Vaticanum 13 (1991-1993), 6-28.

[178] C.I.C., can. 946.

[179] Ibid., can. 947.

[180] Ibid., can. 945, §2.

[181] François, Exhortation Apostolique post-synodale Christus vivit (25 mars 2019), n. 231, Cité du Vatican, 2019.

[182] Id., Rencontre avec les Evêques polonais, Cracovie (27 juillet 2016) : AAS 108 (2016), 893.

[183] Id., Message pour la Journée Missionnaire Mondiale 2017 (4 juin 2017), n. 10 : AAS 109 (2017), 764.

[00886-FR.01] [Texte original: Français]

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